Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Peindre la peau (l’émission du 2 mai)

Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Nous avons essayé de définir, la semaine dernière, la couleur de la peau « occidentale », d’une peau que l’on dit « rose », question au centre des préoccupations des peintres dès l’Antiquité. Le philosophe grec Aristote s’interroge sur l’origine des couleurs et qualifie d’andreikelon la couleur de la peau, obtenue en mélangeant de l’ocre rouge avec du blanc et du noir.

Dans les icônes, comme dans la peinture ancienne, la peau des personnages n’est pas rose, mais recouverte d’une couleur de terre appelée le proplasme. Quelle que soit l’origine géographique des personnage représentés, la couleur est la même, comme s’il s’agissait de mettre en évidence le terreau commun de l’humanité, la terre des origines et de la Création, bien plus qu’un rose seulement occidental.

cinabreAu Moyen Âge, la couleur de base de la peau est assez verte et on ajoute du cinabre, au cours de la réalisation, pour rehausser les pommettes et les lèvres. Le Manuel d’iconographe chrétienne grecque et latine de Denys de Fourna compile des indications anciennes destinées aux peintres, et explique comment réaliser la couleur des chairs. Il conseille de partir de blanc et de le mélanger avec de l’ocre de Venise ou de l’ocre jaune rougeâtre, ainsi que du cinabre. Le Guide précise : « Si vous voulez que cette couleur soit plus belle, commencer par piler le cinabre ; précipitez-le dans l’eau, recueillez cette eau, et n’employez que le dépôt qui se formera à la partie inférieure. Vous obtiendrez ainsi une très belle couleur. »

Il est intéressant d’observer l’évolution de la couleur de la peau du Christ en croix au cours du Moyen Âge. Au début, comme dans le monde byzantin, l’accent est mis sur la représentation d’un Christ ressuscité, transfiguré. Aussi les couleurs dominantes sont assez rosées. Puis, à partir du XIIIe ou XIVe siècle, la théologie, et donc les peintres, insistent davantage en Occident sur les souffrances du Christ : la peau change de couleur et tend de plus en plus vers un vert plus naturaliste, évoquant la mort.

À la Renaissance, les peintres multiplient les recettes et trouvent des noms illustrant la variété de la couleur de la peau : carnatura, sinopis, fulvus, ruscus… Les peintres allemands et hollandais déclinent également la couleur des corps en précisant la succession des tonalités à appliquer pour donner l’impression d’un corps bien vivant, d’un corps malade ou d’un corps défunt.

Pour compléter, lire l’article le proplasme, se souvenir de la terre.


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Saint Mayeul, abbé de Cluny

icône saint Mayeul, 15x20cm, 2016

Icône saint Mayeul, 15 x 20 cm, 2016

Mayeul naît vers 910 à Valensole dans une riche famille. Enfant, il fuit la Provence ravagée par les guerres au cours desquelles ses parents trouvent la mort. Il étudie à Lyon, devient chanoine de la cathédrale de Mâcon, puis enseignant et archidiacre.

Dix ans plus tard, il est moine à Cluny où il exerce la fonction d’armarius (garde des ouvrages et maître des cérémonies) avant de prendre la succession de l’abbé Aymard, en tant que quatrième abbé de Cluny.

Mayeul prend à cœur le développement financier de l’abbaye, véritable seigneurie : environ 900 villages des alentours enrichissent le patrimoine de l’abbaye. À cette époque, le bourg se développe et se dote d’une église.

Mayeul poursuit l’œuvre de réforme initiée par Odon, instaure la règle de saint Benoît dans de nombreux monastères et renforce l’influence de Cluny en Occident jusque dans des régions éloignées. Les trois monastères de Cluny, Souvigny et Charlieu en forment le cœur.

Mayeul est décrit comme « ferme, austère, brillant et séduisant ». Il est d’une grande culture et les copistes de Cluny sont très actifs pendant son abbatiat. L’abbaye devenue trop petite pour la communauté grandissante, Mayeul engage de nouveaux travaux.

Il est sans doute l’un des conseillers d’Hugues Capet, aussi connu comme « libérateur de la Provence » lors de la guerre contre les Sarrasins.

Il meurt en 994 à Souvigny (Bourbonnais) où il est enterré. Le roi prend en charge ses funérailles.

Avant sa mort, il avait fait élire Odilon pour diriger l’abbaye. Le culte de Saint Mayeul revêt une grande importance au Moyen Âge en Occident car il est l’organisateur de la réforme monastique au Xe siècle. La reconnaissance de sa sainteté est attestée juste après sa mort (il est le premier abbé de Cluny à devenir saint).

Fête le 11 mai.


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Un teint de pêche (l’émission du 25 avril)

Un pigment vendu sous la dénomination "couleur peau"

Un pigment vendu sous la dénomination «couleur peau». Je l’utilise très rarement, peu convaincue par le rendu !

Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Après avoir évoqué les deux dernières semaines des peintres de la couleur rose, comme Tiepolo et Bouguereau, on peut se demander comment, au fil du temps, les artistes ont représenté la peau des personnages occidentaux.

Avoir la peau bien rose manifeste la bonne santé ; les médecins hippocratiques décèlent les symptômes d’une maladie à partir des variations des couleurs de l’épiderme. Beaucoup de femmes « se mettent du rose aux joues » en utilisant le fond de teint, le fard à joues, afin d’avoir « bonne mine ». On parle aussi du « teint de pêche » à propos d’une personne qui respire la bonne santé avec un léger hâle, et l’expression est plutôt flatteuse.

Blush signifie en anglais « rosir d’émotion » et désigne la couleur finale d’une peinture ou d’un maquillage. Par extension, blush est devenue une tonalité rose. On raconte qu’à la fin de la réalisation du dessin animé Blanche-Neige, Walt Disney trouve son héroïne vraiment trop blanche et fait reprendre un à un des milliers de dessin pour lui donner meilleur mine avec l’indispensable « petit coup de blush » !

Dans les manuels de peinture d’aujourd’hui, on recommande de fabriquer la couleur de la peau en mélangeant du rouge et du blanc, afin d’obtenir un rose dont on atténue la candeur en adjoignant un peu de jaune et une pointe de vert, chaque mélange donnant une nuance unique. Certains tubes de peinture ou crayons de couleur sont nommés « couleur chair ». La couleur, bien approximative, ne correspond qu’à un très petit groupe humain. Sensibles à cette ambiguïté, certains fabricants préfèrent remplacer la qualification de skin ou de « chair », par celle de « pêche ».

Adopté plus récemment par l’industrie de la mode, le mot nude – nu en anglais – remplace le mot « chair ». Tout en restant limité à la couleur de la peau occidentale, la nuance parfois nommée « couleur sable » ou « champagne », est moins vive et rosée que celle qui est qualifiée de blush ou de skin, et contient davantage de jaune ou d’orangé.

Choisir un mot pour définir une couleur révèle chaque culture. Celle de la peau est difficile à qualifier. Pourtant, en grec, les mots chroa, « peau », et chrôma, « couleur », ont la même étymologie.


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L’ambiance rose de Bouguereau (l’émission du 18 avril)

Sur la grève (ou Soeurs sur le rivage), 1896

Sur la grève (ou Sœurs sur le rivage), 1896

Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Nous avons découvert la semaine dernière Giambattista Tiepolo, artiste qui a eu le privilège de donner son nom à une nuance de rose. Sans aller jusque là, de nombreux peintres ont réservé une place de choix, sur leurs palettes, à la couleur rose.

Depuis toujours, des terres rosées ont été utilisées en peinture, mais quelques artistes ont eu une prédilection pour cette tonalité, en premier lieu ceux qui ont peint la peau des femmes occidentales.

L’un d’entre eux, assez controversé, s’appelle William Bouguereau. Il traverse pour ainsi dire tout le XIXe siècle, à contre-courant, puisqu’il excelle dans la peinture académique alors qu’autour de lui la peinture « moderne » et l’impressionnisme sont en pleine éclosion.

William Bouguereau peint des corps, surtout des corps de femmes, des scènes idylliques, champêtres, enfantines, bucoliques et roses, puisant son inspiration dans la mythologie grecque. Ainsi, son tableau La Naissance de Vénus de 1879 semble une spirale de nuances de rose s’élevant d’une eau turquoise vers le ciel nuageux. Les tonalités de bleu des fonds, de la mer au ciel, mettent en évidence la variété des carnations jusqu’à l’envol des angelots.

Un catalogue d’art décrit ainsi son travail en 1902 : « Les ténèbres se dissipent ; radieuse l’aurore paraît et colore d’une teinte rose la cime des monts. Alors s’envole vers le ciel (…) la troupe joyeuse des Nymphes qui, pendant la nuit, prenaient leurs ébats à l’ombre des grands bois, au bord du fleuve aux eaux tranquilles ». Bref, vous voyez l’ambiance !

Ce peintre en rose a été moqué, dévalorisé, parfois ridiculisé. Huysmans dit à son encontre : « Ce n’est même plus de la porcelaine, c’est du léché flasque ; c’est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe ».

Et pourtant, de son vivant, nombre de ses œuvres sont achetées par de riches Américains et quittent le territoire. Au milieu du XXe siècle, on redécouvre son œuvre. Dali prend sa défense et manifeste son admiration en l’opposant à Picasso. Oui, Bouguereau c’est décalé, comme le rose : ça peut paraître un peu ridicule au premier abord, à « l’eau de rose », mais moi, je vous l’avoue, j’aime beaucoup !

