Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les coquelicots de Claude Monet (émission du 18 janvier)

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Nous voilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force.Voilà la troisième semaine que nous parlons du coquelicot, la fleur rouge et délicate de la consolation et du souvenir, un des sujets de prédilection des peintres de fleurs. Le coquelicot a inspiré en particulier les impressionnistes, peut-être en raison de sa légèreté, de sa façon de danser dans le vent et la lumière. Podcast ici

Les coquelicots de Claude MonetOn doit à Claude Monet plusieurs tableaux de champs de coquelicots. L’un d’entre eux, sobrement intitulé Les Coquelicots ou encore Coquelicots, la promenade, date de 1873 et est actuellement présenté au musée d’Orsay à Paris.

L’artiste habite Argenteuil lorsqu’il le réalise. Il vit, à 33 ans, une période d’épanouissement, trouvant autour de lui les paysages lumineux qui lui permettent d’explorer les possibilités et les joies de la peinture en plein air. La toile est devenue aujourd’hui l’une des plus célèbres de Claude Monet et marque les débuts de l’impressionnisme. Elle évoque l’atmosphère d’une promenade à travers un vaste champ d’herbes hautes et de coquelicots, lors d’une journée d’été. Au premier plan, une femme portant ombrelle et chapeau de paille est accompagnée d’un enfant, lui-même couvert d’un chapeau, un bouquet de coquelicots à la main. Il s’agit sans doute de Camille, la femme de l’artiste et de leur fils Jean, alors âgé de 6 ans. Sur le talus, dans la vivacité des fleurs, se promène un couple similaire au premier. L’arrière-plan est constitué d’une rangée d’arbres avec une maison. Le ciel est tourmenté, mais bleu derrière ses nuages.

Langhe, mai 2015

Langhe, mai 2015

Les contours sont flous et Monet construit le rythme de son tableau par l’évocation des coquelicots. Des taches de vermillon exagérément grandes, surtout au premier plan, semblent jaillir parmi les nuances de vert. On sent le vent, on sent la chaleur et la lumière, et on entend même, à chaque pas, le bruit du léger frottement de l’herbe contre les robes… C’est une sensation, une impression, un nouveau pas dans la peinture, accordant la primauté à l’impression visuelle. La couleur rouge parle à nos sens et le coquelicot en est l’interprète.
 Comme si cette fleur de légèreté, qui crée naturellement des effets de lumière en virevoltant sous le souffle du vent, fournissait l’excellent prétexte à jouer avec les masses de couleurs, sans s’attarder trop sur la forme et le détail. Et voilà, le tableau est présenté au public l’année suivante, lors de la première exposition du groupe impressionniste dans les anciens ateliers du photographe Nadar. Et nous, à le regarder maintenant, on aurait juste envie de marcher aussi dans ce champ, de courir rejoindre les personnages et de les appeler par leur nom : «  Jean ! Camille ! »

Article du 18 janvier 2016

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Auteur : elisabethlamour

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