Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le vert des Amérindiens

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Perroquet photographié à la fondation M. Leclercq à Sao Domingos do Prata (Brésil) par Paul Lamour

Les civilisations précolombiennes, comme bien d’autres, associent le vert à la fertilité, à l’eau, au renouveau et au printemps.

Ainsi, chez les Aztèques, ces thèmes sont incarnés par l’oiseau Quetzal au splendide plumage vert. On l’appelle aussi « grande plume verte » et il a donné sons nom au dieu mexicain Quetzalcóatl, le « serpent à plume ».

La déesse Xochiquetzal est présentée, dans les manuscrits, avec un double panache de plumes vertes ornementant sa tête. Elle est liée à la renaissance et on raconte qu’elle disparaît dans le jardin de l’ouest, au pays des morts, pour revenir avec le printemps, menant la danse du retour des fleurs.

Le vert et le rouge sont associés dans la pensée aztèque. Des pierres précieuses vertes rehaussent la jupe de la déesse des eaux. Ce vêtement évoque symboliquement le sang des victimes sacrifiées au culte du soleil, afin que le jour reste victorieux des ténèbres… Le sang des victimes est qualifié d’« eau précieuse ». Nous reparlerons plus tard du lien symbolique très étroit qui relie le vert et le rouge. Il faut dire que le Quetzal peut être à la fois rouge et vert : il devient alors un symbole mythique, l’oiseau sacré de Mayas et l’image du Guatemala.

Les peintres de la civilisation de Teotihuacan, dans le Mexique des IVe au VIIe siècles, réalisent des peintures murales dans lesquelles ils utilisent la malachite écrasée. Les nuances sont obtenues par divers mélanges. Avec de l’ocre jaune mêlé au vert malachite, le résultat est un vert éteint, assez terne. Avec de la craie, la malachite donne des verts pâles, tandis que mélangée au lapis-lazuli ou à l’azurite, le vert semble vivre et vibrer de toutes ses nuances.

Pour les Indiens Hopi d’Amérique du Nord, la couleur est reliée aux points cardinaux. Le vert désigne le sud-est, d’où viennent les nuages porteurs de pluie, et un oiseau migrateur dont un des passages coïncide avec l’arrivée de la neige, et l’autre avec l’arrivée du printemps. Les chamanes recherchent des bâtons bleu-vert afin de rehausser l’éclat des bâtons de prière utilisés lors des cérémonies en faveur de la pousse de la végétation. Beaucoup d’entre eux sont teints avec la malachite provenant des monts San Carlos.

Ainsi domine une fois encore le lien étroit et évident entre la couleur verte, l’oiseau sacré et la fécondité.

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 16 janvier 2017

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “Le vert des Amérindiens

  1. A reblogué ceci sur LASSOUTS,et a ajouté:
    Depuis que je m’intéresse aux icônes j’ai découvert ce site qui mérite d’être suivi dès qu’on aime la couleur et la peinture.

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