Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

David de Thessalonique et l’amandier

2 Commentaires

David de Thessalonique dans son amandier, icône 12x26cm, 2016, bleu égyptien sur le fond et vert malachite pour le sol et l'amandier.

David de Thessalonique dans son amandier, icône 12 x 26 cm, 2016, bleu égyptien sur le fond et vert malachite pour le sol et l’amandier

L’histoire de David de Thessalonique est racontée par Jean Moschos dans Le Pré spirituel. Elle ne mentionne pas le séjour dans l’amandier, détail probablement légendaire qui m’a retenue, tandis que je photographiais les oiseaux du jardin : l’ermite qui se prenait pour un oiseau… Voilà ce qu’on raconte à son propos :

David, originaire de Mésopotamie entre jeune au monastère des Saints Martyrs Théodore et Mercurius des Koukoullates1, à Thessalonique où il vit dans l’ascèse et la prière. Fasciné par la vie des saints stylites, il décide de suivre leur exemple.

Il monte alors dans l’amandier à gauche de l’église, résolu à mener la vie de dendrite2, exposé aux rigueurs du climat, à l’inconfort, battu par les vents, brûlé par le soleil, trempé par la pluie ou exposé à la neige et au froid. Dépourvu de la stabilité des stylites sur leur colonne, il se tient sur sa branche, tel un oiseau qui élève vers Dieu, jour et nuit, les douces mélodies de ses prières et de ses louanges.

Ses disciples le supplient de descendre pour les guider dans la vie monastique. David répond qu’il ne descendra qu’au bout de trois ans, après avoir reçu un signe de Dieu. Ce délai écoulé, un Ange lui apparaît et lui annonce qu’il est temps de se retirer en cellule, avant de se voir confier une autre mission. David prévient ses disciples qui lui préparent un minuscule réduit et le font descendre de l’arbre, en présence de l’Archevêque de Thessalonique. On célèbre la Divine Liturgie, puis le Saint entre dans sa cabane au milieu de chants. Il y vit en ermite plus de soixante ans, priant continuellement.

Des soldats gardent les remparts de la ville ; une nuit, ils voient une flamme jaillir de la cabane et s’inquiètent. Au matin, l’ermite est sain et sauf et la cabane intacte. Le phénomène se renouvelle souvent et cela devient une curiosité de venir la nuit regarder du haut des remparts les flammes jaillir de la cabane sans la consumer. C’est le signe des faveurs accordées par Dieu : la flamme du buisson ardent a envahi le cœur du vieillard, déborde à l’extérieur et David reçoit le pouvoir de chasser les démons. II accomplit des miracles, rend la vue aux aveugles et guérit les maladies en invoquant le Nom du Christ : la ville le considère comme son Ange Gardien.

L’ermite, devenu célèbre malgré lui, est arraché à sa retraite pour être envoyé comme ambassadeur de la ville auprès de l’empereur Justinien. Prétextant son grand âge, il refuse d’abord, mais se souvient du message de l’Ange et accepte en prédisant qu’il rendra l’âme au retour. Quand David sort de sa cellule, les habitants se prosternent devant son allure imposante : sa chevelure et sa barbe descendent jusqu’aux pieds et son visage, semblable à celui d’Abraham, rayonne de gloire.

Il accomplit sa mission avec succès.

Quand le navire qui le ramène de Byzance parvient à proximité du phare de Thessalonique, d’où l’on aperçoit son monastère, David annonce à ses disciples que son heure est venue. Il leur donne le baiser de paix, adresse à Dieu une ultime prière et rend son dernier souffle.

Malgré un vent violent, le navire s’arrête net : un parfum d’encens se répand et des voix célestes se font entendre. Le Métropolite et tous les habitants accueillent le saint sur le rivage et, conformément à ses dernières volontés, l’ensevelissent dans son monastère.

L’histoire se termine en 540. Longtemps, ses reliques opèrent des miracles.

Fête le 26 juin.

 

  1. « Moines à capuchon ». Ce monastère était situé un peu, en dehors de la ville, près des remparts. Il est connu aujourd’hui sous le nom de Hosios David est en fait l’ancien monastère de Latomos.
  2. Le dendrite est un ermite qui vit dans les arbres.

Article du 4 avril 2016

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

2 réflexions sur “David de Thessalonique et l’amandier

  1. Comme il est beau! j’aimerais être assise en dessous sur une branche et prier avec lui…mais j’aurais toujours faim!!

    Tu sembles t’éclater en faisant des fonds légers et irréguliers…ça me plaît.

    • Merci… ça me plait bien aussi. Cette recherche relancée sur les pigments bleus m’a conduite a essayer de nombreux pigments « historiques » qui sont peu couvrants et donnent cet effet irrégulier et très lumineux.

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