Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Encore une année de sujets bleus ! (émission du 24 juin)

Retrouvez l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère

J’ai abordé cette deuxième année d’émissions de radio sur le bleu en me disant : « Quelle folie, comment parler du bleu encore une année ? » Et comme un fait exprès, justement, l’année n’a pas été vraiment bleue, ni rose, ni dorée, il faut le dire ! Ni pour moi, ni pour ce monde qui voit rouge, ou semble foncer, tête baissée, dans le noir, vert de peur ou d’indifférence… J’ai souvent pensé à Albert Camus qui écrit dans Noces, plus particulièrement dans la partie intitulée « le vent à Djemila » : « qu’est-ce que le bleu et que penser du bleu ? C’est la même difficulté que pour la mort. De la mort et des couleurs, nous ne savons pas discuter. »

Lapis lazuli du lac Baïkal

Lapis-lazuli du lac Baïkal

Alors, j’ai continué à peindre, essayant tous les mélanges de bleu. La semaine dernière encore, j’ai trouvé une nouvelle référence de pigment bleu : une couleur qui proviendrait des bords du lac Baïkal. J’attends ma livraison comme on attend un petit coin de ciel et j’ai hâte de diluer ce nouveau bleu avec un peu d’eau et de jaune d’œuf, de l’écraser finement sur ma plaque de verre, pour l’essayer et en apprécier la nuance. Me sont venus les mots de Gagarine, découvrant la terre lors de son vol dans l’espace en 1961 : « Notre planète est nimbée de bleu. Un bleu qui s’assombrit vers le zénith. Turquoise, indigo, violet puis noir ».

Et puis, j’ai pensé à tous les sujets sur le bleu qui me restent à explorer. Je n’ai pas du tout parlé du XXsiècle en peinture et du tournant extraordinaire qu’a été la mise au point vers 1936 des colorants synthétiques : ils ont donné la large gamme des bleus phtalocyanine, des bleus de toutes les nuances tirant sur le vert ou sur le violet. Ainsi, je n’ai quasiment évoqué aucun des peintres de cette période qui ont pourtant laissé tant de leurs marques bleues : Klein, Kandinsky, Matisse, Chagall, Picasso et bien d’autres.

Et puis j’ai reçu quelques messages avec des idées et des suggestions : connais-tu tel ou tel peintre qui a tant aimé le bleu ? As-tu entendu parler de telle technique ?

Alors, je vais continuer encore un peu à étirer ce fil bleu qui nous relie. Je vais continuer à lire et à regarder vers l’horizon, à laisser mes pensées vagabonder d’un bleu à l’autre, à tester des pigments aux noms qui font rêver, à rechercher la nuance, l’amour de la nuance et à prendre rendez vous… après l’été !

Pour réécouter la chronique.

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Article du 24 juin 2013

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Ciel et icône (émission du 17 juin)

Retrouvez l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère

Carélie, juillet 2012

Carélie, juillet 2012

Une étrange année s’est écoulée, presque sans printemps. Et nous voilà déjà en ces jours de grande lumière, tout près du solstice ! Je reviens, dans l’émission du 17 juin, à tout ce qui me passionne : les icônes, le bleu et la lumière. Je voulais vous livrer encore quelques lignes d’Eugène Troubetskoï (voir la présentation dans l’actualité du 5 juin). Il présente l’iconographie comme une « mystique du soleil au sens spirituel le plus haut », « une compréhension ineffable par la beauté ». Il regarde toutes les couleurs en fonction de leur rapport à l’or solaire qu’il qualifie de « lumière des lumières », « miracle des miracles », « source de toute lumière et de toute couleur ».

Ainsi, pour lui, les couleurs se déclinent en une hiérarchie organisée autour de l’or solaire. La symbolique du ciel, à toutes les heures du jour et de la nuit, y tient une place privilégiée et le bleu est la première couleur citée, la première qui s’organise autour de la lumière, du bleu nocturne profond, au reflet à peine irisé de l’aube.

