Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’émission du 17 juin : ciel et icône

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Retrouvez l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère

Carélie, juillet 2012

Carélie, juillet 2012

Une étrange année s’est écoulée, presque sans printemps. Et nous voilà déjà en ces jours de grande lumière, tout près du solstice ! Je reviens, dans l’émission du 17 juin, à tout ce qui me passionne : les icônes, le bleu et la lumière. Je voulais vous livrer encore quelques lignes d’Eugène Troubetskoï (voir la présentation dans l’actualité du 5 juin). Il présente l’iconographie comme une « mystique du soleil au sens spirituel le plus haut », « une compréhension ineffable par la beauté ». Il regarde toutes les couleurs en fonction de leur rapport à l’or solaire qu’il qualifie de « lumière des lumières », « miracle des miracles », « source de toute lumière et de toute couleur ».

Ainsi, pour lui, les couleurs se déclinent en une hiérarchie organisée autour de l’or solaire. La symbolique du ciel, à toutes les heures du jour et de la nuit, y tient une place privilégiée et le bleu est la première couleur citée, la première qui s’organise autour de la lumière, du bleu nocturne profond, au reflet à peine irisé de l’aube.

En iconographie, la gamme des couleurs chargées de sens est illimitée, de même que les nuances naturelles du ciel. Avant tout, semble-t-il, l’iconographe utilise un grand nombre de tonalités de bleu : bleu sombre de la nuit étoilée, bleu éclatant du ciel dans la plénitude de midi, et la multitude des bleus pâles du ciel au déclin du jour allant du bleu turquoise aux bleus-verts… Les Russes, qui habitent des contrées nordiques, ont très souvent l’occasion d’observer ces tons bleus verdâtres après le coucher du soleil. Par ailleurs, le bleu-ciel constitue le fond habituel sur lequel se détache une infinie variété de nuances célestes : le scintillement de la nuit étoilée, le reflet de l’aurore, le cerne nocturne de l’orage, le rayonnement du couchant incendié, l’arc-en-ciel, enfin l’or soutenu de midi, quand le soleil arrive au zénith.

mandorle

mandorle

L’iconographie utilise symboliquement toutes ces teintes. Leur choix, leur disposition, leur agencement les unes par rapport aux autres n’est pas le fait du hasard. Ainsi, les cieux, autrement dit la lumière divine, sont représentés ou bien en or ou en jaune, ou bien dans toute une déclinaison de bleus qui se dégradent en arrondis concentriques…

Cette présence bleue est aussi la manifestation de Dieu lorsqu’il parle aux hommes et aux femmes de tous temps. Ainsi, dans les icônes, lorsque Dieu se fait entendre, on ne le représente pas comme un personnage assis sur un nuage, mais comme un nuée de bleus, du bleu nuit le plus profond à un bleu clair ou un bleu vert très transparent.

(1) Eugène Troubetskoï, L’or Céleste: L’Assiste, Extrait de la brochure Deux mondes dans l’iconographie russe. Édition de l’auteur, Μοscοu, 1916.

Pour réécouter la chronique.

Pour retrouver les fréquences de RCF Isère.

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Auteur : elisabethlamour

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