Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La découverte du bleu outremer

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Outremer

Bleu outremer et lumières

Au début du XIXe siècle, après bien des recherches, des rêves de peintres, de voyageurs et de commerçants, le bleu le plus recherché demeure le lapis-lazuli. Mais la couleur venue d’au-delà des mers reste trop coûteuse. L’enjeu est donc de découvrir un substitut qui conserverait ses qualités et c’est là l’aventure du bleu outremer…

L’histoire de cette couleur commence, une fois de plus, un peu fortuitement. 

En 1814, le directeur de la Manufacture des glaces de Saint-Gobain remarque la formation d’une matière bleutée, très vive, sur les parois d’un four à soude. Analysée, la composition se révèle très proche de celle du lapis-lazuli. Un rapport présenté à l’Académie des Sciences évoque la possibilité de fabriquer un bleu outremer artificiel.

Une dizaine d’années plus tard, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale propose aux chimistes et inventeurs un prix de 6 000 francs, pour la découverte d’un procédé économique qui reproduirait les qualités du lapis-lazuli. La compétition prend une dimension européenne puisque l’Angleterre et l’Allemagne se lancent aussi dans l’aventure. Le résultat tarde un peu et l’année suivante, la Société est obligée de remettre son prix en jeu. Jean-Baptiste Guimet, un ingénieur passionné, se lance dans la recherche. Ses carnets d’expériences montrent que, dès juillet 1826, il obtient des résultats très encourageants en fabriquant pour la première fois un homologue synthétique du précieux lapis-lazuli. L’ année suivante, il commercialise sa production dans un dépôt parisien situé près de la rue Saint-Martin. L’outremer synthétique est alors vendu 400 francs la livre, soit environ dix fois moins cher que le lapis-lazuli. C’est mieux, mais encore beaucoup trop cher et Jean-Baptiste s’acharne à simplifier son procédé afin d’en réduire le coût de fabrication.

En 1828, sûr de son fait, il se présente au concours de la Société d’encouragement. Il y obtient le prix tant convoité malgré la rude concurrence des chercheurs étrangers. 

Au début, surtout utilisé pour l’azurage du papier et du linge – notamment dans les lessives et boules à raviver le blanc – le bleu Guimet devient pour tous le nouveau bleu outremer par excellence ! 

Cet article est tiré d’une émission diffusée le 12 novembre 2012 sur RCF Isère dans le cadre de la série « Tout en nuances » qui a duré pendant 6 années. Elle est présentée ici. L’article a été mis à jour le 10 août 2019 et figure dans le livre Bleu, intensément, chapitre 53.

Article du 12 novembre 2012

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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