Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Malevitch et le carré rouge (l’émission du 26 octobre)

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Malévitch, carré rouge sur fond blanc

Malévitch, Carré rouge sur fond blanc

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 environ). Après trois années passées avec le bleu, à décliner toutes les nuances et les résonances de la couleur, nous nous sommes attardés, sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Lors de l’émission du 26 octobre, nous évoquerons Kasimir Malevitch, un des premiers peintres abstraits en Russie dans les années bouleversées du début du XXe siècle. Il expérimente toute une série d’œuvres géométriques et très simples, comme le fameux Carré rouge sur fond blanc.

Cette peinture date de 1915, c’est-à-dire qu’elle se place dans un contexte social en pleine ébullition, entre le début de la Première Guerre mondiale, les insurrections populaires, la contestation d’un régime qui semblait stable. L’œuvre, anodine en apparence, traduit tout cela.

À première vue, un carré rouge semble surgir d’un fond blanc. Mais rien n’est si simple. Le carré n’est pas vraiment un carré et les angles semblent fuir, donnant à la figure prétendue calme et symétrique, une certaine agressivité, une instabilité, l’impatience d’un mouvement brutal.

Quant à la surface rouge, elle n’est pas non plus uniforme et paisible : c’est une étendue de matière vibrante, instable, imprévisible. D’ailleurs ce carré est-il rouge ou est-il beau ? Rappelons-nous la proximité entre la notion de beau et de rouge par le mot russe krasni.

Et voilà comment une peinture anodine en apparence traduit tout un état d’âme, celui d’un homme et aussi celui d’une société. Le rouge concentre dans ce tableau les connotations déjà évoquées, la fois un manifeste politique annonciateur des bouleversements et la densité, l’intensité, l’âme d’un peuple.

Malevitch utilise le rouge avec toujours la même force déroutante, à la fois marquée de puissance et de sang. Une de ses premières œuvres –elle date de 1906 – influencée par Monet, s’appelait Toit rouge. Son Autoportrait vers 1910 montre en arrière-plan des corps rouges, mouvants, un peu inquiétants. Vers 1930, c’est La Charge de la cavalerie rouge, un tableau ambigu aux nombreuses lectures possibles, qui intervient juste avant sa disgrâce. En 1932, son tableau Maison rouge, une maison aux murs aveugles, correspond aux années de désillusion, d’emprisonnement et de torture. Dans son dernier Autoportrait, en 1933, Malevitch retrouve le style de la renaissance florentine et le rouge n’est plus à l’arrière plan mais la couleur principale de son vêtement.

Vraiment, on pourrait consacrer un livre entier à l’utilisation du rouge chez Kasimir Malevitch !

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Auteur : elisabethlamour

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