Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Geneviève Asse

les barquesGeneviève Asse écrit sa carrière d’artiste dans toutes les nuances de bleu. Âgée de plus de 90 ans et installée sur l’île aux Moines dans le golfe du Morbihan, elle peint en bleu surtout, en bleu presque seulement, et cela depuis plus de quarante années.

Née à Vannes en 1923, on raconte que Geneviève, ambulancière en Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale, avait emporté, serrée dans son portefeuille, une petite reproduction du Vase bleu de Cézanne. Son œuvre, inspirée par Giotto et ses cieux tout en bleu, par Nicolas de Staël qu’elle a connu, par Matisse et Miro… semble tinter en harmonie avec notre voyage en bleu, ses peintres et ses émotions.

Cette artiste au regard balayé de mer et de nuages travaille jour après jour, dans le silence de son atelier, avec peut-être l’écho lointain du bruit des vagues comme un rythme, une mesure du temps. Elle invente sans cesse ses nuances, choisissant soigneusement ses pinceaux et ses toiles, exigeante sur la qualité des pigments.

L’horizon du bleu de Geneviève Asse, traité dans tous les formats de tableaux, se décline à l’infini. Il s’étale comme une marée inexorable : aller, retour, encore et encore ; et tout est question de matière, d’un geste précis et calme, d’une habitation, d’un frémissement, d’une ombre qui joue sur une surface ou passe dans son regard clair.

Discrètement, mais au beau milieu du bleu, se glisse parfois une ligne blanche ou rouge, comme une absence obsédante, une fêlure qui me fait penser aux lisières de Nicolas de Staël.

Écoutons Geneviève Asse parler elle-même du bleu :
« Il est venu me chercher, puis s’est graduellement répandu. D’abord, ce furent des bleus de toutes sortes, ensuite un bleu différencié qui m’appartient vraiment, je crois. Petit à petit, j’ai trouvé mon bleu. J’avais utilisé des bleus foncés et des bleus très clairs avant d’arriver à ce bleu personnel, qui mélange des gris et d’autres bleus… Ce sont des gammes que je marie avec joie. Je ne fais qu’un avec cette couleur… C’est un sentiment de profondeur et d’espérance réunies. Il est les deux. Et ce n’est pas seulement une couleur ou un sentiment. C’est un langage. »

Cet article est tiré d’une émission diffusée le 2 juin 2014 sur RCF Isère dans le cadre de la série « Tout en nuances » qui a duré pendant six années. Elle est présentée ici. L’article a été mis à jour le 13 novembre 2020 et figure dans le livre Bleu, intensément, chapitre 113.

Article du 2 juin 2014

 


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La Vierge de Kazan

Vierge de Kazan, 12x17cm, 2014

Vierge de Kazan, 12 x 17 cm, 2014

L’icône se rattache au type hodighitria. Elle est une des plus vénérées en Russie et date de 1572 (on parle même d’originaux plus anciens). Elle est également très prisée en Occident, mais n’entre pas dans le calendrier liturgique (fêtée dans l’église orthodoxe le 8 juillet – ou le 21 – et le 22 octobre). Deux grandes cathédrales lui sont dédiées à Moscou et Saint-Pétersbourg.

Sur cette icône, le visage de Marie est incliné avec grâce. La ligne du cou est douce et évoque une grande tendresse. L’enfant est droit et regarde face à lui, face à son chemin ; il fait un signe de bénédiction avec sa main droite.

On voit seulement une main de l’enfant : un incendie aurait détruit le bas de l’icône originale.

Histoire de l’icône

Le territoire de Kazan est réuni à la Russie par Ivan IV le Terrible en 1552 et évangélisé.

Matrone, fillette de 9 ans, vivait à Kazan. En, 1579, elle voit en rêve, à plusieurs reprises, l’icône de la Mère de Dieu. Troublée, elle confie son secret à sa mère. Le 8 juillet, elles se mettent à creuser à l’endroit indiqué, bientôt rejointes par une foule de curieux. Après plusieurs essais, l’icône apparaît, resplendissant d’une lumière merveilleuse, sans aucune poussière, comme si elle venait tout juste d’être peinte. Tout le monde, chrétiens comme musulmans, s’émerveille du prodige.

L’icône provoque de nombreux miracles : guérison de deux aveugles…

Le tsar, informé, ordonne de construire une église dédiée à l’Annonciation et de bâtir un monastère de femmes à l’endroit où l’icône a été trouvée.

L’icône connaît ensuite toute une série d’aventures et de dommages, ainsi que des copies de grande qualité. Elle disparaît vers 1904, suite à des vols et commence tout un voyage en Occident. Le pape Jean-Paul II la remet à la Russie en 2004.

On prie devant cette icône spécialement pour lutter contre les maladie des yeux et en cas de guerre ou de troubles politiques. En outre, elle est souvent offerte aux jeunes mariés.

Détails dans  Le regard de Marie dans l’icône (voir à la rubrique  publications).

Article du 23 mai 2014