Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le bleu Patinir (émission du 30 septembre)

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Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11h10 sur RCF Isère.

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici. On peut écouter les dernières en podcast sur le site de RCF Isère. 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEt voilà encore un peintre peu connu : Joachim Patinir. Il naît à Dinant, en Haute-Meuse, vers 1480. Contemporain de Jérôme Bosh et de Albrecht Dürer – qu’il rencontre par ailleurs – il arrive à Anvers vers 1515 et y travaille jusqu’à sa mort, en 1524. Il est en quelque sorte l’inventeur de la peinture paysagiste. Il peint des paysages panoramiques, mêlant l’imaginaire, les caractères des paysages flamands et les bords de Meuse. Les premières cartes de géographie représentant le monde, les récits fabuleux des explorateurs nourrissent son imagination. Dans ses paysages baignés de fantastique, on ne sait pas vraiment s’il peint ses rêves, la Meuse, le Nil ou la Méditerranée, mais toutes les nuances de bleu s’épanouissent dans ses eaux et ses cieux, des tons fluides ou glacés, doux ou inquiétants qui se reflètent sur des pics, aux ombres bleutées elles aussi.

Les tableaux de Joachim Patinir sont si marquants, que beaucoup d’auteurs, comme Sylvie Germain, ont écrit à son propos. Maurice Pons, s’attarde sur cette œuvre dans un ouvrage qui fait rêver, intitulé Patinir ou l’harmonie du monde. En voici un court extrait :

« (…) à l’époque où vivait Joachim Patinir (…) de hardis voyageurs s’étaient aventurés au-delà des premières cartes balbutiantes de la géographie, au-delà du méridien extrême de la terre connue à l’est ; de hardis navigateurs, sur les premiers navires de haut bord, parcouraient l’océan dans le sens des vents d’ouest, ils frôlaient de jeunes continents inconnus, en croyant toucher aux vieilles terres des épices. (…)

Il s’est fait peintre pour notre bonheur, et il n’a jamais voyagé qu’avec ses pinceaux. Mais de tous ses périples, si loin de la terre d’Ardenne et de ses ardoisières, il a rapporté un fabuleux présent. Ni un diamant, ni une soierie, ni un sonnet, ni une octave. Il a rapporté une couleur. Ce n’est pas le bleu du saphir, ni le bleu de l’ardoise ; ce n’est pas le bleu de l’acier ni celui de la glace vive ; ce n’est pas le bleu du noble iris, ni celui de la grêle mésange ; ce n’est pas le bleu tendre de l’œil de la truite, ni le bleu argenté du mélèze bleu ; ce n’est pas le bleu du ciel, ni le bleu de la nuit. C’est un bleu qui ne ressemble à aucun autre bleu, qui n’est ni de Paris ni de Prusse et qui ne vient pas d’outre-mer. Ce n’est pas le bleu turquin, ni le bleu Nattier, ni le bleu de cobalt. C’est un bleu qui ne ressemble qu’à lui, et qu’il faudra bien appeler par son nom : c’est le bleu Patinir ».

Article du 30 septembre 2013

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Auteur : elisabethlamour

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