Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La Vierge « de tendresse »

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oct 2013Le modèle qui s’impose, lorsqu’on évoque les icônes de Marie, est celui de la Vierge Eléousa (« oumilénié« ), traduit approximativement par Vierge de Tendresse ou plus précisément Vierge de Miséricorde. Cette représentation se rencontre fréquemment en Russie et ces icônes portent le nom de la ville à laquelle est reliée l’histoire de chacune d’entre elles. Quelques icônes grecques de ce groupe portent l’inscription « Glykofilussa« , traduite par « doux embrassement », ou « doux baiser ». (…)

Marie serre l’Enfant contre elle dans une affectueuse et maternelle protection et leurs joues se touchent en un « contact », une continuité des visages parfois presque fondus l’un dans l’autre. L’Enfant est généralement porté sur le bras droit de la Vierge, mais cela n’est pas systématique. L’insistance est donnée à la caresse mutuelle, au sentiment humain, au côté maternel de l’icône. Elle évoque à la fois l’infinie tendresse d’une mère et la réponse de l’enfant. Cette représentation traduit du sentiment mais sans aucune mièvrerie. Au contraire, juxtaposée à cette tendresse, on peut déceler une gravité, une conscience silencieuse d’inévitables souffrances.

Ce modèle très intime évoque la nostalgie d’une tendresse reçue ou donnée, ou, à l’opposé, son absence, un vide à combler, une quête insatiable. Parfois, la main de l’enfant repose sur le cou de Marie, l’entoure ou semble s’accrocher au vêtement qu’il froisse. S’il est le plus connu et le plus répandu, ce modèle n’en est pas pour autant le plus ancien. Son culte date du Xsiècle et s’est développé en premier lieu dans les églises placées à l’intérieur du palais impérial. Cette image quasi-fusionnelle aurait été impossible avant les prémices de l’humanisme. Toutefois, à l’origine, l’élan de tendresse entre la Mère et son Fils n’était pas forcément considéré comme l’expression d’un sentiment maternel, mais comme une insistance accordée à l’intercession de la Mère de Dieu en faveur du genre humain. La tendresse de Marie n’était peut être pas lue comme une projection de nos propres sentiments, mais comme une demande, une prière adressée à Marie.

Extrait de Le regard de Marie dans l’icône, p. 34 et 35, publié par le Centre Théologique Meylan/Grenoble, 2007.
Il me reste quelques exemplaires de cet ouvrage disponible au prix de 16 € (port compris) sur simple demande.

 

 

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Auteur : elisabethlamour

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Une réflexion sur “La Vierge « de tendresse »

  1. Vierge marie priez pour nous en ce mois dédié a vous spécialement.

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