Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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La lutte de Jacob avec l’ange

La lutte de Jacob avec l'ange, 24,4x32cm, 2016

La lutte de Jacob avec l’ange, 24,4x32cm, 2016

Le livre de la Genèse (32, 23-33) raconte la lutte entre le patriarche Jacob et un être mystérieux. Selon le prophète Osée, il s’agit d’un ange de Dieu, ou de Dieu lui même.

Jacob qui « regorge de biens » (Gn 30, 43) a entendu le Seigneur lui dire « retourne au pays de tes pères et de ta famille : je serai avec toi » (Gn 31, 3). Alors Jacob part avec toute sa famille (Gn 32, 23). Ils passent le torrent, le gué du Yabboq et Jacob reste seul, quand un homme « se roule avec lui dans la poussière » et lutte avec lui jusqu’au « lever de l’aurore ». À la fin, l’ange heurte Jacob à la hanche et le laisse boiteux. Mais Jacob peut dire : « J’ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauve » (Gn 32, 31). C’est la nuit d’un combat décisif, une épreuve dont la Bible regorge.

Jacob a accompli et obtenu beaucoup de choses dans sa vie, une famille, des richesses et des droits… Ce combat se situe après la traversée d’un torrent qui porte presque son nom, dans une certaine peur de la rencontre prochaine avec son frère Esau, tout son contraire. Jacob se sent sûr de lui, mais intérieurement, il est bancal. Il ressortira du combat blessé dans son corps, mais intérieurement accompli.

Et c’est ça l’histoire de Jacob : des moments de nuit ou de combat, alors que l’on pense « maîtriser » quelque chose, une lutte avec un adversaire qui n’en n’est pas un, puisque, au contraire, on en ressort « au petit matin » boiteux en apparence, mais vraiment là, prêt à reprendre la route.

« Rencontrer l’ « autre » en chacun de nous afin de rencontrer l’autre en ami à l’extérieur de nous, retourner nos propres haines afin de retourner sa haine, est le seul chemin que nous puissions prendre, la seule voie pour que les plaies du monde (…) s’arrêtent » (2)

J’ai utilisé pour le fond de l’icône du bleu turquoise véritable, pour le vêtement de Jacob, un bleu turquoise cobalt, pour l’ange un cobalt mat et enfin du lapis lazuli d’Afghanistan pour l’eau.

A ce propos, on peut lire :

(1) KAUFFMAN Jean-Paul, La lutte avec l’ange, Gallimard 2002 à partir du tableau de Delacroix à l’église Saint-Sulpice de Paris
(2) DE SOUZENELLE Annick , Le symbolisme du corps humain, Espaces libres Albin Michel, 1984, p. 180


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Chaussures rouges et mules du pape (émissions des 25 janvier et 1er février)

chaussures rouges 1Nous voilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, on trouve des vêtements colorés ou teints en rouge. La signification de la couleur évolue au cours du temps, de la pourpre impériale aux vêtements des guerriers. La couleur rouge est encore bien placée dans les armoires ou garde-robes de nos contemporains avec des connotations différentes selon les types de vêtements. Pour un vêtement simple ou sportif, le rouge évoque la joie, l’énergie, la vivacité. Pour un vêtement féminin, court, décolleté ou des sous-vêtements, le rouge est associé à la séduction. Un accessoire très spécial cristallise particulièrement la signification de la couleur rouge depuis bien longtemps : il s’agit des chaussures.

chaussures rouges 2Les chaussons rouges, The red shoes, est le titre d’un film britannique de 1948 tourné dans l’univers de la danse. Sur le même thème Les Souliers rouges désigne un conte d’Andersen. Là, comme dans les contes de Grimm ou de Perrault, la chaussure, contenant très personnel, symbolise le sexe féminin. La couleur rouge est liée à l’entrée dans l’adolescence avec les premières règles. Si elle est toujours très forte, la symbolique de la chaussure rouge est à la fois ancienne et très diverse.

En Mésopotamie, la pourpre était utilisée pour la teinture du cuir. On raconte que le roi Tousratta de Mitani offrit à son beau-frère des chaussures en peau de mouton, teintes avec la pourpre : elles étaient doublées de soies multicolores et constellées de pierres fines, d’or et d’argent.

La poétesse Sappho, au VIe siècle avant J.-C., vante l’habileté des Lydiennes à teindre en pourpre les courroies dont on se bandait les pieds.

