Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le cheval rouge de Zacharie et de l’Apocalypse

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La charge de la cavalerie rouge, Kasimir Malevich (détail) 1930

La Charge de la cavalerie rouge, Kasimir Malevich (détail), 1930

Nous avons évoqué les semaines précédentes, un tableau de Malevitch intitulé La Charge de la cavalerie rouge ainsi que toute une série de cavaliers chevauchant des montures rouges, bondissantes, dans l’œuvre de Vodkine. Ces images très fortes pourraient bien prendre racine dans les visions de Zacharie et dans la description de l’Apocalypse.

Écoutons le prophète Zacharie : « J’ai eu cette nuit une vision : c’était un homme monté sur un cheval roux ; il se tenait parmi les myrtes, dans la profondeur, et derrière lui il y avait des chevaux roux, alezans et blancs » (Za 1, 8).

Puis plus loin : « Je levai de nouveau les yeux et j’eus une vision (…). Le premier char était attelé de chevaux roux ; le second de chevaux noirs, le troisième de chevaux blancs et le quatrième de chevaux tachetés rouges. Je (…) demandai à l’ange qui me parlait : « Que représentent-ils, mon Seigneur ? » L’ange me répondit : « Ce sont là les quatre vents du ciel qui s’avancent (…) ». L’attelage aux chevaux noirs s’avance vers le pays du nord. Les blancs s’avancent à leur suite, tandis que les tachetés s’avancent vers le pays du midi. Les rouges s’avancent, impatients d’aller parcourir la terre » (Za 6, 1-7).

Et maintenant, abordons le passage de l’Apocalypse qui reprend cette image des quatre chevaux : le premier est blanc, le deuxième rouge, le troisième noir, et le quatrième est qualifié de « blême ». Voilà la description du cheval rouge : « Alors surgit un autre cheval, rouge-feu. À celui qui le montait fut donné le pouvoir de ravir la paix de la terre pour qu’on s’entretue, et il lui fut donné une grande épée » (Ap 6, 4).

Puisque notre propos est celui des couleurs, je vous propose tout simplement de constater que les deux textes font allusion à quatre chevaux, qui sont aussi les premières couleurs utilisées dans la peinture. La quatrième couleur, dite « blême » est la plus difficile à déterminer. Le texte grec dit khlōros traduit, selon les sources, par pâle, verdâtre, voire cendré. Et nous voilà avec les couleurs de prédilection des œuvres les plus anciennes : le blanc, le noir, le rouge ou l’ocre rouge, la terre verte, autrement dit, la base de la palette des hommes préhistoriques, des peintres médiévaux, comme celle des fresquistes et des iconographes ! Et comme d’habitude, le rouge est relié aux terribles images du sang versé, de la violence et de la guerre.

On peut compléter par la lecture de l’article saint Michel, archistratège

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 9 novembre 2015

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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