Podcast : cliquer ici


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Le rose Tiepolo (l’émission du 11 avril)

rose TiepoloTout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Certains peintres ont tellement aimé une couleur ou inventé, par une série de mélanges et d’expérimentations, une nuance ou un ambiance si caractéristique, qu’ils ont laissé leur nom dans l’histoire des couleurs : je pense au vert Véronèse, au brun van Dyck et même au bleu Klein, bien que ce soit une autre histoire.

Ainsi, un peintre a associé à jamais son nom au rose, puisque l’on parle d’un « rose Tiepolo », assez proche du rouge, un sensuel rose cerise qui par extension s’appelle aussi « rose vénitien ».

Mais qui est ce Giambattista Tiepolo ? Il s’agit d’un peintre italien, plus précisément vénitien, du début du XVIIIe siècle. Toute sa vie, il peint les églises et les plafonds des palais qu’il couvre de fresques ; son œuvre vibre de toutes les nuances de rose et pas seulement de celle à laquelle il a donné son nom. Il semble que pour Tiepolo, tout puisse être rose, un rose de légèreté, de fluidité et de souffle, le rose des nuages, des chairs, des corps qui virevoltent avec légèreté, mais aussi le rose des colonnes des bâtiments antiques, le rose des chevaux, des tuniques des soldats déhanchés et le rose des tentures.

On sait très peu de choses de la vie de Tiepolo, ni ce que cache son obsession du rose. Un romancier, Roberto Calasso, a exploré l’univers mystérieux de cet artiste, cherchant à comprendre le mystère du peintre dans un livre intitulé : Le Rose Tiepolo (1). L’artiste était-il un peintre heureux qui « voyait la vie en rose » ou au contraire cachait-il quelque angoisse par son obsession pour le rose ? Une série de gravures effrayantes et sombres du même artiste témoigne de sa part d’ombre.

On sait que Marcel Proust a été influencé par Tiepolo, qui évoquait pour lui le bonheur, à la façon dont il l’évoque à plusieurs reprises dans À la recherche du temps perdu. Ainsi écrit-il (2) :

« Elle allait s’habiller elle aussi, bien que j’eusse protesté qu’aucune robe « de ville » ne vaudrait à beaucoup près la merveilleuse robe de chambre de crêpe de Chine ou de soie, vieux rose, cerise, rose Tiepolo, blanche, mauve, verte, rouge, jaune unie ou à dessins, dans laquelle Mme Swann avait déjeuné et qu’elle allait ôter»

Dans un autre passage, il parle d’un vêtement dont « les manches étaient doublées d’un rose cerise qui est si particulièrement vénitien qu’on l’appelle rose Tiepolo. »

 

(1) CALASSO Roberto, Le Rose Tiepolo, Gallimard.

(2) PROUST Marcel, À la recherche de temps perdu.


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« Bleu, intensément »

Bon commandeUne traversée sur l’océan du bleu a commencé le 20 août 2011 avec la première émission de Tout en nuances sur RCF Isère. Trois années se sont écoulées à effeuiller les subtilités de la couleur bleue, son histoire mouvante et sa symbolique.

J’ai interrogé la qualité des pigments, leur histoire, leur utilisation dans les rituels et dans la peinture. Dans le murmure des vagues, j’ai entendu l’amour des peintres pour cette couleur, et quelquefois leur peur…

C’était comme l’invention d’une palette aux nuances infinies, déclinaison inachevée. Il y eut aussi ces photos des îles de bleu et de vent, des Açores aux îles de la Madeleine et celles de terres glacées d’un silence juste habité par un air de blues, au loin…

Le cycle d’émissions s’est terminé par une petite enquête. La question posée était « quelle est la couleur de votre âme ? » Les réponses furent poétiques, profondes, sensibles… et comme je m’y attendais… largement teintées de bleu !

J’ai complété ma collection de pigments bleus à la recherche de la nuance, cette si légère différence, ce pas de côté, cette délicatesse qui enchante et console. Je les ai essayés un à un, sur les icônes et les nuanciers, taraudée par l’idée de les présenter dans leur transparence. Avec l’aide de deux amies, Anne1 et Isabelle2, j’ai conçu L’Arbre aux pigments bleus3.

Et voilà, l’enthousiasme ne m’a pas quittée et Bleu, intensément, sera la trace de ce « voyage en douce » dans le bleu…

Le livre sortira en septembre, réalisé en collaboration avec la talentueuse graphiste Ewa Maruszewska, 128 pages couleur, 20 €.

Vous pouvez le réserver dès maintenant (et jusqu’à fin août) au prix de 18 € (envoi sans frais de port). Il suffit de reproduire le bon de commande (imprimer ou recopier les informations) et d’envoyer un chèque libellé à mon nom, 3, impasse Chante-Briquet, le village, 38560 Champ-sur-Drac.

