Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le triptyque des bleus de Joan Miro (émission du 17 février)

Poster un commentaire

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère. Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

Joan Miro, Bleu II

Joan Miro, Bleu II

Ce lundi 17 février, nous évoquerons Joan Miro, et en particulier un triptyque consacré au bleu, un ensemble de trois grandes toiles réalisées à Majorque en 1961 et conservées au musée national d’Art moderne Georges-Pompidou.

Joan Miro vécut quatre-vingt dix ans, dont une grande partie consacrée à la création. Son œuvre est vraiment de toutes les couleurs, marquée par l’enfance, le rêve et la vivacité. Les triptyques en bleu représentent une rupture dans l’oeuvre du peintre (…) ; il a besoin de temps pour trouver la couleur exacte, le rythme, l’inspiration. Miro le dit lui même : « J’ai mis beaucoup de temps à les faire. Pas à les peindre, mais à le méditer. Il m’a fallu un énorme effort, une très grande tension intérieure pour arriver au dépouillement voulu. »

Les tableaux bleus semblent réalisés d’un seul geste, inspirés selon l’historienne d’art Margit Rowell « par les villages catalans où, autrefois, les maisons étaient peintes en bleu, un bleu catalan légèrement violacé, clair, littéralement : le bleu ciel »

Le 2ème tableau du triptyque était exposé à l’entrée de l’exposition du Mucem (Marseille) intitulée « Noir et bleu un rêve méditerranéen » et dont nous avions parlé il y a quelques semaines. Cette immense toile, présentée dans le catalogue comme « manifestant notre capacité de rêver, malgré tout » ( 1), illustre magistralement notre propos. Sur un fond bleu mouvant, se pose une ligne rouge, d’une symbolique absolument contraire. Des sortes de galets, ou peut-être les pierres d’un gué semblent sautiller sur ce fond.

Les deux autres toiles du triptyque déclinent cet arrangement : les taches noires aux allures de constellations dans le Bleu I, se réduisent à une seule, très sobre, dans le III. Le petit bâton rouge du Bleu I s’étire dans le II comme un éclair et disparait en un point ovoïde rouge, légèrement entouré de gris-noir, flottant au bout d’une tige comme une fleur d’eau. Finalement, c’est l’éternelle rengaine : vivre le rouge qui trouble les fonds qu’on voudrait bleus, traverser le gris ou le noir, danser sur le volcan en fusion et contempler le ciel !

(1) Catalogue de l’exposition, « Le noir et le bleu, un rêve méditerranéen ».

Article du 17 février 2014

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s