Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Nicolas de Staël (l’émission du 3 février)

2 Commentaires

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère. Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

détail du "Fort carré d'Antibes", 1955

Détail du Fort carré d’Antibes, 1955

Pendant deux semaines (3 et 10 février), nous évoquerons  Nicolas de Staël, ce peintre né en Russie qui balaie le début de la première moitié du XXe siècle et met fin à ses jours en 1955, à l’âge de 41 ans. Une grande partie de ses œuvres semble un splendide et puissant camaïeu de bleus. Citons : Bateaux, Parc de Sceaux et Ciel à Honfleur en 1952, Paysage d’Antibes  en 1954 et toutes ces œuvres en bleu de la dernière année de sa vie : Le Fort carré d’Antibes, Nature morte au chandelier sur fond bleu, Bateau de guerre, Les Mouettes, Nu couché bleu.

Un des derniers tableau de la vie de Nicolas de Staël s’intitule : Les Mouettes. Les couleurs se déclinent du blanc gris au bleu sombre, en strates successives. Dans le détail, on ne distingue pas vraiment la tête des oiseaux, mais seulement des queues blanches frangées de bleu, des formes qui fuient vers un horizon triste et menaçant, un départ confus, un blanc cabossé de bleu-gris. C’est à la fois le jour et la nuit, le ciel et l’eau, l’envol et le poids des jours, l’orage qui vient du ciel et tout l’inéluctable. On entend leur criaillement et le bruit lourd du battement de leurs ailes. On baisse la tête de crainte qu’elles ne nous frôlent.

Une des choses qui me frappe chez Nicolas de Staël, est la présence du rouge sous-jacent – le peintre aimait particulièrement le vermillon –, parfois utilisé à côté du bleu, comme dans le Nu couché. Bien souvent, le rouge est posé sous le bleu, et on en voit apparaître seulement des lisières, des reflets. Cette mince ligne irisée semble la bordure angoissée du bleu, une sous-couche comme un grincement sinistre du bleu, cette prétendue couleur douce. Le bleu de l’eau cache-t-il un feu tapi et jamais complètement éteint, prêt à tout instant à irradier, à brûler, à blesser ?

Pour comprendre le sens de l’utilisation du bleu et de ses nuances par Nicolas de Staël, on peut lire quelques extraits d’une correspondance fervente entre le peintre et René Char. Le poète caractérise ainsi leur relation : « Staël et moi, nous nous approchons quelquefois plus près qu’il n’est permis de l’inconnu et de l’empire des étoiles. » Il sera question dans leur correspondance d’une nuance subtile qu’ils appellent tous deux le « cassé-bleu » : ce sera l’objet de la prochaine émission.

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

2 réflexions sur “Nicolas de Staël (l’émission du 3 février)

  1. Je n’ai vu ni la tête, ni la queue des mouettes!

  2. J’essaye de mettre des photos que j’ai pu prendre un jour ou l’autre. Je n’ai pas celle-ci…

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