Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’émission du 4 mai : le rouge du feu dans les icônes russes

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ascension du prophète Elie, fin 16° siècle

Ascension du prophète Élie, fin XVIe siècle

Après trois années passées avec les pigments bleus, découvrons dans l’émission Tout en nuances (chaque lundi sur RCF isère – 103.7 – à 8 h 35 et juste après 11 h) une couleur très différente : le rouge. Chaque semaine, nous effeuillerons une nuance, une caractéristique, une émotion liée à la couleur rouge. Pendant quelques semaines, nous parlerons de la place de la couleur rouge dans l’art russe qui tire une grande partie de son inspiration de l’icône. En feuilletant le catalogue sur l’exposition intitulée « rouge » et présentée en 1997 au musée russe de Saint-Pétersbourg, on entre tout de suite dans le rouge-vif du sujet ! Toute une série d’icônes aux fonds rouges, ou bien des drapés, des capes, des tuniques rouges, gonflées de souffle et d’enthousiasme virevoltant.

Ces vermillons-là étaient déjà connus au troisième millénaire avant J.-C., par les tribus de la culture du Maikop, qui vivaient au sud de la Russie.

Le rouge a été très tôt utilisé dans l’art russe en général et dans les icônes en particulier. Parfois, il est utilisé pour sa valeur symbolique ; parfois, il relève juste d’un choix artistique. La gamme de couleurs des peintures d’icônes est déterminée par son grand spectre de teintes variées depuis des rouges profonds jusqu’à des tons clairs, doux ou presque rose, chacun correspondant à des gammes de significations.

détail sainte Lucie

Détail sainte Lucie

Le rouge est avant tout la couleur du feu même dans les époques pré-chrétiennes. Les icônes qui illustrent le thème du feu sont rougeoyantes, incandescentes, jouant à l’infini sur les nuances et les variations de tonalité.

La plus ancienne manifestation du feu dans l’histoire biblique est le Buisson ardent, brûlant mais pas consumé par les flammes, qui apparaît à Moïse comme une manifestation de Dieu. Le Buisson ardent, plus tard, devient un des symboles de la Mère de Dieu.

Dans une des icônes les plus « rouge »,  on voit Élie emporté vers les cieux sur son char de feu tiré par un attelage de chevaux écarlates, dont un ange, rouge lui aussi, tient parfois les rênes. Le rouge représente alors, l’intensité extraordinaire du moment, la ferveur et la fierté.

189 Séraphin 9,5x11,5 - copieOn représente aussi le trône divin, entouré de Séraphins à six ailes rouges. On dit que cet ange immatériel est le plus près du feu divin selon la hiérarchie céleste établie par Denys l’aréopagite au VIe ou VIIe siècle. Aussi, brûle-t-il !

Plus tard, le feu apparaît à la Pentecôte, l’Esprit Saint descendu sur les apôtres sous forme de langues de feu. Mais là, le symbole est plus discret !

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Auteur : elisabethlamour

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