Charlemagne portait des chaussures rouges lors de son couronnement. Aux VIIIe et IXsiècles, le rouge est la couleur de la théâtralité, de la mise en scène, de l’empereur.

chaussures rouges 3Les anges et la Vierge dans les icônes ou les représentations traditionnelles, portent des chaussures rouges ; seule l’extrémité dépasse du vêtement. Elles sont les héritières de la pourpre impériale, tout comme le gros coussin rouge sur lequel Marie est étendue lors de la Nativité. Probablement, dans le même esprit, s’invitent dans notre imaginaire les mules du pape, chaussures d’extérieur, en cuir rouge que le pape porte traditionnellement (rien à voir avec la nouvelle d’Alphonse Daudet !). Je précise traditionnellement, car dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, le pape François, dès son élection, opte pour la discrétion avec des chaussures de cuir noir plus simples et moins voyantes.

Les mules papales sont l’un des seuls vestiges de l’ancienne couleur rouge des vêtements pontificaux autrefois rouges. Pie V, au XVIe siècle, adopte la couleur blanche comme couleur dominante pour signifier son lien avec les dominicains. Les chaussures, en revanche, restent rouges.

Ces chaussures de plein air sont réalisées en maroquin rouge, peau de chèvre ou de mouton tannée au sumac et dont nous reparlerons. Une grande croix en or tressé s’étendait jadis jusqu’au bas de la semelle, liée à la pratique du baisement des pieds. En 1958, le Pape Jean XXIII y ajoute des boucles d’or, les rendant semblables aux chaussures rouges portées par les cardinaux en dehors de Rome.

Après son élection, Paul VI élimine la croix d’or ainsi que la coutume du baiser aux pieds du pape. En 1969, il supprime aussi les boucles et simplifie le protocole pour ne porter que des chaussures en cuir rouge clair tout le reste de son pontificat.

Au début, Jean-Paul II porte également les mules papales, mais adopte rapidement des chaussures  brun-rouge, plus ordinaires et discrètes. Notons cependant que Paul VI, Jean Paul Ier et Jean Paul II sont enterrés avec leurs mules rouges.

Dès le début de son pontificat, Benoît XVI réintroduit des vêtements tombés en désuétude et en particulier les mules papales, qu’il choisit au début rouge vif, couleur symbolisant le sang des martyrs ; elles sont alors fournies par son cordonnier personnel. J’ai cru comprendre qu’au cours de son pontificat, la nuance de rouge avait évolué, passant d’un rouge vif très voyant, à un rouge lie-de-vin alors confectionnées au Mexique à partir de peau de veau… Et voilà comment, jusqu’aux chaussures des papes, la nuance de rouge révèle, manifeste, signifie…

 


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Les Coquelicots de Claude Monet (l’émission du 18 janvier)

Nous voilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force.Voilà la troisième semaine que nous parlons du coquelicot, la fleur rouge et délicate de la consolation et du souvenir, un des sujets de prédilection des peintres de fleurs. Le coquelicot a inspiré en particulier les impressionnistes, peut-être en raison de sa légèreté, de sa façon de danser dans le vent et la lumière. Podcast ici

Les coquelicots de Claude MonetOn doit à Claude Monet plusieurs tableaux de champs de coquelicots. L’un d’entre eux, sobrement intitulé Les Coquelicots ou encore Coquelicots, la promenade, date de 1873 et est actuellement présenté au Musée d’Orsay à Paris.

L’artiste habite Argenteuil lorsqu’il le réalise. Il vit, à 33 ans, une période d’épanouissement, trouvant autour de lui les paysages lumineux qui lui permettent d’explorer les possibilités et les joies de la peinture en plein air. La toile est devenue aujourd’hui l’une des plus célèbres de Claude Monet et marque les débuts de l’impressionnisme. Elle évoque l’atmosphère d’une promenade à travers un vaste champ d’herbes hautes et de coquelicots, lors d’une journée d’été. Au premier plan, une femme portant ombrelle et chapeau de paille est accompagnée d’un enfant, lui-même couvert d’un chapeau, un bouquet de coquelicots à la main. Il s’agit sans doute de Camille, la femme de l’artiste et de leur fils Jean, alors âgé de 6 ans. Sur le talus, dans la vivacité des fleurs, se promène un couple similaire au premier. L’arrière-plan est constitué d’une rangée d’arbres avec une maison. Le ciel est tourmenté, mais bleu derrière ses nuages.

