Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Saint Matthieu

icône 20x25 cm, 2016

20×25 cm, 2016

Apôtre et évangéliste.

Matthieu était collecteur d’impôt à Capharnaüm et s’appelait alors Lévi.

Un matin, « en passant, [Jésus] vit Lévi, le fils d’Alphée, assis au bureau des taxes. Il lui dit : ”Suis-moi.” Il se leva et le suivit. » (Marc 2, 14)

On ne sait presque rien de la vie de saint Matthieu, à part ce que racontent les évangiles apocryphes. Il sera le premier évangéliste, relevant méticuleusement les paroles et les actions de Jésus. Par la suite, la Tradition lui fait évangéliser l’Éthiopie. Il serait mort en martyr.

Le symbole qui lui est associé est un ange qui lui tient parfois la plume.

Les plus anciennes représentations connues de saint Matthieu sont des médaillons en mosaïque de l’église Saint-Vital et Saint-Apollinaire-in-Classe à Ravenne datant du VIe siècle.

Encore une fois, je reprends les mots de mon élève et amie Solange, à propos de cette icône : « Moi qui connaissais très mal saint Matthieu, j’ai commencé par chercher des images, des textes et même relu son Evangile […] Cet homme que notre société aurait peut-être critiqué, rejeté nous permet d’être en lien […] avec et pour tous ceux qu’à priori on n’aime pas. Ça aussi c’est la prière de l’icône… »

Patron des douaniers et des banquiers. Fête le 21 septembre (cath.)  et le 16 novembre (orth.).


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Le rose est-il féminin ? (l’émission du 21 mars)

hortensia roseTout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10).

Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette deuxième année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Le rose, on l’a évoqué, est aujourd’hui associé au féminin. Mais comme tous les codes de couleur, cette habitude est assez récente.

Pendant longtemps, les vêtements de la plupart des enfants ne sont pas teints, car ce procédé trop coûteux, est réservé à une élite. Le rose, au Moyen Âge, est la couleur des princes, tel une étape vers le rouge, une façon d’adoucir, par l’adjonction de blanc dans le rouge, une couleur de feu, guerrière et royale, réservée aux adultes.

hortensia bleuOn raconte que Napoléon III et Eugénie choisissent le bleu pour Louis, leur fils unique afin de le placer sous la protection de la Vierge. On a vu comment, peu à peu, après le Moyen Âge, le manteau de la Vierge passe, en Occident, d’un mélange de rouge et bleu qui évoquait à l’origine la terre mère, à une couleur de plus en plus pastel tirant vers le bleu. Alors, selon les pays et les époques, les codes changent et rien ne fixe cette répartition jusqu’au XXe siècle : bleu pour les garçon et rose pour les filles.

Kandinsky écrivait déjà en 1910 à propos du rose: « Cette couleur, qui devient intense par la seule adjonction de blanc, est très appréciée pour les toilettes des jeunes filles. »

De triste mémoire, le triangle rose était imposé aux homosexuels masculins enfermés dans les camps de concentration. Ce symbole a été repris ensuite dans les communautés homosexuelles des années soixante-dix, avant d’être remplacé par l’arc-en-ciel dont la première version comportait une bande rose en plus des sept couleurs. Un ruban rouge a été l’emblème de la lutte contre le sida, ruban devenu rose pour soutenir la lutte contre le cancer du sein.

On s’en doute, les études scientifiques montrent qu’il n’y a rien d’inné ni d’immuable dans cette répartition entre un bleu attribué aux petits garçons et un rose attribuées aux filles. Il n’en demeure pas moins que c’est la connotation de douceur de cette couleur, qui par rebondissement, a donné ce qui n’est qu’un code social. Une chose est intéressante à souligner : dans les deux cas et quel que soit le code, l’adjonction de blanc à une couleur vive, rouge ou bleue, est attachée à l’enfance, à l’innocence, à la douceur…

 

  1. KANDINSKY Wassily, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Folio essais.


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Casamaures, bleus et rêves d’orient, 2 et 3 avril

casa bleuDans le cadre des Journées des métiers d’Art, Anne, Sibylle, Jean-Christophe et moi, aurons le plaisir de vous accueillir à la Casamaures les 2 et 3 avril de 14 h à 17 h.image002

Un article complet raconte la Casamaures ici et vous trouverez une autre petite présentation sur ma page expositions

Attention : étant donné la foire sur le parking relais de l’esplanade, nous vous conseillons vivement de prendre le tram E, arrêt Casamaures village.

