Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le vert chez les Égyptiens (émission du 10 octobre)

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Après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir le vert, dans l’émission Tout en nuances  chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère (103.7). L’ensemble des émissions avec les liens vers les podcast, est présenté sur ce site à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio.

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Une partie de la palette de l’Égypte ancienne : bleu égyptien, vert malachite et ocre jaune

Il semble que les peintres de la Préhistoire aient peu utilisé le vert, alors que les terres vertes étaient à leur disposition. Peut-être parce que la faible lumière des grottes rendait ces couleurs trop ternes. Quant à l’Assyrie et Babylone, le climat humide n’a pas permis de conserver les tissus et on ignore si la teinture en vert y était pratiquée. On sait davantage de choses sur le vert chez les Égyptiens.

Le dieu Osiris, dieu funéraire, est aussi celui de la terre et de la végétation. Toujours ce thème du cycle : passer de la vie à la vie, malgré la mort, passer du vert de la décomposition à celui de la re-création… Le dieu Ptah, parfois associé à Osiris et vénéré dans la région de Memphis, est représenté avec un visage vert, couleur bienfaisante de la fertilité. Quant à la mer, il n’est pas rare de la nommer : « la Très verte » !

Dans la peinture égyptienne, le vert tient toujours une bonne place. Il renvoie à la fécondité, la croissance, la régénération, la victoire sur la maladie et les esprits mauvais. Cette couleur bienfaisante éloigne les forces du Mal et les animaux verts, tels les crocodiles, sont considérés comme sacrés. Associés aux rituels funéraires, le vert est censé protéger également les défunts dans l’au-delà.

Le hiéroglyphe qui représente le mot « vert » prend en général la forme d’un papyrus à la symbolique toujours positive. Pour peindre sur les papyrus ou les fresques, les Égyptiens utilisent le vert malachite et la chrysocolle, dont nous reparlerons bientôt. Ils savent aussi mélanger le bleu égyptien1 et l’ocre jaune…

Les artisans fabriquent le vert artificiel à partir de limaille de cuivre mélangée à du sable et de la potasse. En les chauffant à très haute température, ils obtiennent de splendides tons bleu-vert présents sur le mobilier funéraire décoratif : des statuettes, des figurines, des perles. La glaçure renforce l’aspect précieux.

Quant aux teinturiers, ils obtiennent des étoffes vertes en superposant la teinture jaune du safran avec une teinture au pastel. Les peuples barbares utilisent aussi ce genre de technique et portent parfois des vêtements verts, ce qui est impensable dans l’antiquité gréco-romaine qui proscrit ou ignore ces mélanges.

  1. Pour en savoir plus sur le bleu égyptien, voir Bleu, intensément, chapitre 9.

Article du 10 octobre 2016

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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