Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’icône de la Trinité, un commentaire d’Eugène Troubetskoï

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313608_164187443670232_100002369312692_331637_538167999_nEn préparant le prochain stage au cours duquel nous travaillerons sur l’icône de la Trinité, j’ai retrouvé quelques notes, gribouillées à la hâte sur un morceau de papier, il y a très longtemps. Il s’agit cette fois encore de lignes écrites par Eugène Troubetskoï, en 1915. Eugène Troubetskoï (1863-1920), prince, philosophe et esthète russe, a sa place dans le courant de la philosophie russe du début du XXe siècle auprès de Soloviev, Florensky ou Boulgakov. Quant à l’icône de la Trinité, le modèle que nous avons tous en tête est celui d’Andréi Roublev, moine et peintre d’icônes du XIVe siècle. Inspirée par la tradition de l’hospitalité d’Abraham, cette icône a été admise comme « le » modèle de référence, par un concile de l’église orthodoxe réuni en 1551 pour établir les « canons iconographiques ».

Voilà ce qu’en dit Eugène Troubetstoï. Ces réflexions sur la combinaison de douleur et de joie, de sérénité dans la tourmente, de couleurs dans la grisaille… me semblent tellement d’actualité et me vont droit au cœur. « À présent seulement, nous avons pu admirer ces couleurs des siècles passés, et le mythe de « l’icône ténébreuse » est définitivement dissipé (…). Notre ignorance des couleurs de l’art iconographique ancien est allée de pair, jusqu’à aujourd’hui, avec l’incompréhension la plus totale de l’esprit qui l’animait. Sa tendance dominante était caractérisée de façon mesquine, par l’expression indéfinie d’ « ascétisme » et en tant qu’elle était « ascétique », on la rejetait comme une vieillerie qui avait fait son temps. En outre, ce qu’il y a de plus important et de plus essentiel dans l’icône restait incompréhensible : la joie incomparable qu’elle annonce au monde (…). Puisqu’il n’est pas possible de répudier le côté ascétique qui lui est inhérent, nous nous trouvons en présence d’une des plus intéressantes énigmes qui puissent se poser (…). Comment concilier l’ascétisme avec ces couleurs extraordinairement vives ? En quoi consiste le secret de cette combinaison de douleur sublime et de joie très pure ? ».

Cliquer ici pour voir cet autre article d’Eugène Troubetskoï.

Article du 13 janvier 2015

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Auteur : elisabethlamour

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