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Les noms du rose (l’émission du 14 mars)

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERATout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10).

Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette deuxième année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité.
Mais qu’est-ce que le rose ? Le rose, c’est le nom d’une fleur aux nuances infinies, le nom d’une couleur qui n’en est pas une, puisqu’il s’agit d’un rouge éclairci, d’un rouge qui en changeant de nuance obtient un nom et un statut à part. C’est un privilège car un bleu éclairci s’appelle bleu clair, un vert éclairci vert clair, alors qu’un rouge éclairci porte un nom qui lui est propre, un nouveau nom, celui d’une fleur, un nom qui est aussi un prénom.

En changeant de nuance et en allant vers le rose, le rouge perd de son intensité et de sa saturation pour gagner en délicatesse. Il frôle alors le violet ou l’orangé, selon qu’il recèle une pointe de bleu ou une pointe de jaune. Il peut aussi se griser et s’appelle alors vieux rose. Qu’on y ajoute une pointe de jaune cadmium et le rose devient saumoné. Il porte des noms poétiques comme rose poudré, parme, layette, rose thé, rose pêche, bois de rose, tourterelle ou même cuisse de nymphe et des noms de fleur comme églantine, chèvrefeuille ou magnolia.

En glissant ainsi, le rouge change aussi de connotation, du tout au tout. D’une couleur agressive et tonique, on évolue vers une couleur aux connotations douces, voire mièvres quelquefois enfantines, mais aussi liées au sexe et à la trahison. Il suffit d’évoquer les images associées au rose : voir la vie en rose ou voir des éléphants roses, le minitel ou la messagerie rose, le carnet rose, les ballets roses, le pot aux roses, la bibliothèque rose… Le rose, comme toutes les couleurs, n’échappe pas à l’ambivalence. Les Japonais ne s’y trompent pas puisque la couleur rose est désignée par le mot momoiro qui signifie pêche et désigne en argot… le postérieur !

Et nous voilà en route vers cette teinte associée à la nudité mais aussi à l’enfance, à la douceur, à l’innocence, au romantisme. Pour moi, c’est vers la promesse des arbres en fleurs, souvent d’un blanc légèrement ourlé de rose, que je souhaite tourner mon regard pour cet épisode en rose en évoquant encore une fois le Japon et la tradition du Hanami, événement national à l’arrivée du printemps marqué par la contemplation des cerisiers en fleurs photographiés, admirés, dessinés, et source d’inspiration pour les poètes.


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Éphrem le Syrien

Ephrem le syrien, 17,5x19,5 cm, 2016

Éphrem le Syrien, 17,5×19,5 cm, 2016

Né à Nisibe en Mésopotamie en 306, Éphrem fuit le domicile familial à l’âge de 18 ans pour devenir chrétien. Il subit l’ascendant du rude et tendre évêque de sa ville natale, Jacques. Il est surnommé Le diacre ou La harpe du Saint-Esprit.

Ordonné diacre, il veut le rester par humilité.

Il fonde à Nisibe une école théologique de grand rayonnement et partage sa vie entre la rédaction de commentaires sur la Bible, la préparation d’homélies pour ses fidèles, la direction de chœurs d’enfants et la composition d’hymnes. Lorsqu’une terrible famine survient en Mésopotamie, Éphrem organise le secours de victimes.

En 363, la ville tombe sous la domination perse, au terme d’un siège mémorable. Avec beaucoup de ses coreligionnaires, il se réfugie en territoire romain, à Édesse, où il jette les bases de la célèbre « école des Perses ». C’est là qu’il meurt, en 373, dans sa cellule monastique.

Il est proclamé docteur de l’Église en 1920.

Éphrem lègue une œuvre immense rédigée dans la langue de ses contemporains. Il est difficile de distinguer l’apocryphe de l’authentique. Traduite en grec de son vivant, on la lira plus tard en arménien, en latin, en arabe, etc.

La poésie tient une place originale ans cette œuvre et en fait le plus grand poète de langue syriaque. Elle peut revêtir la forme de memre (séries de vers réguliers) ou de madrasche (hymnes de strophes inégales entrecoupées par un refrain). Éphrem n’est pas l’inventeur de la technique mais lui donne une ampleur nouvelle dont l’influence se fait sentir jusqu’à Byzance, notamment sur les hymnes de Romain le Mélode. Le recueil qui résonne le plus est celui des Hymnes de Nisibe, réunis par Éphrem lui-même, où il chante les malheurs de sa patrie et les maîtres qu’il admire.

