Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le rose de Claude Monet (émission du 6 juin)

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Nous terminons bientôt cette série de Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10) consacrée au rose (après le bleu et le rouge). Les peintres du XIXe siècle, et spécialement les impressionnistes ont beaucoup utilisé le rose que ce soit dans les paysages, la peinture des fleurs ou pour les sujets féminins. Je citerai seulement, sans trop y réfléchir, les peintres qui ont laissé une empreinte rose dans ma mémoire. Il y a Édouard Manet avec ses Fleurs dans un vase de cristal ou Paul Gauguin avec Paroles du diable. Dans un autre style, Degas affectionne le rose avec ses tableaux représentant les danseuses en tutu. Je pense à Toulouse-Lautrec avec Marcelle Lender dansant le boléro ou encore à Auguste Renoir avec Jeanne Savary. Pour les paysages, je pense à Turner : la liste est longue…

Soleil d'hiver à Lavacourt

Soleil d’hiver à Lavacourt, 1879

Je vais m’attarder sur un peintre que nous avions évoqué lors des émissions sur le bleu, et dont l’œuvre est très marquée par la couleur rose : il s’agit de Claude Monet. On pourrait citer pêle-mêle : Bassin aux nymphes, Harmonie rose, Trois arbres roses, Meules, la Maison parmi les roses, Couchers de soleil sur la Tamise et quelques-unes des variations autour de La Cathédrale de Rouen.

J’aime beaucoup une toile assez précoce de son œuvre intitulée Soleil d’hiver à Lavacourt. Le peintre a 37 ans et s’est installé l’année précédente avec sa famille sur les berges de la Seine. En hiver, le soleil se cache derrière le hameau de Lavacourt, juste en face de son atelier. En cette année 1879, à la suite d’une chute très importante de la température, la Seine gèle en profondeur. Monet se passionne pour ce phénomène inhabituel et pour le dégel spectaculaire qui va suivre. Le tableau Soleil d’hiver à Lavacourt est baigné d’une calme lumière rosée teintée d’orangé qui semble vibrer paisiblement dans les déchirures bleues du ciel. Tout est doux, palpitant, et joue sur les reflets de glace et d’eau.

On se souvient aussi de la passion de Claude Monet, à la fin de sa vie, pour les nymphéas. Il les peint en bleu, mais aussi en rose. Même la façade de sa maison de Giverny est peinte en rose, ce qui est très inhabituel à l’époque : rose avec des volets verts ! Un des derniers tableaux de sa vie s’intitule tout simplement Les Roses. On y retrouve ce fond bleu mêlé de rose, vibrant, et au premier plan, une branche de rosier qui semble jaillir avec une incroyable vivacité, comme une très libre ode à la vie, à la vie en rose.

Article du 6 juin 2016

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Auteur : elisabethlamour

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