Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


Poster un commentaire

L’émission du 25 février : le bleu turquoise

cobalt turquoise clair

Cobalt turquoise clair

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi des souvenirs et rêves de lumières bleues, de tableaux, de vagues et de mélodies. Durant l’émission du 25 février, j’évoquerai le bleu turquoise, nom d’une couleur d’un champ chromatique bleu, tirant sur le vert pâle, obtenue à l’origine par le broyage de la pierre de turquoise (…).

Plus qu’au pigment, le mot turquoise renvoie à la pierre précieuse et aux bijoux et décors dans lesquels elle a été utilisée. Il s’agit surtout d’un adjectif invariable qui permet de nommer une tonalité de bleu, très appréciée. Le qualificatif est surtout attaché aux couleurs de rêve des mers du Sud : les eaux qui font rêver, dans les catalogues de voyage, sont presque toujours qualifiées de turquoise !

Pour retrouver les fréquences de RCF Isère, cliquez ici. 

Publicités


Poster un commentaire

L’émission du 18 février : le bleu céruléum

Bleu oméga céruléum okhra

Bleu oméga céruléum okhra

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi des souvenirs et rêves de lumières bleues, de tableaux, de vagues et de mélodies.

Le bleu céruléum est classé parmi les bleus « chauds ». Solide, lumineux, stable, vif, opaque et très couvrant, il est inaltérable en mélange. C’est une bonne couleur, très appréciée par les peintres paysagistes, surtout pour les techniques à l’eau comme l’aquarelle. Il est plus délicat de l’utiliser pour la peinture à l’huile, surtout en mélange, car le cobalt sèche trop vite et entraîne des craquelures. Dans les icônes, il permet de nuancer ou d’éclairer, par superposition, des bleus plus profonds, comme le bleu outremer. Il peut être utilisé dans les fresques.

(…)

Polyommatus bellargusUn merveilleux papillon porte le même nom « azuré bleu céleste » ou Polyommatus bellargus. Le mâle et la femelle sont différents : le dessus du mâle est bleu intense, celui de la femelle marron ; tous deux ont leurs ailes bordées d’une frange caractéristique blanche entrecoupée de noir. Leur revers ocre est orné de points foncés cerclés de blanc et d’une ligne de points orange. C’est un petit papillon qui affectionne les lieux secs, les sols calcaires et les prairies fleuries, et on le voit s’envoler, comme la palette richement nuancée d’un peintre rejoindrait les cieux…

Pour retrouver les fréquences de RCF Isère, cliquez ici. 


Poster un commentaire

L’émission du 11 février : le bleu ciel

TOUT EN NUANCES

Retrouvez-moi tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère

photo Anne Brugirard

Photo Anne Brugirard

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi des souvenirs et rêves de lumières bleues, de tableaux, de vagues et de mélodies.

Lors de l’émission du 11 février, je parlerai du bleu ciel, une couleur répertoriée et codifiée dans le champ chromatique. On dit que c’est la nuance de bleu la plus « froide », et par conséquent, la nuance la plus « froide » de toutes les couleurs (…)

Quand je pense au bleu du ciel, je me remémore des impressions inoubliables de luminosité, dans les hauteurs de voyages en avion, des bleus qui « tournent la tête » tellement ils semblent profonds (…)

Pour retrouver les fréquences de RCF Isère, cliquez ici. 


Poster un commentaire

Terminer une icône

Gomme laque

Gomme laque

Quand l’icône est terminée :

– reprendre le cadre avec de la gomme laque : les paillettes se dissolvent dans l’alcool (au moins 90°). On obtient un mélange transparent ou ambré. En prélever un peu dans un godet et ajouter des pigments de la tonalité choisie pour le cadre. Passer avec un pinceau pas trop fragile qu’on nettoie à l’alcool ;

– sur le bord et l’arrière de l’icône, cirer ou teinter avec une teinture cirante ou du brou de noix ;

– attendre une dizaine de jours pour nourrir l’icône à l’œuf (mélange eau et œuf par moitié ; davantage d’œuf si l’icône semble trop sèche et moins si elle brille déjà) 1 à 3 fois, afin qu’elle prenne une aspect régulièrement satiné ;

– attendre encore une vingtaine de jours pour vernir l’icône. Le vernis traditionnel est l’olifa, mais les inconvénients sont nombreux. Dans notre atelier, nous utilisons  un produit appelé capaplex. On peut en diluer la quantité nécessaire avec 1/3 d’eau. Passer sur l’icône sans « revenir en arrière ». Laisser sécher sans s’inquiéter de l’aspect blanc, puis recommencer 3 fois environ, selon l’effet souhaité. Nettoyer le pinceau à l’eau et au savon;

Bénédiction à Mar Moussa

Bénédiction à Mar Moussa

– en principe, on garde l’icône terminée dans son lieu de prière quarante jours, avant de la remettre à son destinataire. Alors, l’icône est bénie, soit en la déposant sur l’autel lors d’une célébration (par exemple lors du baptême si c’est un cadeau de baptême) soit par une prière de bénédiction spéciale dont voici un exemple (bénédiction par Père Paolo à Mar Moussa en 2007) :

« Dieu le Père, au nom de ton Fils Jésus Christ, envoie la grâce de ton Saint Esprit sur cette icône que peint ton serviteur à ta gloire, ô très sainte Trinité.

De Ta Main invisible signe et bénis cette icône, donne lui la force d’action sanctifiante afin que tous ceux qui s’en approcheront avec vénération obtiennent santé, sanctification et bénédiction ».


