Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’icône de la Transfiguration

2 Commentaires

Icône de la Transfiguration (30x40cm)

Icône de la Transfiguration (30 x 40 cm)

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l’écart, sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Intervenant, Pierre dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.» Comme il parlait encore, voici qu’une nuée lumineuse les recouvrit. Et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir. Écoutez-le ! » En entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre, saisi d’une grande crainte. Jésus, s’approcha, il les toucha et dit : « Relevez-vous ! Soyez sans crainte. » (Mt 17, 1-7, voir aussi Mc 9, 2-9 ; Lc 9, 28-36)

Cette icône est une étape importante dans le parcours de l’iconographe. Elle est l’icône de la lumière, l’icône du bouleversement du regard, celle par laquelle « on devient iconographe ». Elle marque l’aboutissement d’un cheminement d’initiation et en même temps, le départ pour un nouveau voyage. On pose alors l’or et les regards (voir le lien).

Icônes de la Transfiguration, par la main de Blandine, Solange et Annie, élèves de l'Atelier (présentées à Brié, oct 2013)

Icônes de la Transfiguration, par la main de Blandine, Solange et Annie, élèves de l’Atelier (Brié, oct 2013)

De la même façon, la Transfiguration marque une étape dans le cheminement des apôtres. Elle représente l’épisode au cours duquel Jésus emmène trois des ses apôtres (Pierre, Jacques et Jean) sur une montagne (la tradition l’identifie au Mont Thabor). La montagne, ce lieu de la rencontre entre le ciel et la terre, lieu de rencontre avec Dieu, lieu des manifestations divines : l’air y est soudain plus clair peut-être, plus transparent…

Là, ils voient le Christ transfiguré, vêtu de lumière, corps de lumière : il apparaît dans une mandorle bleue, signe de la révélation divine. À la gauche de l’icône se tient Elie, et à droite, Moïse, tenant les tables de la Loi. L’un et l’autre, qui ont déjà vécu cette révélation de lumière (Elie enlevé sur un char de feu et Moïse au buisson ardent), ont une main dans la mandorle, comme s’ils avaient déjà touché, pénétré cette lumière… ou été touchés par celle-ci.

Le Christ se révèle, mais l’icône, comme le moment vécu, traduit ce que nous sommes nous-mêmes : appelés à la lumière. Ce flot de clarté touche les apôtres par trois rayons, mais tout leur être est atteint : ils sont bouleversés, chamboulés, « cul par dessus tête ». Pour la première fois, leurs yeux s’ouvrent à une réalité dont ils avaient, jusqu’alors, seulement effleuré l’essentiel.

Théophane le grec (vers 1403)

Théophane le Grec (vers 1403)

Une des réalisations qui sert de fondement aux icônes de la Transfiguration est une grande icône de Théophane le Grec (tout début du XVsiècle). Mais certaines sont beaucoup plus anciennes : mosaïques du monastère Sainte-Catherine du Sinaï (VIe siècle), de Daphné en Grèce (fin XIe siècle) ou de Constantinople (conservée au Louvre, XIIe siècle), fresques rupestres de Cappadoce… Toutes, malgré leur diversité, ont des caractéristiques et une construction constantes.

J’avais réalisé cette icône pour la première fois en 1995. Jamais une de  mes planches n’a aussi mal réagi et des fissures se sont installées partout sur l’enduit. Ludmilla, mon professeur d’alors, m’a encouragée à continuer, même si j’avais l’envie de tout jeter et recommencer. Les fissures se sont un peu dissimulées dans les aspérités de montagnes. Pour moi, c’était comme accepter que quelque chose puisse jaillir des décombres.

Une lumière nous touche et nous chamboule : un moment de grâce, un bouleversement, une éblouissante et fugitive clarté, puis le souvenir et la nostalgie de retrouver cet instant parfait…

Just a perfect day… 

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

2 réflexions sur “L’icône de la Transfiguration

  1. Pingback: Commentaires sur les icônes… | Elisabeth Lamour

  2. Peindre l’icône de la Transfiguration a été une grande joie pour moi!
    Comme si la lumière voulait m’envelopper peu à peu, et puis ce moment
    où immobile on accueille la Présence!
    Après , comme les apôtres , il faut redescendre…

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