Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le vert, une couleur à double sens (l’émission du 12 septembre)

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Après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir le vert, dans l’émission Tout en nuances  chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère (103.7). L’ensemble des émissions avec les liens vers les podcast, est présenté sur ce site à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio.

Le vert est une couleur utilisée tardivement : on n’en trouve presque aucune trace dans la Préhistoire.

L’Antiquité grecque n’a pas de terme très précis pour désigner le vert, ni d’ailleurs pour désigner le bleu. Les qualificatifs utilisés évoquent plutôt la transparence, la fluidité ou la luminosité. Cette réalité conduit, au cours de l’histoire, à des tas de spéculations : on est allé jusqu’à se demander si certains peuples avaient la capacité physique de distinguer des couleurs comme le vert et le bleu. C’est bien étonnant, mais cette controverse s’est prolongée jusqu’au XXe siècle, période à laquelle des linguistes et des anthropologues ont encore tenté de démontrer que la capacité à différencier et à nommer les couleurs était liée au niveau de développement culturel, ce qui est bien sûr complètement absurde !

À partir du IIIe siècle avant notre ère intervient le terme prasinos qui signifie « de la couleur du poireau » et désigne des verts intenses. Alors que le vocabulaire du vert n’est pas encore précis, la couleur est cependant utilisée : le vert malachite, le vert de gris, la terre verte et également des verts de cuivre artificiels.

La tonalité verte semble davantage présente dans le monde romain. Le vocabulaire l’atteste puisqu’en latin, le terme existe : il s’agit du mot viridis qui signifie à la fois verdoyant, jeune, frais, vigoureux, et a donné notre terme « vert ». On peut noter le lien avec d’autres mots de la même famille comme la virilité. Le lien étymologique est très étroit entre la couleur verte et la notion de force, de croissance, de vigueur, de « montée de la sève ». Cette notion est restée dans le langage courant : lorsque l’on dit d’une homme plus très jeune « qu’il est encore vert », on ne parle pas de sa couleur bien évidemment !

OLYMPUS DIGITAL CAMERAQuant au verger, il cristallise, au Moyen Âge, les sens infini du mot vert. Le mot verger, vergier à l’origine, est issu du latin viridarium qui signifie la verdure comme force de vie. Il est le jardin clos empli de fruits, de chants d’oiseaux et de fleurs, le lieu qui allégorise la rencontre amoureuse, le désir, le lieu qui chante la beauté, où monte la sève, puis grandit la vie, un lieu symbolique très présent dans la littérature et l’imaginaire du Moyen Âge, un mot dans lequel se rejoignent étymologie et symbolique, un mot qui réunit à lui seul la large palette de l’univers… du vert !

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Auteur : elisabethlamour

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