Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Cimabue, la malchance en bleu (l’émission du 23 septembre)

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Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère.

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici. On peut écouter les dernières en podcast sur le site de RCF Isère. http://podcast.rcf.fr/emission/665331/665334Un ange de Cimabue... qui a "viré" au bleu

Un ange de Cimabue… qui a « viré » au bleuLe 23 septembre, nous parlerons de l’œuvre de Cimabue, un peintre qui depuis toujours me fascine. Cenni di Pepo (son
véritable nom) vit et travaille en Italie à la fin du XIIIe siècle. L’artiste florentin semble un être malchanceux, peu reconnu par l’histoire et pourtant témoin et probablement instigateur d’une nouvelle manière de peindre. On ne sait pas grand-chose de la vie de Cimabue, si ce n’est le fil conducteur de l’infortune et sa réputation de mauvais caractère.

Très peu d’œuvres sont parvenues jusqu’à nous. Cimabue a peu marqué la postérité, car il a été  éclipsé par Giotto, son successeur immédiat. Surtout, ses œuvres ont été victimes de tas de mésaventures : certaines ont été perdues, recouvertes par d’autres peintres ; d’autres ont été détruites par des inondations ou des tremblements de terre. Et surtout, le bleu, ce bleu qu’on aime tant, lui a joué bien des tours !

Cimabue arrive probablement à Assise un peu après 1270 et peint les fresques de la basilique supérieure. Toujours en quête d’innovation, il cherche à enrichir les effets picturaux de la fresque en ajoutant des rehauts de blanc de plomb, autrement dit, de céruse. Extrêmement dense et opaque, le pouvoir couvrant de ce blanc est indéniable : ces magnifiques fresques, tout au début, devaient avoir belle allure !

Mais le temps a été assassin pour ces œuvres qui ont connu d’imprévisibles réactions ! Les raisons sont incertaines : il pourrait s’agir de remontées de l’enduit, de décharges d’énergie comme la foudre, d’exhalaisons d’acide sulfurique provenant de proches sépultures, de mélanges hasardeux… toujours est il que le blanc des fresques de Cimabue a viré au bleu très sombre, presque noir donnant à ses fresques un troublant aspect de « négatif » photographique.

Des essais ont été réalisés dans les années cinquante, pour tenter de récupérer le blanc d’origine : ce fut un échec. Et ce n’est pas tout ! L’azurite, autrement dit le carbonate de cuivre bleu utilisé par Cimabue, vira lui aussi, de façon moins spectaculaire et évolua vers une couleur proche : le vert ou le mauve.

Décidément, Cimabue a été malchanceux, même avec le bleu, qui semble se jouer de lui, apparaissant là où il n’est pas prévu, et disparaissant là où il est espéré…

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Auteur : elisabethlamour

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