Fête 9 juin, 28 janvier


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Cyrille et Méthode

Cyrille et Méthode, 17x22 cm, mars 2016

Cyrille et Méthode, 17×22 cm, mars 2016

Cyrille (827-869) et Méthode (825-885).

Frères d’une famille de six enfants, ils naissent à Thessalonique. Ils fondent la langue liturgique slave.

Vénérés comme apôtres des Slaves, ils sont aussi les saints patrons de l’Europe depuis 1980 et représentent l’œuvre commune accomplie par deux frères.

Constantin-Cyrille

Constantin étudie la philosophie à l’université de Constantinople. Ordonné prêtre, il devient bibliothécaire à Sainte-Sophie et professeur à l’université impériale.

Après une mission chez les Arabes, il rejoint son frère Méthode qui vit dans un monastère du mont Olympe.

En 863, ils commencent à évangéliser la Moravie en mettant au point un alphabet spécifique qui deviendra le slavon des textes bibliques et liturgiques de l’église d’Orient et donnera naissance à l’alphabet cyrillique.

Ils se heurtent aux missionnaires allemands et se rendent à Rome pour demander la bénédiction pour leur travail, qui leur est finalement accordée par le pape Hadrien III.

Constantin devint moine en Italie sous le nom de Cyrille et meurt peu de temps après.

Michel-Méthode

Gouverneur d’une province slave, Michel devient moine en 840 sous le nom de Méthode. Méthode est sacré évêque.

À la mort de son frère, ayant obtenu l’autorisation de célébrer la liturgie en langue slave, il retourne prêcher, ce qui lui vaut l’hostilité des évêques allemands qui l’emprisonnent. Il traduit une grande partie de la Bible en langue slave.

Leur fête est fixée le 14 février (calendrier catholique) et le 11 mai (calendrier orthodoxe).


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Du rouge au rose (l’émission du 7 mars)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAprès trois années passées à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge, ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Voilà la fin d’une série de soixante quatre émissions sur le rouge, dans Tout en nuances sur RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10).

Avec cette couleur, j’ai rencontré plus de difficultés qu’avec le bleu. Peut-être les connotations évidentes de la couleur, de feu, de sang, de violence et d’agressivité m’effrayent, bourdonnent à mes oreilles et résonnent tellement avec l’ambiance d’un monde… à feu et à sang. Le tableau que nous avons décrit il y a deux semaines, Le Cri d’Edvard Munch, traduisait l’angoisse au début du XXe siècle. Mais que dire de l’angoisse d’aujourd’hui ? Oui, nous préférerions tourner notre regard et partir vers les rêves du bleu, dans des paysages apaisés de calme et d’espoir.

Espérons qu’une alchimie s’opérera, que du feu et du sang renaîtra la rose rouge de l’espoir. Car le rouge est marqué par l’ambiguité, ne l’oublions pas, et de cette couleur peut naître aussi le meilleur, « la joie qui se partage », le pétillement, l’énergie des créateurs, l’insolence du quotidien, l’inventivité, les couchers de soleil sur la montagne qui annoncent le beau temps du lendemain…

Pour moi, c’est une histoire personnelle qui termine ce cycle sur le rouge. Il y a peu de temps, j’ai marché par mégarde sur mes lunettes alors que je m’occupais de l’entretien d’une petite tombe familière. Il a fallu refaire ces lunettes dont j’ai tant besoin. Je ne les voulais pas noires bien sûr : j’ai hésité entre le bleu dont j’ai tant parlé les dernières années, le vert (mon projet de l’année prochaine… pour ne rien vous cacher) et le rouge ou le rose sur lesquels je travaille en ce moment. Eh bien je me suis arrêtée sur des lunettes d’un rouge clair, pas très loin du rose, pas très loin de la couleur des baies de Finlande que j’aime tant, une couleur pétillante, chantante, espiègle. J’ai réalisé que l’on désigne, en russe, certains grelots de chevaux ou des clochettes aux sonorités légères et joyeuses, par l’expression tintinnabulement framboise. La couleur du jus de framboise est très proche de ce rouge plutôt froid, clair, enthousiaste et dénué d’agressivité. Alors oui, j’ai choisi ces lunettes rouges avec lesquelles je vais passer une nouvelle tranche de vie et parler avec vous du rose, pour terminer l’année en douceur, tout en regardant mûrir les premières framboises du jardin.