Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’iris (l’émission du 24 avril)

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Après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir le vert, dans l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère (103.7). L’ensemble des émissions avec les liens vers les podcast, est présenté sur ce site à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio.

iris.JPGNos jardins fleurissent et l’iris explose au printemps. Incontestablement, l’iris a été, avec le lys, pendant le Moyen Âge, la plante qui a le mieux permis de produire la couleur verte, avec des nuances que n’obtiennent pas les verts minéraux, une certaine stabilité, et la possibilité de conserver la couleur après fabrication : son emploi est attesté jusqu’au XIXe siècle.
La famille de ces plantes fournit un des pigments organiques les plus utilisés en enluminure, constitué du bleu des anthocyanes ainsi que d’un jaune-vert. Voici la recette qui figure dans un traité du XIVe siècle intitulé L’Art de l’enluminure : « on cueille les fleurs nouvelles au printemps dans le temps de leur croissance et on les pile dans un mortier de marbre ou de cuivre. On en exprime ensuite le jus au moyen d’un linge, que l’on presse dans un pot vernissé. Dans le jus recueilli, jetez d’autres linges de lin bien nets, qu’ils trempent par une ou deux fois, les ayant auparavant baignés d’eau d’alun de roche et puis séchés. Quand ils auront bien bu le jus d’iris, mettez-les à sécher à l’ombre. Vous les conserverez entre les feuilles d’un livre. »
Un siècle plus tard, l’emploi de l’iris se perfectionne au point d’obtenir de superbes laques vertes ; les manuscrits de Bologne et de Padoue qualifient le vert obtenu d’« excellent » ou d’« inégalé ».
Dans cette méthode, seul le jus des fleurs, voire celui des bourgeons, est utilisé. La conservation est obtenue par la méthode des « pezzettes ». Le mot est bien joli : il s’agit tout simplement de petits morceaux de tissu comme le lin, trempés d’abord dans un bain d’alun, qui emmagasinent ensuite la couleur par absorption. La couleur est renforcée si l’on trempe le tissu plusieurs fois – on peut aller jusqu’a sept fois – en prenant soin de le laisser sécher entre chaque bain. Ce procédé ingénieux permet de ne pas utiliser immédiatement un colorant fragile. Celui-ci est ainsi stocké et une fois la pezzette retrempée, la matière colorante peut être à nouveau recueillie.
L’iris produit donc un beau vert. On sait que, dans la mythologie, Iris est la messagère des dieux qui file sur son chemin d’arc-en-ciel. Moi, je connais un grand chat roux très doux et aux beaux yeux verts. Il porte le nom d’Iris et vit dans une maison de couleurs, de pétales déployés et d’arcs-en-ciel : je lui dédie ce chapitre !

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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