Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’incarnat (l’émission du 9 mai)

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aux Îles de la Madeleine, août 2013

Aux Îles de la Madeleine, août 2013

Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Nous avons vu, les deux dernières semaines, comment, au fil du temps, les peintres précisent la manière de peindre la peau des Occidentaux. On dit qu’elle est rose, mais la nuance est différente d’une personne à l’autre, et difficile à réaliser. L’incarnat est la nuance la plus vive des tons de chairs.

Le Trésor de la langue française, dictionnaire des XIXe et XXe siècles, définit le mot incarnat comme désignant « une gamme de couleurs situées entre le rose et le rouge-orangé franc et rappelant le teint des populations européennes en bonne santé et sans exposition au soleil, rougissant sous l’effet d’une émotion. »

Le marbre incarnat est une variété de marbre rose traversé de veines claires.

Michel-Eugène Chevreul, chimiste français du XIXe siècle et directeur de la Manufacture des Gobelins, a beaucoup contribué à la classification des couleurs. Il commente des instructions données pour la production de l’incarnat de garance et je reprends certains de ses mots.

À ces incarnats de garance, il faut ajouter l’incarnat de cochenille, l’incarnat rose et l’incarnadin, couleurs « dérivées du cramoisi de cochenille » qui diffèrent de celles de garance « par plus de rose et moins de jaune et moins de rabat », ainsi que l’incarnat cramoisi, et les incarnat et incarnadin, nuances de l’écarlate de Hollande, « plus fraîches et moins rabattues que les nuances du même nom dérivées du rouge de garance ».

Les écrivains adoptent avec enthousiasme cette dénomination d’incarnat. Citons par exemple Châteaubriand qui écrit en 1826 : « Elles cueillaient des fraises, dont l’incarnat teignoit leurs doigts et les gazons d’alentour ». Ou encore Alexandre Dumas2 : « Au reste, je la trouvai parfaitement belle ainsi, avec son visage nacré et du même ton que sa main, sans aucune nuance d’incarnat, ce qui faisait que ses yeux semblaient de jais, ses lèvres de corail. ».

Terminons avec Marcel Proust : « Je regardais l’admirable ciel incarnat et violet sur lequel se détachent ces hautes cheminées incrustées, dont la forme évasée et le rouge épanouissement de tulipes fait penser à tant de Venises de Whistler4 ».

 

  1. CHATEAUBRIAND François-René (de), Les Natchez.
    2. DUMAS Alexandre, Les Mille et un fantômes.
    3 PROUST Marcel, La Fugitive.
    4. Peintre impressionniste du XIXe siècle.
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Auteur : elisabethlamour

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