En iconographie, la gamme des couleurs chargées de sens est illimitée, de même que les nuances naturelles du ciel. Avant tout, semble-t-il, l’iconographe utilise un grand nombre de tonalités de bleu : bleu sombre de la nuit étoilée, bleu éclatant du ciel dans la plénitude de midi, et la multitude des bleus pâles du ciel au déclin du jour allant du bleu turquoise aux bleus-verts… Les Russes, qui habitent des contrées nordiques, ont très souvent l’occasion d’observer ces tons bleus verdâtres après le coucher du soleil. Par ailleurs, le bleu-ciel constitue le fond habituel sur lequel se détache une infinie variété de nuances célestes : le scintillement de la nuit étoilée, le reflet de l’aurore, le cerne nocturne de l’orage, le rayonnement du couchant incendié, l’arc-en-ciel, enfin l’or soutenu de midi, quand le soleil arrive au zénith.

mandorle

Mandorle

L’iconographie utilise symboliquement toutes ces teintes. Leur choix, leur disposition, leur agencement les unes par rapport aux autres n’est pas le fait du hasard. Ainsi, les cieux, autrement dit la lumière divine, sont représentés ou bien en or ou en jaune, ou bien dans toute une déclinaison de bleus qui se dégradent en arrondis concentriques…

Cette présence bleue est aussi la manifestation de Dieu lorsqu’il parle aux hommes et aux femmes de tous temps. Ainsi, dans les icônes, lorsque Dieu se fait entendre, on ne le représente pas comme un personnage assis sur un nuage, mais comme un nuée de bleus, du bleu nuit le plus profond à un bleu clair ou un bleu vert très transparent.

(1) Eugène Troubetskoï, L’or Céleste: L’Assiste, Extrait de la brochure Deux mondes dans l’iconographie russe. Édition de l’auteur, Μοscοu, 1916.

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Article du 17 juin 2013


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Le bleu Majorelle (émission du 10 juin)

Retrouvez l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère

bleu majorelleDurant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi des rêves de lumières bleues et des émotions de voyages.

Lors de  l’émission du 10 juin, je parlerai d’un bleu qui emprunte son nom à un artiste de la première moitié du XXe siècle : le bleu Majorelle. Ainsi, nous continuerons le voyage commencé la semaine dernière, vers les bleus de Méditerranée, vers les bleus du Sud. Il est au Maroc une villa très spéciale, et ses jardins qu’il est possible de visiter. Ceux qui ont vécu l’expérience de la promenade en bleu dans les jardins de la villa Majorelle racontent le savoureux et troublant sentiment d’arpenter un tableau impressionniste, tout en touches de bleu et d’eau qui chante, d’être soi-même en plein cœur du bleu.

Pour réécouter la chronique.

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Article du 10 juin 2013


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L’Assiste ou l’or céleste par Eugène Troubetskoï

Eugène Troubetskoï (1863-1920) est un prince, philosophe et esthète russe, qui a sa place dans le courant de la philosophie russe du début du XXe siècle auprès de Soloviev, Florensky ou Boulgakov. Il écrit des lignes merveilleuses sur la lumière et les icônes, sur l’Assiste. Je crois que par un étrange hasard, nous avons rencontré son petit fils, au bord du lac Labelle (Canada) en septembre 2011.

(Extrait de la brochure Deux mondes dans l’iconographie russe. Édition de l’auteur, Μοscοu, 1916).

Détail (Maître Denys)

Détail (Maître Denys)

La mystique de l’iconographie est avant tout une mystique du soleil au sens spirituel le plus haut… Si belles que puissent être les autres couleurs du ciel, c’est l’or du soleil à son zénith qui symbolise «la lumière des lumières», « le miracle des miracles ». Toutes les autres couleurs se définissent par leur dépendance par rapport à l’or solaire, et composent un « ordre », une « hiérarchie » autour de lui. Le bleu nocturne, le scintillement des étoiles, l’incendie du couchant s’effacent devant lui. Le reflet de l’aube n’est que l’annonciateur du grand élan solaire. C’est par le jeu des rayons du soleil que se déterminent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, car le soleil constitue, au ciel et sous le ciel, la source de toute lumière et de toute couleur.

Ainsi, dans l’iconographie, les couleurs s’ordonnent autour du « soleil qui ne se couche jamais ». Chaque couleur de l’arc-en-ciel trouve son sens dans la représentation d’un aspect de la gloire divine jaillie de la transcendance. Mais parmi toutes les couleurs, seul, l’or solaire suggère le centre de la vie divine, et toutes les autres sont autour.

Seul, Dieu qui resplendit comme le soleil est la source de la lumière royale; les autres couleurs qui l’entourent expriment la vraie nature de la création, le ciel et la terre glorifiés qui constituent le temple νiνant du Seigneur, le temple « nοn créé de main d’homme ».

