Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La sanguine (émission du 23 mars)

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sanguineAprès trois années passées avec les pigments bleus, découvrons dans l’émission Tout en nuances (chaque lundi sur RCF Isère – 103.7 – à 8 h 35 et juste après 11 h) une couleur très différente : le rouge. Chaque semaine, nous effeuillerons une nuance, un caractéristique, une émotion liée à la couleur rouge. L’émission du 23 mars sera consacrée à la sanguine, une variété terreuse d’hématite rouge, riche en oxydes de fer. Elle se décline dans des nuances allant du brun au pourpre, de l’orangé, à l’ocre.

On trouve des craies, des crayons, des pastels de couleur sanguine. Par extension, une œuvre exécutée à la sanguine porte le nom de… sanguine. Les traces de son utilisation remontent à la Renaissance et son apogée se situe au XVIIIe siècle, puis la technique connaît un net déclin.

Notre désormais familier Cennino Cennini, peintre du XIVsiècle, décrit ainsi la sanguine dans son Livre de l’art (p. 99: « Cette couleur est naturelle et c’est une pierre très solide et dure. (…) La pierre pure est d’un violet intense et a une veine comme celle du cinabre. (…) plus tu la broies, plus la couleur s’améliore et devient parfaite. Cette couleur est bonne sur mur, à fresque ; et elle donne un ton cardinal ou violet ou de laque. »

Parmi les peintres adeptes de la sanguine, citons Poussin, Watteau, Fragonard, David ou Ingres.

La sanguine trouve son utilisation naturelle dans la production de croquis, de modèles vivants et de scènes rustiques. Je pense à un tableau représentant une charrette que mon père avait acheté à la fin sa vie. Il aimait particulièrement l’ambiance rendue par cette scène monochrome, très simple, à la fois précise et entourée d’une légère brume, une sorte de poussière rouge…

Léonard de Vinci utilise la sanguine dans son auto-portrait et ses études anatomiques. Elle est idéale pour le rendu des modelés et des volumes.

La sanguine, sous forme de craie, s’étale facilement et a une utilisation similaire à celle du fusain ou du pastel : elle nécessite d’être fixée à la fin de l’exécution de l’œuvre.

Comme pour le pastel, le ton du papier est primordial pour l’exécution d’une sanguine. Ainsi, une technique picturale  de la Renaissance, la technique des trois crayons, consiste à représenter un modèle vivant à l’aide d’une craie sanguine, d’une pierre noire et d’une craie blanche sur un papier teinté. On retrouve l’association des trois couleurs, dans des tonalités très harmoniques. Leur combinaison permet de rendre toutes les nuances carnées du modèle vivant avec chaleur et réalisme.

Mais au fait, quand on dit sanguine, on ne pense pas forcément à un crayon d’artiste, on pense aussi à ces oranges à si belle tonalité rouge, à la saveur acidulée…

Article du 23 mars 2015

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Auteur : elisabethlamour

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