Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La période rose de Picasso (émission du 13 juin)

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Famille d’acrobates au singe, tableau de 1905 conservé à Göteborg (détail)

Nous terminons bientôt cette série de Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10) consacrée au rose (après le bleu et le rouge). Nous avions parlé lors de la série d’émissions sur le bleu, de la « période bleue » de Picasso (cliquer ici pour relire l’article), une période assez triste, marquée par une sorte de vague à l’âme qui semble se traduire par une prédilection pour des couleurs froides et sombres. Cette période est suivie par une autre, plus courte puisqu’elle s’étend de 1904 à 1906 : « la période rose » ! Le peintre sélectionne alors des tons gais, orangés et roses. Les arlequins, les enfants qui jouent avec un animal, les personnages de cirque, les clowns et les mères à l’enfant dans des tonalités de rose, apparaissent dans ses œuvres et vont populariser la peinture de Picasso jusqu’à la fin de sa longue carrière.

On a l’habitude d’opposer ces deux périodes. La « période bleue » serait déprimée et teintée par la culture espagnole ; la « période rose » serait joyeuse et davantage marquée par l’influence française. Bien sûr, ces explications sont très simplistes mais il est vrai que les nouvelles tonalités de Picasso correspondent à une période redevenue plus heureuse et insouciante : une histoire d’amour commence avec son modèle, Fernande Olivier ; il se lie d’amitié avec l’élite intellectuelle de l’époque comme Max Jacob ou Guillaume Apollinaire… et par ailleurs, il commence à réaliser de belles ventes de ses œuvres, sortant ainsi de la misère. Bref, c’est un peu la vie en rose !

Plus tard vinrent des peintres qui allèrent encore plus loin. Picasso avait donné une tendance rose à ses tableaux. D’autres iront vers les monochromes et les fonds unis comme Andy Warhol qui s’en donne a cœur joie avec ses fonds rose fluo. Quant à Yves Klein, on connaît ses monochromes bleus, mais on connaît moins les roses qui tiennent pourtant une bonne place dans son œuvre.

Pour terminer avec Picasso, je dois dire que j’aime beaucoup un tableau qui se situe à la frange entre les deux périodes : Le Garçon à la pipe. On y voit un jeune homme vêtu tout de bleu, couronné de roses, assis de face, une pipe à la main ; à l’arrière, le fond ressemble à une tapisserie ancienne couverte de fleurs roses. On dit que c’est un des tableaux qui atteint un des prix les plus élevés du marché de l’art. Alors, un peu de bleu, couleur de la mélancolie, au voisinage d’un peu de rose délicat… et voilà peut-être l’un des ingrédients de la réussite !

Article du 13 juin 2016

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Auteur : elisabethlamour

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