Poster un commentaire

Saint François d’Assise parlant aux oiseaux

Saint François d'Assise parlant aux oiseaux

Saint François d’Assise parlant aux oiseaux

Patron des marchands, tapissiers, fleuristes, horticulteurs, écologistes, poètes… et de l’Italie, François d’Assise (1181-1226) est fêté le 4 octobre. Fils d’un riche marchand drapier d’Assise, il mène une jeunesse dorée et agitée. La guerre, la captivité et la maladie font de lui un autre homme en quête de solitude et de prière.

Dans une chrétienté sûre d’elle-même marquée par les croisades et l’influence de riches marchands, François recherche la simplicité et la première fraîcheur de l’Évangile. Il voue sa vie à la pauvreté, la contemplation, la fraternité, l’amour de la nature et une adoration joyeuse du Christ, toutes ces notions auxquelles l’actuel pape se réfère largement.

Canonisé deux ans après sa mort, le rayonnement de François d’Assise va bien au-delà de l’Église catholique : le pape Jean Paul II avait choisi en octobre 1986, la ville d’Assise comme lieu de rencontre, de paix et de prière des diverses religions.

Attributs : robe de bure, stigmates, cordelette à trois nœuds (vœux de pauvreté, chasteté et obéissance).

« Un moineau parle : je suis une mie de pain dans la barbe du Christ, un brin de sa parole, de quoi nourrir le monde jusqu’à la fin du monde.

Un rouge-gorge parle : je suis une tache de vin sur la chemise du Christ, un éclat de son rire au retour du printemps.

Une alouette parle : je suis l’ultime soupir du Christ, je monte droit au ciel, je cogne du bec au ciel bleu clair, je demande que l’on m’ouvre, j’emmène dans mon chant toute la terre, je demande, je demande, je demande.

Et tous et toutes ainsi pépient et chantent et viennent connaître la vérité de leur chant auprès de François d’Assise, près de l’homme-arbre, de l’homme-fleur, de l’homme-vent, de l’homme-terre. »

Christian Bobin, Le Très-bas, p. 85.


Poster un commentaire

L’émission du 4 février : l’étagère de pigments bleus

TOUT EN NUANCES

Retrouvez-moi tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi des souvenirs et rêves de lumières bleues, de tableaux, de vagues et de mélodies.

pigments bleus

Pigments bleus

Je reviens, ce 4 février, à ma collection de pigments bleus. J’ai compté ce matin les tubes et fioles emplies de pigments bleus rangés sur l’étagère : plus d’une cinquantaine ! Je comprends la jubilation de Delacroix devant la préparation de ses palettes, car je crois éprouver un peu la même, à contempler, tout simplement, cette déclinaison jamais achevée (…)

À chaque nouvelle découverte, j’essaye le pigment, le compare aux autres et mets à jour un petit carnet couvert d’annotations : celui-ci a une belle couleur, mais nécessite de le broyer avec soin. Celui-là se mélange à regret aux autres. Il laisse au fond des godets des particules qui se déposent à tort et à travers sur les icônes. Celui-là encore semble bien beau, rangé sur l’étagère, dans sa fiole de verre, mais sa luminosité déçoit, avec le temps.

L’outremer me séduit par sa profondeur et sa pureté. L’impression de s’enfoncer dans un mystère sans fin, d’être aspirée dans les profondeurs de la nuit, de rejoindre les étoiles. J’aime bien aussi quand il tend un peu vers le vert ou le violet, tout en gardant sa dominante.

Le lapis-lazuli attire par son côté précieux, puis ensuite, il déçoit, car il est très granuleux et difficile à utiliser. Toutefois, si on le réserve bien à l’usage du glacis, c’est-à-dire la superposition d’une couche transparente sur un fond, il révèle et magnifie les couleurs qu’il recouvre ; alors, on mesure sa qualité inimitable.

J’aime bien aussi les timides, légers comme un voile, qui tendent vers une transparence verte, comme le bleu de cuivre.

Chacun est unique, comme les livres d’une bibliothèque, qui portent non seulement un titre mais une dédicace, une annotation ou un marque-page oublié.

Pour retrouver les fréquences de RCF Isère, cliquez ici. 


1 commentaire

Peindre un vêtement blanc

Etape 2

Étape 2

Lors du dernier stage à Saint-Hugues de Biviers (fin janvier 2013), nous avons travaillé sur la réalisation d’un vêtement blanc, couleur de lumière. Voici une récapitulation des étapes. Les numéros correspondent (pour mes élèves) à votre fiche « repères pour les étapes ».

1. Passer le calque du dessin et reproduire les contours des masses de couleur. Repasser avec un pinceau en martre à l’ocre jaune dilué dans l’eau (pointe d’ocre rouge si on ne voit pas assez ses traits);

2. Étendre les couches de couleur avec un pinceau en petit gris en 3 couches très transparentes (peu de pigment, eau et œuf). Le mélange de couleurs est une base d’ocre jaune à laquelle on ajoute un peu d’une autre couleur (bleu, vert, ocre rouge, rouge, etc.);

 

travaux d'élèves

Travaux d’élèves

3. Reprendre les lignes et les plis avec le ton choisi pour le fond, en le renforçant (un peu plus de bleu, vert, ocre rouge, rouge, etc.) et en insistant sur les pleins et déliés. Pinceau en martre, eau et œuf;

4. Éclairer avec de l’ocre jaune, puis introduire à chaque couche un peu plus de blanc de zinc, jusqu’à arriver, avec des surfaces de moins en moins étendues, à blanc et pointe d’ocre jaune;

5. Réaffirmer les lignes : plus nettes, un peu plus fortes en couleur;

6. Éclairer encore avec du blanc de zinc seul ;

détail ange au tombeau

Détail Ange au tombeau

8. Si besoin réaffirmer encore ;

9. Terminer avec du blanc de titane peu étendu et dilué, puis enfin quelques éclats de lumière avec le blanc de titane concentré. Et si c’est le cas, on peut encore surimposer un motif.