Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les noms du rose (l’émission du 14 mars)

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OLYMPUS DIGITAL CAMERATout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10).

Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette deuxième année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité.
Mais qu’est-ce que le rose ? Le rose, c’est le nom d’une fleur aux nuances infinies, le nom d’une couleur qui n’en est pas une, puisqu’il s’agit d’un rouge éclairci, d’un rouge qui en changeant de nuance obtient un nom et un statut à part. C’est un privilège car un bleu éclairci s’appelle bleu clair, un vert éclairci vert clair, alors qu’un rouge éclairci porte un nom qui lui est propre, un nouveau nom, celui d’une fleur, un nom qui est aussi un prénom.

En changeant de nuance et en allant vers le rose, le rouge perd de son intensité et de sa saturation pour gagner en délicatesse. Il frôle alors le violet ou l’orangé, selon qu’il recèle une pointe de bleu ou une pointe de jaune. Il peut aussi se griser et s’appelle alors vieux rose. Qu’on y ajoute une pointe de jaune cadmium et le rose devient saumoné. Il porte des noms poétiques comme rose poudré, parme, layette, rose thé, rose pêche, bois de rose, tourterelle ou même cuisse de nymphe et des noms de fleur comme églantine, chèvrefeuille ou magnolia.

En glissant ainsi, le rouge change aussi de connotation, du tout au tout. D’une couleur agressive et tonique, on évolue vers une couleur aux connotations douces, voire mièvres quelquefois enfantines, mais aussi liées au sexe et à la trahison. Il suffit d’évoquer les images associées au rose : voir la vie en rose ou voir des éléphants roses, le minitel ou la messagerie rose, le carnet rose, les ballets roses, le pot aux roses, la bibliothèque rose… Le rose, comme toutes les couleurs, n’échappe pas à l’ambivalence. Les Japonais ne s’y trompent pas puisque la couleur rose est désignée par le mot momoiro qui signifie pêche et désigne en argot… le postérieur !

Et nous voilà en route vers cette teinte associée à la nudité mais aussi à l’enfance, à la douceur, à l’innocence, au romantisme. Pour moi, c’est vers la promesse des arbres en fleurs, souvent d’un blanc légèrement ourlé de rose, que je souhaite tourner mon regard pour cet épisode en rose en évoquant encore une fois le Japon et la tradition du Hanami, événement national à l’arrivée du printemps marqué par la contemplation des cerisiers en fleurs photographiés, admirés, dessinés, et source d’inspiration pour les poètes.

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Auteur : elisabethlamour

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