Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le Christ aux coquelicots (l’émission du 11 janvier)

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juin 2011, Bretagne

Juin 2011, Bretagne

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Nous avons commencé l’année avec le coquelicot, symbole de l’été, du temps des récoltes et de la moisson, une « mauvaise herbe », fleur à la fois légère et tenace, signe de renaissance. J’ai trouvé quelques titres de livres portant ce nom liés à chaque fois aux thèmes du renouveau, du souvenir, de la fragilité qui conduit à l’émerveillement.

Un de ceux-là est un tout petit ouvrage à la couverture sobre, discrète et vive, rouge comme la fleur, intitulé Le Christ aux coquelicots et écrit par Christian Bobin (1). Le texte léger, à l’image des délicats pétales virevoltant au vent, associe, au détour d’images poétiques, la fleur rouge et le Christ. Écoutons tout simplement quelques passages :

 Je veux bien souffrir mais je ne veux pas désespérer.
Je ne laisserai personne éteindre en moi la petite lampe rouge de la confiance.

Il suffirait d’avoir la patience et la paix blonde des grands champs de blé,
leur consentement aux grâces mouvantes du vent et des lumières. 

Et que nos cœurs chaque jour s’ouvrent à la fraîcheur
et à l’éclat des coquelicots.

À ces fragiles tâches rouges, à ces larmes de vie
que personne ne provoque et qui viennent pourtant
imprévisibles, au beau milieu des champs
au beau milieu des jours, de nos jours.

Dieu est aussi frêle que ces coquelicots que pour leur
profit, les hommes veulent arracher de la terre.

Ceux qui entrevoient ta pureté ne comprennent pas ta faiblesse.
Ils se demandent pourquoi le plus pur est aussi le plus mortel.

Ils craignent la mort plus que tout
sans voir qu’il ya une chose plus redoutable encore : une vie sans amour.

Comme le coquelicot déchire l’étoffe trop riche des blés,
tu brûles le linge, brodé à nos intiales , de notre trépas.
Tu es l’attaquant par grâce
L’incroyable insurrection du rouge de l’esprit
dans notre cœur éteint

Tu es un tigre de douceur.
J’ai un travail ruisselant à faire avec Toi. 

(1) Paru en 2002, Lettres vives.

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Auteur : elisabethlamour

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