Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le vert, une couleur qui repose (l’émission du 22 mai)

Poster un commentaire

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Croatie, Plivice, juillet 2016

Après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir le vert, dans l’émission Tout en nuances chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère (103.7). L’ensemble des émissions avec les liens vers les podcast, est présenté sur ce site à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio.

Nous avons déjà évoqué quelques plantes qui permettent d’obtenir la couleur verte : le nerprun, la morelle et l’iris. De nombreux autres végétaux ont été utilisés depuis bien longtemps pour fabriquer des teintes vertes, en particulier celles de l’enluminure médiévale : citons l’ancolie, la rue, le persil, la violette ou le poireau. Mais avec le temps, la plupart d’entre elles – sauf les couleurs issues de l’iris ou du lys – perdent de leur superbe, s’affadissent ou se modifient.

Tout au plus, on arrive à obtenir de beaux effets en mélangeant ces végétaux broyés avec d’autres éléments tels que le vert-de-gris ou le safran, ainsi que le préconise un auteur comme Jean le Bègue. Il est vrai que les enlumineurs du Moyen Âge rechignent bien moins que les teinturiers à effecteur des mélanges de couleur. La maîtrise du bleu étant plus ancienne que celle du vert, on arrive à de belles combinaisons qui deviennent des verts alors appelés « vergauts ». Ainsi, on pouvait associer l’indigo avec l’orpiment, le safran ou la gaude, ou bien le pastel avec la gaude, ou encore le safran avec le solamum ou l’acétate de cuivre, ou bien encore l’orpiment avec le lapis-lazuli. Les couleurs obtenues étaient très belles, mais peu stables. Les jaunes surtout, très photosensibles, se décomposent rapidement à la lumière. Ainsi, on a retrouvé des œuvres d’art, des peintures ou des tapisseries, dont de nombreux détails ont viré dans le temps, laissant seulement pour aujourd’hui leur empreinte de bleu.

Le vert, on l’a déjà évoqué, représente pour les enlumineurs la couleur reposante, apaisante. On raconte parfois que les enlumineurs y ont recours, y posent le regard, simplement pour éprouver le repos. Pour comprendre cela, il faut bien sûr imaginer les conditions d’éclairage de ces artistes méticuleux qui n’étaient pas du tout celles d’aujourd’hui, mais bien souvent la faible lueur d’une bougie, ou la lumière pénétrant par une étroite ouverture. Pourtant, quand j’ai les yeux fatigués de chercher au bout de mon pinceau l’infime détail de l’expression d’un regard, j’aime bien contempler la montagne en face de chez moi. Elle est recouverte de forêts qui passent d’une saison à l’autre par toutes les tonalités de vert, et depuis longtemps, je trouve cette sensation infiniment reposante, sans en connaître le fondement.

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s