Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’émission du 7 avril : Matisse, « le rouge qui depuis le bleu m’appelle »

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Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère. Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.
Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

Le bleu est la première couleur à laquelle on associe spontanément l’œuvre de Matisse. Contrairement à l’habitude qui nous fait ressentir le bleu comme une couleur froide et nostalgique, ce bleu frappe par sa vivacité, sa luminosité et sa chaleur.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe tableau, Nu bleu de 1952, est réalisé en papiers gouachés, découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile. Matisse dessine avec la couleur comme il sculpterait la silhouette d’une femme aux lignes courbes d’un trait continu, en découpant aux ciseaux dans des feuilles de papier teintées à l’avance, comme s’il peignait d’un seul geste pour associer la ligne et le bleu, le contour à la surface. Matisse dit d’ailleurs lui-même dans ses Écrits et propos sur l’art : « découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs » (1).

Dans cette œuvre, le bleu se suffit à lui-même et n’est pas opposé à une autre couleur, comme s’il n’avait pas de secret, pas de mystère. En fait, le secret de ce bleu est qu’il attire, il fait basculer, il contient du rouge, ou en tous cas, donne cette impression mouvante.

Dans le premier chapitre de Histoire de peintures, Daniel Arasse évoque La Danse de Matisse, grand tableau coloré avec des figures nues qui tournent dans une ronde dansante posées sur un fond de bleu intense et voilà comment il décrit le bleu, et l’émotion qu’il en a reçue :

OLYMPUS DIGITAL CAMERA« … ce qui m’a bouleversé, dans l’esquisse pour la Danse de Matisse, c’était le bleu, ce bleu-là. Cette tonalité de bleu inventée par Matisse m’a bouleversé au point que ça m’a fait monter les larmes aux yeux et que j’ai quitté la salle immédiatement et ne suis pas revenu, car on ne pleure pas en public devant un tableau, on le peut chez soi mais pas en public. C’est après, en réfléchissant sur cette qualité de bleu, que je me suis dit que dedans, il y a du rouge caché, et c’est ce rouge qui, depuis le bleu, m’appelle. C’est mon sentiment, peut-être Matisse n’a-t-il pas mis de rouge dans son bleu, en tous cas moi, j’en ai vu .(…) C’est le coloris qui me touche et qui m’appelle. » (2)

(1) Henri Matisse, Écrits et propos sur l’art, Paris, Hermann, 1972.

(2) Daniel Arasse, Histoire de peinture, p. 20.

 

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Auteur : elisabethlamour

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