Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le bleu de cobalt

4 Commentaires

cobalt.jpegLe bleu de cobalt est un pigment issu du minerai de cobalt : il succède au bleu de smalt. Chronologiquement, il est le premier pigment d’une gamme obtenue par calcination à haute température d’oxydes métalliques.

Le nom bleu de cobalt vient de l’allemand kobold. Les Kobolds seraient des génies facétieux et maléfiques du folklore germanique, accusés de transformer les minerais précieux, afin de les rendre inutilisables.

Depuis longtemps, le bleu de cobalt est connu des artisans du bois, des charpentiers et des mineurs, comme colorant de surface, permettant de marquer le bois ou la pierre.

À l’aube du XIXe siècle, les peintres sont toujours en quête d’un bleu chimique, à la fois stable et peu coûteux. Louis Jacques Thénard, sur commande du ministre de l’Intérieur de l’époque, met au point un nouveau bleu destiné à la coloration de la porcelaine pour la Manufacture de Sèvres : on parle alors du bleu de Thénard ou du bleu de Sèvres. Le bleu de cobalt, mélange d’oxyde de cobalt et d’alumine, voit le jour. Au fil du temps, sa composition chimique se diversifie avec des adjonctions de zinc, chrome, aluminium et la gamme des nuances s’étend du bleu-violet au bleu- vert.

Le bleu de cobalt offre un bel aspect à la lumière du jour. Il résiste très bien à la chaleur, aux intempéries, aux mélanges, mais peut évoluer sous l’influence des vernis. Il s’adapte à de nombreuses techniques : huile, fresque ou tempera.

Cette nouvelle couleur occupe une place importante dans la palette des peintres, particulièrement pour la réalisation de paysages et d’ambiances. Vincent Van Gogh écrit à son frère Théo : « Le bleu de cobalt est une couleur divine et il n’y a rien de plus beau pour installer une atmosphère. » Mais sa tonalité est assez éloignée de celle du lapis-lazuli, son pouvoir colorant et opacifiant se révèle faible et son prix assez élevé ; alors, la place reste libre pour l’inventivité et la mise au point d’autres bleus, de beaucoup d’autres bleus.

Cet article est tiré d’une émission diffusée le 5 novembre 2012 sur RCF Isère dans le cadre de la série « Tout en nuances » qui a duré pendant 6 années. Elle est présentée ici. L’article a été mis à jour le 9 août 2019 et figure dans le livre Bleu, intensément, chapitre 52.

Article du 5 novembre 2012

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

4 réflexions sur “Le bleu de cobalt

  1. Pingback: La palette de Delacroix | Elisabeth Lamour

  2. Pingback: La Mère de Dieu, Rempart inébranlable | Elisabeth Lamour

  3. Pingback: « La Noyade de Pierre » | Elisabeth Lamour

  4. Pingback: Couleur de lumière | Elisabeth Lamour

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s