Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Chagall, Le Visage bleu

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Le visage bleuLe Visage bleu, tableau beaucoup plus tardif – il date de 1967 – donne l’exemple d’une œuvre dans laquelle Chagall ne joue pas seulement sur l’ambiance dégagée par le bleu, mais aussi sur la juxtaposition d’une atmosphère bleue avec un environnement coloré et vif, en jaune, vert et rose. Le tableau est d’ailleurs clairement divisé verticalement en deux moitiés, à peu près égales.

Le critique d’art allemand Wermer Haftman raconte : « À gauche, il place une zone d’un bleu spirituel onirique. La forme triangulaire d’un bleu profond, entourée de clair, détermine le solide premier plan derrière lequel s’échelonne, selon l’effet, l’éloignement des valeurs lumineuses… Ce fond coloré de construction tout à fait abstraite est la base de la toile où beaucoup de rêves prennent naissance. C’est à son contact que le jeu des associations se met en mouvement. À gauche, un visage se forme dans le bleu spirituel, lève les yeux vers la zone multicolore à l’atmosphère bucolique, et, levant la main qui lui appartient, il la touche ; derrière, un visage de femme et de petites cabanes russes dans la lumière de ce rêve bleuâtre. Mais en bas à gauche, le peintre est au travail devant son chevalet, et lève les yeux vers la zone lumineuse. C’est la sphère intime des rêves du peintre d’où il regarde vers le monde. »

Nous aurions pu rester tout l’hiver avec Chagall et terminer en évoquant le travail de l’artiste sur la Bible et ses vitraux qui renvoient une lumière bleue et profonde. Le vitrail révèle dans sa plénitude son génie ivre de couleur et « représente la cloison transparente entre mon cœur et le cœur du monde », confie l’artiste (1). Au milieu du bleu outremer intense, du bleu turquoise, de tous les bleus qui dominent presque dans chaque vitrail, jaillissent des touches de vert, de rouge grenat, de jaune d’or.

Oui, Chagall, le dit lui-même : « Mon art est peut-être un art insensé, un mercure flamboyant, une âme bleue jaillissant sur mes toiles. » Chagall « est bleu », bleu comme on aime, bleu comme on vit, bleu de l’envol et de la peinture : toute son œuvre, ses amoureux et les maisons de Vitebsk semblent attirés par la légèreté du ciel, la flottaison des nuages dans la rondeur de l’air.

1. CHAGALL Marc, entretien avec André Verdet, Paris, 1984.

Cet article est tiré d’une émission diffusée le 2 décembre 2013 sur RCF Isère dans le cadre de la série « Tout en nuances » qui a duré pendant six années. Elle est présentée ici. L’article a été mis à jour le 7 novembre 2020 et figure dans le livre Bleu, intensément, chapitre 92.

Sur Chagall, on peut lire aussi « Je suis bleu », Les Amants bleus et La Maison bleue.

Article du 2 décembre 2013

Auteur : elisabethlamour

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3 réflexions sur “Chagall, Le Visage bleu

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