Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Geneviève Asse (émission du 2 juin)

les barquesPour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère. Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.
Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère. Une petite mention pour l’émission Les barques bleues, du 19 mai, que je n’avais pas annoncée…

Pour terminer le cycle des peintre en bleu, ce lundi 2 juin  je parlerai d’une femme, une femme qui a écrit toute sa carrière d’artiste en nuances de bleu : il s’agit de Geneviève Asse.

Aujourd’hui âgée de plus de 90 ans et installée sur l’île aux Moines dans le golfe du Morbihan, elle continuer à peindre et à peindre encore, en bleu surtout, en bleu presque seulement, et depuis plus de quarante années.

Née à Vannes en 1923, on raconte que Geneviève, ambulancière en Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale, avait emporté, serrée dans son portefeuille, une petite reproduction du Vase bleu de Cézanne. Inspirée par Giotto et ces cieux tout en bleu, par Nicolas de Staël qu’elle a connu, par Matisse et Miro… son œuvre semble tinter en harmonie avec notre voyage en bleu, les peintres et les sentiments évoqués lors de notre promenade.

Cette artiste au regard balayé de mer et de nuages travaille jour après jour, dans le silence dans son atelier, avec peut-être l’écho lointain du bruit des vagues comme un rythme, une mesure du temps. Elle invente sans cesse ses nuances, choisissant soigneusement ses pinceaux et ses toiles, très exigeante sur la qualité des pigments.

L’horizon du bleu de Geneviève Asse, traité dans tous les formats de tableaux, se décline à l’infini. Il s’étale comme une marée inexorable : aller, retour, encore et encore ; et tout est question de matière, d’un geste précis et calme, d’une habitation, d’un frémissement, d’une ombre qui joue sur une surface ou d’une ombre qui passe dans son regard clair, secrète.

Discrètement, mais au beau milieu du bleu, se glisse parfois une ligne blanche ou rouge, comme une absence obsédante, une fêlure dans le vase qui me fait penser aux lisières de Nicolas de Staël.

Écoutons Geneviève Asse parler elle-même du bleu : « Il est venu me chercher, puis s’est graduellement répandu. D’abord, ce furent des bleus de toutes sortes, ensuite un bleu différencié qui m’appartient vraiment, je crois. Petit à petit, j’ai trouvé mon bleu. J’avais utilisé des bleus foncés et des bleus très clairs avant d’arriver à ce bleu personnel, qui mélange des gris et d’autres bleus… Ce sont des gammes que je marie avec joie. Je ne fais qu’un avec cette couleur… C’est un sentiment de profondeur et d’espérance réunies. Il est les deux. Et ce n’est pas seulement une couleur ou un sentiment. C’est un langage. »

Article du 2 juin 2014


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La Vierge de Kazan

Vierge de Kazan, 12x17cm, 2014

Vierge de Kazan, 12 x 17 cm, 2014

L’icône se rattache au type hodighitria. Elle est une des plus vénérées en Russie et date de 1572 (on parle même d’originaux plus anciens). Elle est également très prisée en Occident, mais n’entre pas dans le calendrier liturgique (fêtée dans l’église orthodoxe le 8 juillet – ou le 21 – et le 22 octobre – ou le 4 novembre – selon le calendrier en usage). Deux grandes cathédrales lui sont dédiées à Moscou et Saint-Pétersbourg.

Sur cette icône, le visage de Marie est incliné avec grâce. La ligne du cou est douce et évoque une grande tendresse. L’enfant est droit et regarde face à lui, face à son chemin ; il fait un signe de bénédiction avec sa main droite.

On voit seulement une main de l’enfant : un incendie aurait détruit le bas de l’icône originale.

Histoire de l’icône

Le territoire de Kazan est réuni à la Russie par Ivan IV le Terrible en 1552 et évangélisé.

Matrone, fillette de 9 ans, vivait à Kazan. En, 1579, elle voit en rêve, à plusieurs reprises, l’icône de la Mère de Dieu. Troublée, elle confie son secret à sa mère. Le 8 juillet, elles se mettent à creuser à l’endroit indiqué, bientôt rejointes par une foule de curieux. Après plusieurs essais, l’icône apparaît, resplendissant d’une lumière merveilleuse, sans aucune poussière, comme si elle venait tout juste d’être peinte. Tout le monde, chrétiens comme musulmans, s’émerveille du prodige.

L’icône provoque de nombreux miracles : guérison de deux aveugles…

Le tsar, informé, ordonne de construire une église dédiée à l’Annonciation et de bâtir un monastère de femmes à l’endroit où l’icône a été trouvée.

L’icône connaît ensuite toute une série d’aventures et de dommages, ainsi que des copies de grande qualité. Elle disparaît vers 1904, suite à des vols et commence tout un voyage en Occident. Le pape Jean-Paul II la remet à la Russie en 2004.

 

Détails dans  Le regard de Marie dans l’icône (voir à la rubrique  publications).