Langhe, mai 2015

Langhe, mai 2015

Les contours sont flous et Monet construit le rythme de son tableau par l’évocation des coquelicots. Des taches de vermillon exagérément grandes, surtout au premier plan, semblent jaillir parmi les nuances de vert. On sent le vent, on sent la chaleur et la lumière, et on entend même, à chaque pas, le bruit du léger frottement de l’herbe contre les robes… C’est une sensation, une impression, un nouveau pas dans la peinture, accordant la primauté à l’impression visuelle. La couleur rouge parle à nos sens et le coquelicot en est l’interprète.
 Comme si cette fleur de légèreté, qui crée naturellement des effets de lumière en virevoltant sous le souffle du vent, fournissait l’excellent prétexte à jouer avec les masses de couleurs, sans s’attarder trop sur la forme et le détail. Et voilà, le tableau est présenté au public l’année suivante, lors de la première exposition du groupe impressionniste dans les anciens ateliers du photographe Nadar. Et nous, à le regarder maintenant, on aurait juste envie de marcher aussi dans ce champ, de courir rejoindre les personnages et de les appeler par leur nom : «  Jean ! Camille ! »


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Les corbeaux d’Élie racontés par Solange

Je crois que nous avions photographié cette icône au monastère de Mar Giorgios en Syrie en mai 2006. Si quelqu'un peut me le confirmer...

Je crois que nous avions photographié cette icône au monastère de Mar Giorgios en Syrie en mai 2006. Si quelqu’un peut me le confirmer…

Premier livre des Rois, 17, 3-6
Va-t’en d’ici, dirige toi-vers l’Orient et cache-toi dans le ravin de Kerith qui est à l’est du Jourdain. Ainsi, tu pourras boire au torrent, et j’ai ordonné aux corbeaux de te ravitailler là-bas. 

Et voilà l’article envoyé par Solange le 5 janvier 2016.
Solange SL est une élève de l’atelier Ocres et Lumières depuis ses tous débuts… et comme beaucoup d’autres, elle est devenue avant tout une amie. D’une certaine façon, elle répond à une question que nous nous posons souvent : comment choisir le modèle de notre prochaine icône.

« Ils sont là, perchés sur le vieux cerisier aux branches couvertes de lichen blanchâtre. Ils m’observent, me suivent en passant sur la pelouse dès que je vais dans la cuisine. Ont-ils un message à me transmettre ? Que me veulent ces gros oiseaux noirs ?

Ils semblent énormes, recherchant quelques graines ou insectes dans le pré un peu sauvage. Bien que nous soyons en janvier,

Corneille, par Eliane Rossillon

Corneille, par Eliane Rossillon

l’herbe est très haute car il a fait exceptionnellement doux cet hiver et surtout, Nono, le robot-tondeuse, qui tond la pelouse du printemps jusqu’à l’automne, est, comme les marmottes et les ours, en pleine hibernation. Mais ne vous y trompez pas, les corbeaux, tout en picorant, me surveillent d’un œil perçant que je vois briller.

Qu’attendent-ils de moi ces corbeaux descendus des Monts du Jura tous proches à moins qu’ils ne viennent de la fable de la Fontaine que vous connaissez sans doute, Le Corbeau et le Renard ?

 » Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage…  » Non, ce n’est pas possible, ils semblent trop malins pour se laisser berner par un Renard. Et s’ils venaient pour m’aider à dessiner l’icône d’Élie devant sa grotte ?

Vite, je recherche dans la Bible et je trouve dans le livre des Rois que Dieu dit à Élie de se cacher près d’un torrent, qu’il lui enverra des corbeaux pour lui apporter du pain et de la viande. Je me demande si je n’ai pas trouvé la bonne solution.

Les corbeaux dans le jardin, se tournent d’un côté puis de l’autre comme le modèle qui prend la pose. Il ne me reste plus qu’à me mettre au travail. Il y a peut-être d’autres hypothèses. Qu’en pensez-vous ? Envoyez-moi vos suggestions, j’attends vos idées. »

 


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Le Christ aux coquelicots (l’émission du 11 janvier)

juin 2011, Bretagne

juin 2011, Bretagne

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Nous avons commencé l’année avec le coquelicot, symbole de l’été, du temps des récoltes et de la moisson, une « mauvaise herbe », fleur à la fois légère et tenace, signe de renaissance. J’ai trouvé quelques titres de livres portant ce nom liés à chaque fois aux thèmes du renouveau, du souvenir, de la fragilité qui conduit à l’émerveillement.

