Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’ambiance rose de Bouguereau (l’émission du 18 avril)

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Sur la grève (ou Soeurs sur le rivage), 1896

Sur la grève (ou Sœurs sur le rivage), 1896

Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Nous avons découvert la semaine dernière Giambattista Tiepolo, artiste qui a eu le privilège de donner son nom à une nuance de rose. Sans aller jusque là, de nombreux peintres ont réservé une place de choix, sur leurs palettes, à la couleur rose.

Depuis toujours, des terres rosées ont été utilisées en peinture, mais quelques artistes ont eu une prédilection pour cette tonalité, en premier lieu ceux qui ont peint la peau des femmes occidentales.

L’un d’entre eux, assez controversé, s’appelle William Bouguereau. Il traverse pour ainsi dire tout le XIXe siècle, à contre-courant, puisqu’il excelle dans la peinture académique alors qu’autour de lui la peinture « moderne » et l’impressionnisme sont en pleine éclosion.

William Bouguereau peint des corps, surtout des corps de femmes, des scènes idylliques, champêtres, enfantines, bucoliques et roses, puisant son inspiration dans la mythologie grecque. Ainsi, son tableau La Naissance de Vénus de 1879 semble une spirale de nuances de rose s’élevant d’une eau turquoise vers le ciel nuageux. Les tonalités de bleu des fonds, de la mer au ciel, mettent en évidence la variété des carnations jusqu’à l’envol des angelots.

Un catalogue d’art décrit ainsi son travail en 1902 : « Les ténèbres se dissipent ; radieuse l’aurore paraît et colore d’une teinte rose la cime des monts. Alors s’envole vers le ciel (…) la troupe joyeuse des Nymphes qui, pendant la nuit, prenaient leurs ébats à l’ombre des grands bois, au bord du fleuve aux eaux tranquilles ». Bref, vous voyez l’ambiance !

Ce peintre en rose a été moqué, dévalorisé, parfois ridiculisé. Huysmans dit à son encontre : « Ce n’est même plus de la porcelaine, c’est du léché flasque ; c’est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe ».

Et pourtant, de son vivant, nombre de ses œuvres sont achetées par de riches Américains et quittent le territoire. Au milieu du XXe siècle, on redécouvre son œuvre. Dali prend sa défense et manifeste son admiration en l’opposant à Picasso. Oui, Bouguereau c’est décalé, comme le rose : ça peut paraître un peu ridicule au premier abord, à « l’eau de rose », mais moi, je vous l’avoue, j’aime beaucoup !

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Auteur : elisabethlamour

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