Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le rouge de cadmium (émission du 23 novembre)

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mes pigments rouge de cadmium n° 1, 2, 3 et 4 (Kremer)

Mes pigments rouge de cadmium n° 1, 2, 3 et 4 (Kremer)

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10) . Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Nous avons parlé du rouge de falun la semaine dernière, continuons avec les pigments. Le XIXe siècle est l’époque de l’élaboration d’un certain type de pigments synthétiques qui ont changé le cours de l’histoire de la peinture. La découverte de la gamme des cadmiums, du jaune citron au rouge bordeaux, date de 1816 ; la commercialisation commence en 1830 avec le jaune. Les brevets concernant les tonalités rouges sont plus tardifs et datent de la fin du XIXe, voire du début du XXe siècle.

Les jaunes et orangés sont des sulfures de cadmium, et, pour faire simple, les rouges sont des sulfoséléniures. Le remplacement du soufre par le sélénium provoque le déplacement de la couleur : plus le pourcentage de sélénium est élevé, et plus la couleur tend vers le rouge…

Au milieu des années 1920, afin de diminuer le coût des pigments cadmiums, certains producteurs américains ont l’idée de leur ajouter du sulfate de baryum. Ce procédé rend la couleur plus économique et en même temps plus couvrante et opacifiante.

Les pigments de cadmium font d’abord l’objet de spéculations avec leurs couleurs d’une grande vivacité, leur excellente tenue aux températures élevées, leur compatibilité avec les autres pigments et, pour le rouge, leur solidité à la lumière et aux intempéries. On dit que Monet en Van Gogh en sont de grands utilisateurs.

Cependant, cette gamme de couleurs comporte des défauts majeurs : certains mélanges ne sont pas stables, et surtout la couleur est toxique particulièrement lorsqu’elle est utilisée à l’échelle industrielle – par exemple pour la coloration des matières plastiques – ou encore pire lorsqu’elle brûle. Pas si facile d’être à la fois peintre et écolo avec le rouge !

Quant à la palette de l’artiste, on peut recommander de limiter l’usage du rouge de cadmium. La couleur reste précieuse à l’état pur pour réaliser des détails éclatants, des inscriptions ou des décors. Pour le reste, il vaut mieux opter pour les substituts, se méfier des mélanges hasardeux, bien refermer ses fioles de pigments après usage… et éviter de mettre son pinceau à la bouche pour en affiner la pointe !

Article du 23 novembre 2015

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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