Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Chagall, le visage bleu (émission du 2 décembre)

Poster un commentaire

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère. Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

Le visage bleuNous aurions pu rester tout l’hiver sur Chagall mais j’ai choisi un dernier tableau, beaucoup plus tardif (il date de 1967), pour avoir un exemple d’une œuvre dans laquelle l’artiste ne joue pas seulement  sur l’ambiance que le bleu dégage, mais sur la juxtaposition d’une ambiance bleue, avec une autre ambiance colorée, en jaune, vert et rose. Le tableau est d’ailleurs clairement divisé verticalement en deux moitiés, à peu près égales.

Écoutons à nouveau la description du critique d’art allemand Wermer Haftman : « À gauche, il place une zone d’un bleu spirituel onirique. La forme triangulaire d’un bleu profond, entourée de clair, détermine le solide premier plan derrière lequel s’échelonne, selon l’effet, l’éloignement des valeurs lumineuses… Ce fond coloré de construction tout à fait abstraite est la base de la toile où beaucoup de rêves prennent naissance. C’est à son contact que le jeu des associations se met en mouvement. A gauche, un visage se forme dans le bleu spirituel, lève les yeux vers la zone multicolore à l’atmosphère bucolique, et, levant la main qui lui appartient, il la touche ; derrière, un visage de femme et de petites cabanes russes dans la lumière de ce rêve bleuâtre. Mais en bas à gauche, le peintre est au travail devant son chevalet, et lève les yeux vers la zone lumineuse. C’est la sphère intime des rêves du peintre d’où il regarde vers le monde ».

Je ne pouvais terminer ce cycle sur Chagall et le bleu sans dire quelques mots du travail de l’artiste sur la Bible, et ses vitraux qui renvoient une lumière bleue et profonde dans de nombreuses églises. Le vitrail révélera dans sa plénitude son génie ivre de couleur. Au milieu du bleu outremer intense, du bleu turquoise, des tous les bleus qui dominent presque dans chaque vitrail, des touches de vert, de rouge grenat, de jaune d’or (…)

« Le vitrail représente la cloison transparente entre mon cœur et le cœur du monde » (Marc Chagall, entretien avec André Verdet, Paris, 1984).

(1) Wermer Haftman, Marc Chagall, p. 116.

Article du 2 décembre 2013

 

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s