Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les pigments rouges organiques

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rouge hélios

Pigment rouge hélios

Nous avons parlé la semaine dernière de l’apparition des rouges de cadmium au XIXe siècle. Le début du XXe est marqué par la commercialisation de pigments organiques qui voient le jour dans les catalogues de marques comme Sennelier, Talens, etc. Je cite ces marques parce qu’elles sont historiques et ont joué un rôle dans l’évolution de la technique en peinture… Ces pigments organiques produisent ce qu’on appelle des « couleurs fines », à la fois vives et transparentes. On trouve dans cette catégorie plusieurs rouges que vous utilisez peut-être dans vos palettes. Je m’attarderai sur quelques-uns seulement, car la liste est longue, et beaucoup d’entre eux ont été délaissés au fil du temps, en raison de leur faiblesse majeure : une piètre résistance à la lumière.

Le rouge Lithol apparaît le premier sous forme de sels de baryum ou de sel de calcium. Comme son nom le suggère, cette couleur est utilisée dans l’imprimerie et la lithographie, surtout outre-Atlantique. En fonction de la composition chimique, il donne des rouges qui tendent plus ou moins vers le bleu. Le rouge para chloré donne des dégradés de belle vivacité et convient pour la fabrication de gouaches, de crayons de couleur et en typographie. Les rouges pour laques C et le Clarion red sont réputés pour leur vivacité. On pourrait encore citer les divers pigments azoïques rouges, les pigments BONA, les rouges naphtols, etc.

Je vais retenir seulement le rouge de toluidine, plus connu sous le nom de rouge hélios ou rouge hélio. Breveté en 1905, il est le pigment organique le plus commercialisé au début du XXe siècle, et le plus connu par les artistes. Il résiste bien mieux à la lumière que ses prédécesseurs et la couleur se nuance en fonction de la taille des particules : aux plus grosses, correspondent des rouges qui tendent vers le bleu. Ce nom de Hélios, personnage de la mythologie grecque assimilé au soleil, renvoie à sa particulière luminosité : voilà un rouge qui éblouit ! On l’utilise encore aujourd’hui dans la composition de certaines gouaches et à l’état de pigment pour la peinture à l’œuf. Il permet d’obtenir de beaux glacis et nuance très bien les bruns. Mais attention, comme le soleil, ces beaux rouges profonds peuvent se voiler avec le temps !

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 30 novembre 2015

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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