Un de ceux-là est un tout petit ouvrage à la couverture sobre, discrète et vive, rouge comme la fleur, intitulé Le Christ aux coquelicots et écrit par Christian Bobin (1). Le texte léger, à l’image des délicats pétales virevoltant au vent, associe, au détour d’images poétiques, la fleur rouge et le Christ. Écoutons tout simplement quelques passages :

 Je veux bien souffrir mais je ne veux pas désespérer.
Je ne laisserai personne éteindre en moi la petite lampe rouge de la confiance.

Il suffirait d’avoir la patience et la paix blonde des grands champs de blé,
leur consentement aux grâces mouvantes du vent et des lumières. 

Et que nos cœurs chaque jour s’ouvrent à la fraîcheur
et à l’éclat des coquelicots.

A ces fragiles tâches rouges, à ces larmes de vie
que personne ne provoque et qui viennent pourtant
imprévisibles, au beau milieu des champs
au beau milieu des jours, de nos jours.

Dieu est aussi frêle que ces coquelicots que pour leur
profit, les hommes veulent arracher de la terre.

Ceux qui entrevoient ta pureté ne comprennent pas ta faiblesse.
Ils se demandent pourquoi le plus pur est aussi le plus mortel.

Ils craignent la mort plus que tout
sans voir qu’il ya une chose plus redoutable encore : une vie sans amour.

Comme le coquelicot déchire l’étoffe trop riche des blés,
tu brûles le linge, brodé à nos intiales , de notre trépas.
Tu es l’attaquant par grâce
L’incroyable insurrection du rouge de l’esprit
dans notre cœur éteint

Tu es un tigre de douceur.
J’ai un travail ruisselant à faire avec Toi. 

(1) Paru en 2002, Lettres vives


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Le coquelicot et le rouge du souvenir (l’émission du 4 janvier)

Photo Dominique Dauchez

Photo Dominique Dauchez

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Attardons-nous sur une fleur délicate, présente dans les terrains fraîchement remués au printemps : le coquelicot, rouge et léger qui forme des tapis gais et colorés visibles de loin, ou contraste avec le gris. Sa symbolique associe la couleur rouge et une certaine fragilité, le plaçant un peu à part parmi les fleurs rouges. Dénué de passion et d’agressivité, le coquelicot incarnerait « l’ardeur fragile », l’espoir, la renaissance et surtout « la consolation ».

Le coquelicot est aussi une sorte d’emblème associé, dans les pays du Commonwealth, au souvenir des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, à l’instar du bleuet pour les combattants français.

Cette allégorie du coquelicot est liée à un poème composé en 1915 par le major John McCrae, chirurgien de l’artillerie canadienne lors de la terrible bataille d’ Ypres en 1915. Le poème s’intitule In Flanders Fields (Au Champ d’honneur). En quelques mois, il devint le symbole des sacrifices des jeunes soldats.

L’image est peut-être venue, parce que les coquelicots fleurissaient sur le bord des tranchées et sur les tombes des soldats. Ce phénomène aurait été souligné pendant les guerres napoléoniennes. Les dommages subis par l’environnement lors des batailles augmenteraient le contenu en calcaire du sol, faisant du coquelicot l’une des rares plantes capables de survivre. Il faut dire que sur les paysages détruits et désolés, ces touches de lumière flottant dans le vent, sont d’un effet joyeux et troublant.

Toute une imagerie s’est développée à la suite du poème : sur la tristesse des tombes alignées dans la grisaille émergeaient, comme des petites flammes, ces fleurs fragiles et délicates. La couleur rouge, symbole approprié pour illustrer le bain de sang de la guerre de tranchées, traduit aussi la renaissance et la vie comme l’emblème d’une croissance nouvelle, toujours possible malgré les dévastations.

Certains portèrent alors un coquelicot à la boutonnière. Une Française proposa à un maréchal britannique que les femmes et les enfants des régions dévastées de France produisent des coquelicots afin de recueillir des fonds pour aider les « gueules cassées ». En novembre 1921, les premiers coquelicots furent distribués. La tradition se poursuit depuis et le coquelicot demeure la fleur du souvenir associée à la Première Guerre mondiale.