L’iconographe, par une certaine intuition mystique, a décelé d’avance le mystère du spectre solaire qui ne fut scientifiquement découvert que bien des siècles plus tard. C’est comme s’il avait « senti » dans la pluralité des couleurs la réfraction multicolore du mystère unique de la vie divine, solaire. Cette couleur divine porte en iconographie un nom spécifique, celui d’assiste. La façon de représenter celui-ci est fort remarquable: l’assiste n’a jamais l’aspect massif, homogène, de l’or d’ici-bas; il ressemble à une toile aérienne, éthérée, de rayons dorés très légers qui viennent de Dieu et illuminent d’un éclat divin tout ce qui l’entoure. Lorsque nous voyons l’assiste dans une icone, cela suppose toujours et indique la présence de la Divinité comme source de cette assiste. L’assiste exprime la glorification par la lumière divine, plus précisément, elle marque la pénétration dans la vie divine, ce qui se présente à elle comme très proche. Ainsi sont recouverts d’assiste les vêtements de la « Sophia », « la Sagesse de Dieu », et ceux de la Mère de Dieu s’élevant aux cieux après la Dormition. C’est aussi l’assiste qui souvent fait scintiller les ailes des anges, c’est lui qui dore les sommets des arbres du Paradis, et parfois encore c’est avec de l’assiste qu’οn recouvre, dans les icônes, les coupoles des églises. Il est significatif que ces coupoles (…) ne soient pas recouvertes d’une couche compacte d’or, mais de rayons et de scintillements dorés. Grâce à leur légèreté éthérée, ces rayons évoquent une lumière vivante, chaude et comme mobile. Ils font étinceler les vêtements du Christ glorifié, briller comme du feu les ornements et le trône de la Sagesse, et brûler dans les cieux le faîte des églises. Et c’est justement par cet éclat vivant, par ce dynamisme scintillant que la gloire de l’au-delà se distingue de tout ce qui est ici, de tout ce qui n’est pas encore glorifié. Ce monde peut se tendre vers les hauteurs, imiter la flamme: seuls les sommets de la vie de l’Église baignent dans la vraie lumière. Et le dynamisme de l’or spirituel signale sur ces sommets l’éclat de l’au-delà.

Ces couleurs, dans leur symbolique d’au-delà, sont utilisées par l’ancienne iconographie russe, surtout à Novgorod, avec une étonnante intuition artistique. Ainsi οn ne trouve pas d’assiste dans toutes les représentations de la vie terrestre du Christ οù la réalité de sa nature humaine est soulignée, οù sa divinité se cache « sous l’aspect du serviteur ». Mais l’assiste réapparaît dès que l’iconographe montre le Christ glorifié, et déjà quand il veut faire sentir que sa glorification approche. Οn trouve souvent l’assiste dans la représentation du Christ nouveau-né, car l’iconographe entend souligner que ce petit enfant est en réalité « d’avant les siècles ». Les vêtements du Christ sont ornés d’assiste dans la Transfiguration, la Résurrection et l’Ascension. Et le Christ resplendit encore de ce rayonnement spécifique de la divinité quand il arrache les âmes à l’enfer et retrouve le Larron au Paradis.

Chaque fois que les iconographes ont dû représenter la distinction et l’interpénétration du créé et de l’incréé, ils ont utilisé l’assiste aνec un art impressionnant. Il en est ainsi par exemple dans les icônes qui montrent la Dormition de la Mère de Dieu. Dans les meilleures de ces icônes, οn voit d’évidence au premier coup d’œil que la Mère de Dieu, étendue sur son lit de mort, en vêtements sombres, parmi ses proches, se trouve corporellement dans le plan de la nature d’ici-bas, telle que nous la voyons avec nos yeux terrestres. Au contraire, le Christ, qui se tient debout derrière le lit, en vêtements lumineux, portant dans ses bras l’âme de sa Mère sous l’aspect d’un nouveau-né, donne l’impression d’une apparition du monde invisible. Il brille, resplendit, rayonne et se détache des couleurs, intentionnellement lourdes, du plan terrestre par la légèreté éthérée des rayons de l’assiste.


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La pose de l’or à l’Assiste

P1020186 - copieLors du dernier stage à Saint-Hugues de Biviers (30 mai au 1er juin), nous avons expérimenté une technique simplifiée pour poser l’or « à l’Assiste ». Nous avons évoqué d’autres techniques avec de la bière brune (présentée par Pierre) ou de la colle à base d’ail (présentée par Annie).
Voici la recette avec mixtion à l’or et or pré-encollé qui peut être utilisée pour l’Assiste et aussi pour des décors à l’or (par exemple les 3 étoiles de la Vierge). Son principal défaut est que les lignes sont difficilement très fines. En s’installant au calme et en travaillant très méticuleusement, on obtient de beaux résultats.

