Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les nuances de rose (l’émission du 4 avril)

1 commentaire

Dominique Dauchez, Acrylique/colle à papier peint/gouache 120x120 cm

Dominique Dauchez, Acrylique/colle à papier peint/gouache 120 x 120 cm

Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette deuxième année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Nous l’avons vu, la couleur rose naît le plus souvent d’un mélange obtenu par adjonction de blanc au rouge. Cennino Cennini parlait déjà au XIVe siècle dans son Livre de l’art d’un couleur appelée cinabrese, la décrivant comme « parfaite pour rendre la chair ou les carnations des figures sur mur »(1). Il me semble que cette couleur très prisée à la Renaissance à Florence, est en réalité un mélange de sinopia, un pigment rouge venu des bords de la mer Noire, avec une chaux éteinte, très blanche.

Cependant, il existe de vrais roses dans la nature, des roses qui ne sont pas seulement un mélange, pas seulement un rouge « lavé », comme on dit en peinture, mais des pigments ou des teintures dont la nuance est rose, dès le départ.

Certaines tonalités sont classées tantôt dans les rouges et tantôt dans les roses. C’est le cas du fuchsia qu’on dit rouge mais qui est plutôt rose et porte également le nom d’une fleur. C’est aussi le cas du magenta.

Les couleurs que nous avions découvertes en tant que rouge donnent aussi d’infinies nuances de rose : la garance, la cochenille, le kermès ou le bois brésil. Ainsi, si l’on réalise la teinture d’un tissu avec de la cochenille, les premiers bains seront assez saturés et donneront une couleur qui tend vers le rouge, mais en utilisant un deuxième ou un troisième bain, la couleur s’adoucira et tendra de plus en plus vers le rose.

Certaines terres sont naturellement roses et j’en ai quelques-unes dans ma collection : des échantillons de prélèvements géologiques aux couleurs de sables roses et une terre rose violette venue des contreforts d’un volcan d’Islande.

L’ocre jaune, s’il est chauffé, peut virer au rose. On peut aussi réaliser des badigeons roses en mélangeant de l’ocre rouge avec du blanc de Meudon. La limite du champ du rose est subtile et difficile à établir : la couleur « glisse » facilement, imperceptiblement vers le mauve ou le beige.

Le rose est une couleur qui porte bien son nom, car elle est comme un parfum de fleur fragile et fugace. Notons qu’on pourrait facilement associer cet état de légèreté à la rosée du matin, mais cette fois, si la connotation est juste, l’étymologie nous contredit.

  1. CENNINI Cennino, Il Libro dell’arte, chapitre XXXIX.
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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “Les nuances de rose (l’émission du 4 avril)

  1. Oyé !… Ton site est très informatif. Bonne journrée

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