Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

« Le Tourbillon rouge » de Maliavine (émission du 8 juin)

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Le tourbillon de Maliavine (détail) 223x410cm, Galerie Trétiakov, Moscou

Tourbillon de Maliavine, (détail) 223 x 410 cm, 1906, Galerie Trétiakov, Moscou

Après trois années passées avec les pigments bleus, découvrons dans l’émission Tout en nuances (chaque lundi sur RCF Isère – 103.7 – à 8 h 35 et juste après 11 h) une couleur très différente : le rouge. Chaque semaine, nous effeuillons une nuance, une caractéristique, une émotion liée à la couleur rouge.

Nous l’avons dit, l’art russe est tout imprégné par l’art populaire, sa force, sa verve, son exubérance. Le peintre Philippe Maliavine en est une des plus parlantes illustrations, avec son œuvre inspirée à la fois par les icônes et par l’art populaire et c’est le sujet de l’émission du 8 juin.

Né en 1869, il s’initie d’abord, comme de nombreux peintres russes, à la peinture d’icônes. Il passe une partie de sa jeunesse au Mont Athos en tant que novice, étudiant les œuvres des maîtres et peignant lui-même. Il s’éloigne peu à peu de cette tradition pour travailler à une série intitulée Floraison de femmes russes, dans un style qui rejoint l’Art nouveau. Dans la plupart de ses tableaux, Maliavine représente des paysannes russes. Il traite la couleur de façon très expressive, la posant en tons purs par touches rapides et empâtées à dominante rouge.

Son célèbre Tourbillon représente des jeunes paysannes tourbillonnant dans une danse joyeuse et suggérant un univers féerique, éblouissant de vivacité. L’entrée dans ces tableaux crée une sorte d’attirance magnétique, un sentiment d’urgence, une plongée dans l’âme russe, dans le rouge de l’âme, dans la passion qui explose au milieu des fêtes. Les sentiments semblent exacerbés : on entend des cris, des rires, des invectives et des pleurs, illuminer les lumières de la nuit.

Le tourbillon de Maliavine (autre détail) 223x410cm, Galerie Trétiakov, Moscou

Tourbillon de Maliavine (autre détail), 223 x 410 cm, 1906, Galerie Trétiakov, Moscou

Le rouge prévaut dans l’art populaire symbolisant la fête, l’hospitalité, la ferveur : la gamme des tons est large, somptueuse et généreuse. On dit du rouge qu’il donne l’impression de s’étendre, de rejoindre le spectateur. Placée à côté de quelques touches de vert bien nettes, comme le fait Maliavine, l’effet est encore plus envahissant, presque obsédant.

Les jeunes filles qui dansent semblent enfiévrées. Les visages sont traités d’une façon assez différente des robes, comme maquillés : on ne sait pas si c’est un peu de froid vif qui pique encore, ou la belle et courte saison qui s’annonce, la nature prête à exploser, la joie et les occasions de réjouissance dont il faut profiter.

En regardant virevolter ces petites paysannes, on pense à ces mots de Tolstoï dans Les Cosaques : « Oustienka était une jolie fillette, petite, grassouillette, vermeille avec de petits yeux bleus, joyeux, un perpétuel sourire sur ses lèvres rouges, perpétuellement en train de rire et de bavarder. »

 

 

 

Article du 8 juin 2015

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Auteur : elisabethlamour

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Une réflexion sur “« Le Tourbillon rouge » de Maliavine (émission du 8 juin)

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