Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La garance

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Et voici la garance, dont le nom latin signifie « rouge des teinturiers ».
Photo prise au marché de l'Albenc en sept 2014 sur le stand de P. et D. Liévaux.

Photo prise au marché de l’Albenc en sept. 2014 sur le stand de P. et D. Liévaux

Cennino Cennini, ce peintre du XIVe siècle, décrit déjà la garance dans son Livre de l’art : « Des racines de la garance (rubia tinctorum), on extrayait un colorant rouge qui, traité avec de l’alun, donnait une excellente laque ».

Originaire de Perse, la garance était cultivée au Moyen Âge autant en France qu’en d’autres régions du bassin méditerranéen.

La garance est une herbe dont la longue racine contient plusieurs sortes de colorants allant du rouge au jaune. Elle est séchée et broyée au moulin afin d’obtenir une pâte ou une poudre colorante : la garancine.

La teinture de la laine par la garance est maîtrisée depuis fort longtemps. Après un mordançage à l’alun et parfois d’autres éléments comme la crème de tartre et l’étain, la laine est plongée dans un bain tiède contenant une bonne proportion de poudre de garance. On obtient un très beau rouge vif, résistant à la lumière et au lavage. Assez bon marché, cette teinture, permet de réaliser des vêtements rouges, bien vifs, à la portée de tous, même au Moyen Âge. On utilise alors spécialement la teinture à la garance pour réaliser des vêtements de fête et particulièrement les robes des mariées.

La teinture du coton avec la garance s’avère beaucoup plus difficile.

Pour la peinture, on utilise depuis l’Antiquité la laque de garance, que ce soit pour l’aquarelle, les miniatures et diverses décorations. La laque de garance est obtenue par un mélange de plusieurs colorants extraits de la racine de garance et fixés sur une matière insoluble comme l’alumine. Elle possède un bon pouvoir colorant, une stabilité, une belle transparence mais elle est sensible au milieu alcalin et impropre à la réalisation de fresque.

Outre ses propriétés tinctoriales, la garance, comme beaucoup d’autres colorants, posséderait des vertus médicinales connues depuis l’Antiquité.

Par extension, la racine de garance a donné son nom à une tonalité, celle des pantalons d’uniforme de l’infanterie français jusqu’au début de la Première Guerre mondiale. Là, la beauté et la vivacité de la couleur s’est révélée une catastrophe, donnant aux soldats une visibilité dramatiquement inadaptée dans les combats…

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 8 décembre 2014

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “La garance

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