Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le céladon

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On compare la céladon à la couleur des feuilles de saule…

Le céladon désigne une teinte vert pâle avec des nuances de bleu et de gris. Cette couleur si spéciale doit son nom au berger Céladon, personnage d’un roman pastoral du début du XVIIe siècle.

Le céladon désigne également un type de céramique, une glaçure très particulière contenant une petite quantité d’oxyde de fer, propre à la Chine et à l’Extrême-Orient, particulièrement apprécié pour ses tonalités proches de la couleur du jade, la pierre sacrée.

La technique est inventée dès 1250 av. J.-C. Elle nécessite une cuisson à haute température – environ 1200° – afin d’obtenir une matière vitreuse. Des cendres incandescentes retombent, à la sortie du four, sur les pièces, en laissant apparaître un revêtement imperméable, translucide et brillant. Selon les époques, on utilise des cendres de bois sèches ou un mélange de cendres humides et d’argile saupoudré à travers un tamis ou étalé au pinceau. Ces techniques, explorées méthodiquement par d’ingénieux artisans, permettent l’obtention de teintes variées.

Les céladons sont généralement monochromes, mais peuvent être ornés de motifs finement mis en relief. La grue, oiseau symbole de longévité et de bonheur, décore les céladons coréens : ils se distinguent des chinois par des tonalités qui tendent davantage vers le bleu. On trouve aussi des motifs décoratifs floraux ou animaux, des nuages, des fleurs, ainsi que des arabesques.

Dès sa mise au point sont fabriqués des jarres et des urnes funéraires qui font penser aux bronzes rituels un peu vieillis.

Peu à peu, le revêtement se perfectionne et les potiers fabriquent des bols à thé comparés à des « nuages verts saisis dans un tourbillon de glace. » Leur production pénètre jusqu’à la cour impériale.

L’âge d’or du céladon s’étend du XIe au XIVe siècle, art soutenu par la dynastie des Song puis des Yuan. Les pièces fabriquées ne sont plus seulement des objets utilitaires ou sacrés, mais deviennent de véritables œuvres d’art, avec des couleurs allant jusqu’au vert pâle, argenté, presque transparent.

Il semble qu’avec les invasions mongoles, la technique devienne progressivement plus grossière, puis commence à tomber dans l’oubli… Il nous reste la nuance, une teinte douce et un peu mystérieuse, aux reflets à la fois soyeux et fades, la couleur des feuilles de saule et de pêchers…

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 17 octobre 2016

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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