Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La Vierge du Signe

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Vierge du signe. Début XIIIème siècle. Yaroslav Galerie Tretiakov. Moscou.

Vierge du signe, début XIIIe siècle, Yaroslav, Galerie Tretiakov, Moscou

La Mère de Dieu prie, les mains levées pour la prière dans l’attitude antique de l’Orante, accueillant le désir de Dieu sur elle. Son geste reprend en réalité le geste de Marie adressé à l’ange lors de l’Annonciation et cette composition tricote le thème de l’intercession avec celui de la conception. Deux célèbres icônes de l’Annonciation datant de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle conjuguent clairement ces deux événements : l’une est conservée au mont Sinaï, l’autre à la galerie Trétiakov à Moscou. Jésus y apparaît par anticipation dans le sein de Marie, afin de figurer le début de l’Incarnation, l’instant où Marie accepte son rôle de Mère de Dieu après l’annonce de l’ange.

Dans les fresques des catacombes, Marie est souvent représentée dans cette attitude qui met l’accent sur son rôle central d’intercession, sa prière pour les hommes ; elle est alors fréquemment en pied, de face, tout comme l’Enfant. Ce motif s’inspire du modèle antique de la déesse de la Victoire (Nike) ; les plus anciennes icônes de ce type sont proches des modèles triomphaux romains. Dans l’iconographie byzantine, ce sujet sera surtout développé à partir du IXe siècle.

Marie ne touche pas le Christ, mais celui-ci apparaît en médaillon, dans son sein, entouré d’une sorte d’auréole, de halo de lumière ou de mandorle, généralement dans un dégradé de tonalités bleues et symbolisant la gloire divine, la lumière, le Ciel. Elle montre, en quelque sorte « en transparence », l’Enfant à venir. Cette icône porte également le nom de Nicopéïa (la Victorieuse) ou Blachernitissa. Ce dernier nom provient du fait qu’une icône de ce type était exposée dans l’église principale du palais impérial, dédiée à la Vierge dans le quartier des Blachernes à Constantinople.

Icône Vierge du Signe 13x17cm, 2015

Icône Vierge du Signe, 13 x 17 cm, 2015

Ce motif iconographique, plus tardif, fait écho à l’annonce du prophète Isaïe : « Le Seigneur donnera lui-même un signe : voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Isaïe 7, 14). On retrouve ce thème du signe dans la prophétie de Syméon : « Il est là pour la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe contesté » (Luc 2, 34).

Le Christ est un signe, ne s’impose pas et ne peut être accueilli que dans la foi. Chez les Grecs, on appelle parfois cette icône Platytera, c’est-à-dire « plus vaste que les cieux, espace de ce qui n’est pas dans l’espace », puisque Marie a contenu en son sein le monde entier, Celui que même les cieux ne peuvent contenir. Dans la liturgie de saint Basile, le prêtre adresse une prière à Marie également chantée par le chœur : « c’est en toi que Dieu a pris chair et se fit petit enfant, Lui, notre Dieu éternel. De ton sein, il fit son trône et rendit ton corps plus vaste que les cieux ».

Extrait de Le Regard de Marie dans l’icône, p. 39 à 41, disponible sur simple demande : 16 € (envoyé avec 4 cartes postales, pas de frais de port).

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Auteur : elisabethlamour

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