1. Anne Brugirard, Atelier Montfollet www.atelier-montfollet.com
2. Isabelle Jacquet www.isabelle-jacquet.com
3. L’Arbre aux pigments bleus  à été présenté lors d’expositions avec des icônes, des vitraux et d’autres œuvres : à l’église de Montaud, à l’église Notre-Dame-des-Neiges à Susville et dans cet endroit bleu et magique qu’est la Casamaures de Grenoble.

N.B. : il est toujours possible de commander les autres ouvrages à retrouver en cliquant ici.

L'arbre aux pigments bleus

L’Arbre aux pigments bleus

 


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David de Thessalonique et l’amandier

David de Thessalonique dans son amandier, icône 12x26cm, 2016, bleu égyptien sur le fond et vert malachite pour le sol et l'amandier.

David de Thessalonique dans son amandier, icône 12 x 26 cm, 2016, bleu égyptien sur le fond et vert malachite pour le sol et l’amandier

L’histoire de David de Thessalonique est racontée par Jean Moschos dans Le Pré spirituel. Elle ne mentionne pas le séjour dans l’amandier, détail probablement légendaire qui m’a retenue, tandis que je photographiais les oiseaux du jardin : l’ermite qui se prenait pour un oiseau… Voilà ce qu’on raconte à son propos :

David, originaire de Mésopotamie entre jeune au monastère des Saints Martyrs Théodore et Mercurius des Koukoullates1, à Thessalonique où il vit dans l’ascèse et la prière. Fasciné par la vie des saints stylites, il décide de suivre leur exemple.

Il monte alors dans l’amandier à gauche de l’église, résolu à mener la vie de dendrite2, exposé aux rigueurs du climat, à l’inconfort, battu par les vents, brûlé par le soleil, trempé par la pluie ou exposé à la neige et au froid. Dépourvu de la stabilité des stylites sur leur colonne, il se tient sur sa branche, tel un oiseau qui élève vers Dieu, jour et nuit, les douces mélodies de ses prières et de ses louanges.

Ses disciples le supplient de descendre pour les guider dans la vie monastique. David répond qu’il ne descendra qu’au bout de trois ans, après avoir reçu un signe de Dieu. Ce délai écoulé, un Ange lui apparaît et lui annonce qu’il est temps de se retirer en cellule, avant de se voir confier une autre mission. David prévient ses disciples qui lui préparent un minuscule réduit et le font descendre de l’arbre, en présence de l’Archevêque de Thessalonique. On célèbre la Divine Liturgie, puis le Saint entre dans sa cabane au milieu de chants. Il y vit en ermite plus de soixante ans, priant continuellement.

Des soldats gardent les remparts de la ville ; une nuit, ils voient une flamme jaillir de la cabane et s’inquiètent. Au matin, l’ermite est sain et sauf et la cabane intacte. Le phénomène se renouvelle souvent et cela devient une curiosité de venir la nuit regarder du haut des remparts les flammes jaillir de la cabane sans la consumer. C’est le signe des faveurs accordées par Dieu : la flamme du buisson ardent a envahi le cœur du vieillard, déborde à l’extérieur et David reçoit le pouvoir de chasser les démons. II accomplit des miracles, rend la vue aux aveugles et guérit les maladies en invoquant le Nom du Christ : la ville le considère comme son Ange Gardien.

L’ermite, devenu célèbre malgré lui, est arraché à sa retraite pour être envoyé comme ambassadeur de la ville auprès de l’empereur Justinien. Prétextant son grand âge, il refuse d’abord, mais se souvient du message de l’Ange et accepte en prédisant qu’il rendra l’âme au retour. Quand David sort de sa cellule, les habitants se prosternent devant son allure imposante : sa chevelure et sa barbe descendent jusqu’aux pieds et son visage, semblable à celui d’Abraham, rayonne de gloire.

Il accomplit sa mission avec succès.

Quand le navire qui le ramène de Byzance parvient à proximité du phare de Thessalonique, d’où l’on aperçoit son monastère, David annonce à ses disciples que son heure est venue. Il leur donne le baiser de paix, adresse à Dieu une ultime prière et rend son dernier souffle.

Malgré un vent violent, le navire s’arrête net : un parfum d’encens se répand et des voix célestes se font entendre. Le Métropolite et tous les habitants accueillent le saint sur le rivage et, conformément à ses dernières volontés, l’ensevelissent dans son monastère.

L’histoire se termine en 540. Longtemps, ses reliques opèrent des miracles.

Fête le 26 juin.

 

  1. « Moines à capuchon ». Ce monastère était situé un peu, en dehors de la ville, près des remparts. Il est connu aujourd’hui sous le nom de Hosios David est en fait l’ancien monastère de Latomos.
  2. Le dendrite est un ermite qui vit dans les arbres.