Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’émission du 2 février : les teinturiers en rouge

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photo Emmanuelle Régent... prise ce 1er février avec un flocon de neige en signature (regarder la photo de près !)

Photo Emmanuelle Régent… prise ce 1er février avec un flocon de neige en signature (regarder la photo de près !)

Après trois années passées avec les pigments bleus, découvrons dans l’émission Tout en nuances (chaque lundi sur RCF Isère – 103.7 – à 8 h 35 et juste après 11 h) une couleur très différente : le rouge. Chaque semaine, nous effeuillerons une nuance, un caractéristique, une émotion liée à la couleur rouge. La semaine dernière, nous avons parlé d’une couleur un peu oubliée, le sang dragon. Cette semaine, il sera question des teinturiers en rouge, à partir du délicieux petit roman d’Olivier Bleys intitulé Pastel que nous avions évoqué plusieurs fois lors des émissions sur le bleu.

L’histoire se passe vers 1440 dans la région d’Albi.

L’atelier de maître Lucas Terrefort produit des teintures d’une seule couleur, le rouge, selon l’usage de l’époque. Son fils, Simon, naît avec le visage tout marqué d’une large tache de vin de couleur rouge ; l’homme de médecine passant par là soutient que, quelque chose des pigments employés en teinturerie, serait passé dans le sang de Simon. Après s’être demandé si sa femme n’avait pas pensé à un rouge-gorge pendant la grossesse, le teinturier déclare avec fierté devant le visage « rouge vermillon nuancé de mauve » de l’enfant, « qu’aucun de ses bains de garance ou de cochenille, si honorés auprès des drapiers, n’avait jamais produit de sang aussi vif ». (p. 10)

Simon, de toute évidence, doit suivre la tradition familiale et se spécialiser dans toutes les nuances de l’écarlate. Il devient compagnon dans l’atelier de teinture de son père qui lui explique : « Le rouge, mon enfant. Sens-tu comme il brûle ? Son trait est pareil à la langue des dragons ! Le bleu porte une haleine froide qui soutient l’esprit, au lieu que le rouge porte une haleine chaude qui allume le corps. C’est pourquoi l’encre bleue sert aux écritures, et le vin rouge attise nos entrailles ! (…) Sache-le, il n’est de couleur honnête que le rouge ! » (p. 14)

Pourtant, suite à une révélation, Simon abandonne chemin tracé et les cuves rouges de son père pour se lancer dans la teinture des étoffes au bleu de pastel. C’est sans compter sur les rivalités d’une grande violence qui vont naître de cette trahison, entre les teinturiers de bleus et les teinturiers de rouge. Les insultes pleuvent, teintée de bleu ou de rouge, et les menaces conduisent au meurtre.

Heureusement, à la fin de l’histoire, Clément, le fils de Simon, prend sa succession. Bien qu’aveugle, il se lance dans la teinture du bleu et du rouge, couleurs enfin réconciliées et termine par cette belle déclaration : « Pleuve grêle, souffle tempête, frappe foudre sur ma tête creuse ! Tant que je ferai la couleur, je serai homme debout en ce monde ! » (p. 394)

(1) BLEYS Olivier, Pastel, Paris, Gallimard, 2000.

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Auteur : elisabethlamour

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