Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La double vie du glauque (l’émission du 30 janvier)

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Après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir le vert, dans l’émission Tout en nuances  chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère (103.7). L’ensemble des émissions avec les liens vers les podcast, est présenté sur ce site à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAQuand on utilise le mot glauque, on perçoit tout de suite la connotation péjorative : à propos d’une ambiance ou d’un lieu, on ressent quelque chose de malsain ou d’inquiétant, de sombre et d’indéterminé. Et pourtant, il n’en n’a pas toujours été ainsi.

À l’origine, le mot glauque désigne la nuance d’un vert bleuté, pâle, doux, un peu grisé. Le mot est issu du grec γλαυκός [glaukos] et signifie « vert pâle ». En latin, glaucus désigne une couleur claire apparentée au vert grisé qui rappelle la couleur de l’eau de mer avant la tempête. Le mot évoque ce qui est à la fois clair et brillant, la mer, la lune ou des yeux bleu clair. Dans L’Iliade et l’Odyssée, Athena est qualifiée comme étant Théa Glaukopis Athéné, que l’on peut traduire par « Athéna, la déesse aux yeux glauques ».

Au XVIe siècle, la signification du mot évolue pour caractériser ce qui est sans éclat et terne.

Le vert glauque est abondamment décrit dans le nuancier de la Société des chrysanthémistes de 1905 qui consacre plus de 60 planches aux tonalités de vert : on y trouve le glauque pur, le glauque verdâtre, le glauque grisâtre, le glauque d’Abiès ou glauque d’œillet, déclinés chacun selon quatre niveaux de saturation. Chaque tonalité précise est mise en relation avec la couleur d’un végétal : le feuillage du poireau, la nuance des jeunes feuilles de genévrier ou la couleur de l’œillet des fleuristes, le revers de la feuille d’artichaut ou d’eucalyptus.

Dans la littérature, le terme « glauque » a une valeur descriptive qui n’a rien de péjoratif. Chateaubriand décrit comme glauques les yeux de son père ; Théophile Gautier évoque la robe glauque de Cléopâtre et Guillaume Apollinaire écrit : « La mer nous regardait de son œil tendre et glauque ».

Il semble que, dans les années 1970, le terme glauque ait été associé à la lumière artificielle, telle la lumière blafarde des vieux néons, et que cela ait ouvert la voie à la connotation négative que nous connaissons aujourd’hui. Le mot qualifie désormais quelque chose de sinistre, d’étrange, qui inspire un sentiment désagréable, un malaise, provoqué par une ambiance lugubre ou sordide. Et pourtant, gardons en mémoire que ce terme a aussi jadis été poétique et… tout en nuances !

 

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Auteur : elisabethlamour

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