Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le coquelicot et le rouge du souvenir (l’émission du 4 janvier)

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Photo Dominique Dauchez

Photo Dominique Dauchez

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Attardons-nous sur une fleur délicate, présente dans les terrains fraîchement remués au printemps : le coquelicot, rouge et léger qui forme des tapis gais et colorés visibles de loin, ou contraste avec le gris. Sa symbolique associe la couleur rouge et une certaine fragilité, le plaçant un peu à part parmi les fleurs rouges. Dénué de passion et d’agressivité, le coquelicot incarnerait « l’ardeur fragile », l’espoir, la renaissance et surtout « la consolation ».

Le coquelicot est aussi une sorte d’emblème associé, dans les pays du Commonwealth, au souvenir des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, à l’instar du bleuet pour les combattants français.

Cette allégorie du coquelicot est liée à un poème composé en 1915 par le major John McCrae, chirurgien de l’artillerie canadienne lors de la terrible bataille d’ Ypres en 1915. Le poème s’intitule In Flanders Fields (Au Champ d’honneur). En quelques mois, il devint le symbole des sacrifices des jeunes soldats.

L’image est peut-être venue, parce que les coquelicots fleurissaient sur le bord des tranchées et sur les tombes des soldats. Ce phénomène aurait été souligné pendant les guerres napoléoniennes. Les dommages subis par l’environnement lors des batailles augmenteraient le contenu en calcaire du sol, faisant du coquelicot l’une des rares plantes capables de survivre. Il faut dire que sur les paysages détruits et désolés, ces touches de lumière flottant dans le vent, sont d’un effet joyeux et troublant.

Toute une imagerie s’est développée à la suite du poème : sur la tristesse des tombes alignées dans la grisaille émergeaient, comme des petites flammes, ces fleurs fragiles et délicates. La couleur rouge, symbole approprié pour illustrer le bain de sang de la guerre de tranchées, traduit aussi la renaissance et la vie comme l’emblème d’une croissance nouvelle, toujours possible malgré les dévastations.

Certains portèrent alors un coquelicot à la boutonnière. Une Française proposa à un maréchal britannique que les femmes et les enfants des régions dévastées de France produisent des coquelicots afin de recueillir des fonds pour aider les « gueules cassées ». En novembre 1921, les premiers coquelicots furent distribués. La tradition se poursuit depuis et le coquelicot demeure la fleur du souvenir associée à la Première Guerre mondiale.

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Auteur : elisabethlamour

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