Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’émission du 15 décembre : le minium

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Après trois années passées avec les pigments bleus, découvrons dans l’émission Tout en nuances (chaque lundi sur RCF Isère – 103.7 – à 8 h 35 et juste après 11 h) une couleur très différente : le rouge. Chaque semaine, nous effeuillerons une nuance, un caractéristique, une émotion liée à la couleur rouge.
La fiole de minium

La fiole de minium

Le minium se classe parmi les pigments artificiels les plus anciens. Il est rouge-orangé et obtenu de diverses façons à partir de la céruse, c’est-à-dire du blanc de plomb. Un texte chinois indique que l’on fabriquait déjà au Ve siècle avant J.-C., un pigment rouge à base de métal, très prisé par les artistes.

Les auteurs de l’Antiquité, Pline l’Ancien et Vitruve, racontent la découverte fortuite de ce pigment, lors de l’incendie d’une villa du Pirée. On aurait trouvé dans les décombres un vase contenant de la céruse, base de maquillage très à la mode dans l’Antiquité : sous l’effet de la chaleur, le produit se serait transformé en une belle poudre rouge orangée.

Les confusions entre cinabre, minium et vermillon sont fréquentes, parfois volontaires : on peut retenir que la dénomination de minium se rapporte, surtout au Moyen Âge, à la calcination de la céruse. Pour cette raison, au cours du temps, le minium noircit, tout comme la céruse. Ainsi en témoignent les peintures murales du XIIe siècle de l’Abbaye de Saint-Savin : les rouge orangé sont devenus noirs.

Le pigment de minium est utilisé dans les fresques hindoues, les portraits du Fayoum, la peinture occidentale, l’enluminure et la fresque jusqu’au XVIIe siècle, puis il décline peu à peu, trop toxique. Il reprend de la notoriété au XIXe siècle, avec la mise en évidence de son pouvoir antirouille. Ainsi, la Tour Eiffel reçut une première couche de protection au minium de fer.

Il est aujourd’hui interdit en raison de sa grande toxicité, que ce soit lors de la fabrication, ou longtemps après son application.

Mais certains enlumineurs l’utilisent encore. Un de mes amis très chers, enlumineur, fabrique lui-même ses pigments en utilisant des recettes ancestrales. Il est souvent fier de me montrer le résultat et de m’offrir quelques échantillons. Malheureusement, au fil de mes lectures, je me rends compte que ses généreux cadeaux… sont un peu empoisonnés ! J’ai du me débarrasser il y a quelques mois d’une fiole qui contenait… du réalgar… quand j’ai compris qu’il s’agissait de sulfure d’arsenic… et après cette courte étude sur le minium, je crois que je vais faire de même avec une jolie fiole orangée que je gardais précieusement sur mon étagère à pigments !

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Auteur : elisabethlamour

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