P1020157 - copiePréparer les fonds, normalement, puis rechercher sur papier les lumières et l’inclinaison des « éclairs » (l’idéal est de travailler en blanc sur papier kraft)

Il s'agit des lignes sur la robe (pas de l'auréole, autre technique)

Il s’agit des lignes sur la robe (pas de l’auréole, autre technique)

Préparer un mélange de jaune titane (ou jaune et blanc de titane), avec un peu d’œuf et tracer ces lumières (il faut que ce soit dense avec un peu d’épaisseur – repasser si besoin).

Une fois les traits bien secs, saupoudrer légèrement la zone autour des emplacements de l’Assiste avec du talc. Passer un pinceau sec. La peinture à l’œuf est collante : il est indispensable de la protéger car il est très difficile de nettoyer les particules d’or qui s’y déposent lors de l’application de l’assiste.

Appliquer la mixtion à dorer sur les lignes tracées, en dessinant des traits précis et réguliers et en les répétant deux à trois fois. Si la surface de l’assiste est importante, diviser le travail en plusieurs parties. Nettoyer le pinceau de temps en temps à l’eau, car le talc peut s’y agglomérer.

Laisser sécher quelques minutes jusqu’à ce que ce soit « pégueux ».

P1020168 - copiePoser la feuille d’or en pressant sur le papier de soie avec les doigts, puis avec en tapotant avec l’appuyeux sur toutes les parties encollées.

Enlever la feuille et continuer à tapoter avec l’appuyeux.

P1020173 - copieUne fois que l’or est bien sec (attendre une heure), on peut « ébarber » (enlever) ce qui n’est pas collé, avec un pinceau en balayant très doucement dans tous les sens et en soufflant. Si certains endroits sont mal couverts, remettre un peu d’or.

Protéger les traits d’or avec de la gomme blanche laque diluée avec un peu d’alcool à plus de 90° ou capaplex. Enfin, faire disparaître les traces de talc sur l’icône et passer une couche d’œuf mélangée à ½ d’eau sur toute l’icône.

P1020180 - copieP1020184 - copie


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Balcon sur la Méditerranée (émission du 3 juin)

Retrouvez l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère.
Paros, juin 2010

Paros, juin 2010

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi des rêves de lumières bleues et des émotions de voyages. Lors de l’émission du 3 juin, je citerai quelques extraits d’un recueil de nouvelles de l’écrivain turc Nedim Gürsel : Balcon sur la Méditerranée (1)
Le lecteur y suit, pas à pas, un homme à la recherche de lui-même, en exil comme l’auteur. L’amour et la mort, la tendresse et la détresse de l’abandon y sont intimement liés. J’ai relevé dans la première nouvelle quelques passages entièrement baignés par la couleur bleue, celle qui contraste avec le blanc des villages de Méditerranée, qui trouble et éblouit à la fois.

« Cet été-là, j’allais m’apercevoir que la mer n’est qu’une vaste énigme, comme dans ce poème insolite : je comprends  » la mer  » et je comprends  » le bleu « , mais je ne puis comprendre  » la mer bleue  » (…)

À Ikaria, le monde avait viré au bleu et nous-mêmes étions de pied en cap immergés dans du bleu. Bleus les volets de notre chambre basse. Bleue la chaise devant la fenêtre ouverte. La mer et le ciel, il va sans dire. Et même les murs, je vous assure. La coupole de l’église aussi (…)

Il faut ensuite évoquer parmi tout ce bleu ambiant, les raisins de la tonnelle. Sans oublier les ravissants bleuets, aux nuances variées, ni trop touffus ni trop voyants, calmes et modestes, s’égrenant à l’entour de notre amour comme le Dodécanèse. Je ne sais pas pour Nefeli, mais pour ma part, le bleu inondait aussi mes rêves. Je me souviens d’Homère qui, dans l’Iliade, dit d’un guerrier :  » la mort bleue lui ferma les yeux « . La couleur bleue, signe de mort à Troie, avait pris une autre résonance de l’autre côté de la mer pour s’appeler amour (…)

De retour à Athènes, j’ai longtemps cherché le vent d’Ikaria, la couleur bleue – tous les bleus… »

(1) Gürsel Nedim, Balcon sur la Méditerranée, Éd. Seuil, 2003, p. 32-34.

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Article du 3 juin 2013