Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Chagall, « je suis bleu » (l’émission du 4 novembre)

1 commentaire

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère.

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

Le lundi 4 novembre, nous commencerons un petit cycle sur Marc Chagall (1887 à 1985). C’est bien Chagall et le bleu, pour l’automne !

Si l’on cherche sur un moteur de recherche à réunir ses œuvres sur une seule page, une couleur domine, c’est peu dire, et c’est le bleu, que ce soit dans ses peintures, dans le choix des tesselles de ses mosaïques et peut-être encore davantage dans ses vitraux. Non seulement les œuvres ont une large dominante bleue, mais leur titre souligne encore cette omniprésence : Les Amants bleus, Le Violoniste bleu, Le Cirque bleu, Paysage bleu, Le Visage bleu… Il faudrait étudier presque toutes ses œuvres pour comprendre cet entêtement du bleu.

Chagall lui-même semble se voir en bleu et se serait écrié : « Pourquoi bleu ? Mais je suis bleu, comme Rembrandt était brun ». Ses autoportraits confirment cette sensation.

Autoportrait à la palette

Autoportrait au chevalet

Le plus parlant dans ce domaine est peut-être L’autoportrait au chevalet, tableau datant de 1914 et offert à son ami Ilya Ehrenbourg. L’artiste y est représenté tenant une palette, face à une toile à la texture très visible et au léger ramage bleu évoquant le ciel. L’artiste semble tourner la tête avec au visage un vague et étrange regard bleu ; il est vêtu d’une tout aussi étrange chemise ornée d’extravagants galons et semblant se refléter sur la toile du même bleu changeant. Où est le réel. Lequel reflète l’autre ? Cette main qui trace les formes bleues ? Ce regard qui part ailleurs ? Ce jeu de miroir ? Ces nuages aux tonalités bleues qui semblent à leur tour un reflet du ciel ?

Alexandre Kamenski, critique d’art spécialisé dans l’œuvre de Chagall, écrivit à propos de ce tableau : « la magie de la couleur donne son unité à cet apparent paradoxe. Je me souviens de la première impression que me fit cet autoportrait, qui demeura longtemps posé sur un chevalet au milieu du vaste salon de l’appartement moscovite d’Ilya Ehrenbourg. C’était comme un nuage, une brume bleue flottant au-dessus du tableau. L’espace environnant se colorait de cette lumière irréelle ».

Chagall lui-même fournit peut être une autre clé de compréhension à cet autoportrait lorsqu’il dit : « Mon art est peut-être un art insensé, un mercure flamboyant, une âme bleue jaillissant sur mes toiles ».

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “Chagall, « je suis bleu » (l’émission du 4 novembre)

  1. Il me semble que tous les bleus que j’aime sont dans ce tableau. Si je pouvais mes icônes seraient tooutes bleues !!
    Merci de nous faire découvrir ce qu’on regarde si vite!!
    Annie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s