Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Kandinsky, du rouge carmin à la voix virtuose

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pigment carmin naccarat, rouge cochenille authentique (K42100)

Pigment carmin naccarat, rouge cochenille authentique (K42100)

L’année dernière, nous nous étions penchés sur les réflexions de Kandinsky à propos des rouges « chauds » dans son ouvrage publié en 1911 : Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier. Continuons avec les rouges froids et en particulier le carmin, cette couleur aux nuances infinies, obtenue à partir d’insectes parasites : le kermès et la cochenille (cliquer ici pour les émissions de l’an dernier sur la couleur carmin).

Écoutons le maître : « Comme chaque couleur fondamentalement froide, le rouge froid (comme le carmin) peut être approfondi (en particulier par ombrage). Son caractère s’en trouve sensiblement modifié : l’impression d’incandescence profonde croît, mais l’élément actif disparaît peu à peu totalement ». Pour Kandinsky, un rouge comme le carmin, une fois ombragé, ressemblerait – voici ses mots – à « une nouvelle incandescence, énergique, comme quelque chose qui ne se serait pas retirée, mais mise à l’affût et cachant en soi la possibilité de bondir furieusement ». Il parle aussi de pressentiment, d’attente, et qualifie à plusieurs reprises cette couleur de « corporelle », à la différence du bleu, qui serait une couleur plus spirituelle.

On pense alors à l’adjectif colorature qui qualifie une voix virtuose, particulièrement souple et étendue, apte à réaliser des vocalises complexes dans un répertoire richement orné. Le terme, issu du latin coloratus signifie – nous l’avons déjà évoqué – « coloré », qualificatif assimilé depuis bien longtemps à la couleur rouge.

N’est-ce pas là une sorte d’expression sonore de la tonalité rouge, telle que la décrit Kandinsky qui continue ainsi : un rouge comme le carmin « rappelle l’ampleur des sons moyens et graves du violoncelle porteurs d’un élément passionnel. Le rouge froid lorsqu’il est clair, gagne encore en caractère corporel, mais en corporel pur, sonnant comme une joie jeune et pure, comme une silhouette de jeune fille fraîche et pure. Cette image peut à merveille être exprimée par les sons élevés, clairs et chantants du violon ».

Et vous, entendez-vous chanter la couleur rouge, la fière, l’incandescente, la joyeuse qui bondit, s’élève vers les aigus, et nous entraîne dans son chant et dans sa danse ?

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 12 octobre 2015

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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