Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Picasso, la couleur de mon âme (émission du 24 mars)

Poster un commentaire

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère. Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Picasso, femme à la corneille

Picasso, Femme à la corneille

Depuis une semaine, j’ai diffusé largement un questionnaire : « quelle est la couleur de votre âme » ? On peut encore me répondre, avec une couleur, une ligne de commentaire, son prénom et son âge. En avril, je publierai sur ce site une partie des réponses, souvent très poétiques, très pertinentes… L’émission sur Picasso a été le déclencheur de cette réflexion, et je vous en livre une bonne partie, ci-dessous.

Nous l’avons évoqué la semaine dernière, les premières œuvres de Picasso dans cette période bleue sont dédiées au suicide de son ami Casagemas, puis rapidement suivies par l’Autoportrait en bleu, tableau peint lors d’un séjour à Paris en hiver 1901. Picasso n’a alors que 20 ans, mais il donne une image de lui-même beaucoup plus âgée. La représentation est figée et frontale ; son visage est très blanc, creusé, amaigri par les rigueurs de l’hiver parisien. La barbe hirsute est un peu rousse, seule touche de couleur dans la toile ; il porte un grand manteau au col relevé qui l’engonce et accentue l’impression de tristesse, de misère et de solitude. Son regard est perdu au loin et traduit une immense mélancolie.

Il faut dire qu’à l’époque, les tableaux de Picasso ne se vendent guère et il vit dans le dénuement : son père lui envoie des toiles et des tubes de peinture, par souci d’économie. Il réalise plusieurs peintures sur le même tableau ou doit brûler quelques-uns de ses dessins pour se réchauffer. Et pourtant, ces œuvres de l’artiste sont parmi les plus connues et les plus aimées.

Dans son autoportrait, Picasso ne cherche pas la ressemblance, mais bien à traduire « la couleur de son âme ». Et son âme, à cette époque, est vraiment sombre avec des titres d’œuvres comme La Tragédie, La Vie, Le Repas de l’aveugle, Le Vieux guitariste… tout un programme et une impression angoissante, voire désespérante. J’ai même trouvé certains de ces tableaux servant d’emblème pour des blogs ou des associations de personnes dépressives !

Et qui peut vraiment expliquer « la couleur de son âme ? » Et encore, s’agit-il d’une couleur à un moment donné, puisque cette période bleue sera suivie, après une incursion dans le monde des comédiens et des acrobates, par une « période rose » qui s’échelonnera de 1904 à 1906.

Écoutons encore son ami Pierre Daix parler de la fin de cette période : « le bleu, parfois émaillé de la tache rouge d’une fleur devient, (…) début 1904, un moyen précis, lumineux, plus du tout tragique, de saisir les aspects fugaces et plaisants de la vie. La crise est passée. Picasso a fait le tour de la douleur du monde. Il a vingt-deux ans. »

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

Article du 24 mars 2014

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s