Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Une visite chez Dauvet, le batteur d’or

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OLYMPUS DIGITAL CAMERA« Lorsqu’elle n’est rendue qu’à l’état de feuille si fine et délicate qu’elle ne supporte plus son propre poids, cette matière devient Lumière. Une Lumière radieuse, joyeuse, éternelle (…) Notre univers est celui du beau et du sacré. » (extrait du site de Dauvet)

Avec un petit groupe de l’atelier d’icônes, et accompagnés par Laure, nous sommes allés, le 29 mai, visiter l’atelier de Dauvet, le dernier batteur d’or français, une maison qui existe depuis 1834 et située sur les bords du la Léman. Voilà un petit compte-rendu de notre visite mais vous trouverez des détails passionnants en allant directement sur leur site.

Nous avons eu la chance d’assister au processus de fabrication de la feuille d’or, celle que nous utilisons dans nos icônes. Dauvet propose une grande variété de couleurs et d’épaisseurs : l’or alimentaire très à la mode (utilisé en feuilles ou en paillettes), les feuilles en carnet – bord à bord ou pas – de diverses tonalités, l’or en coquille ou les paillons beaucoup plus épais (et assez coûteux bien sûr) que nous avons envie d’essayer.
La réalisation des ces carnets est un long travail qui demande un grand savoir-faire (précision, force et dextérité).

Traditionnellement, on distingue 6 étapes principales. Nous avons assisté principalement à la première et à la dernière.

La première étape est la forge : l’or est introduit sous forme de billes dans un four à 1 200°, afin d’obtenir une sorte de mini lingot de 350 grammes (10 cm x 4 cm x 5 mm). Là, une opération manuelle consiste à presser ce petit lingot dans un laminoir, tant et tant que la réglette de 10 cm du début atteigne peu à peu 40 mètres ! C’est le laminage et c’est assez fascinant. Le ruban est alors découpé en carrés de 4 x 4 cm qui sont ensuite battus et rebattus, jusqu’à mincir tant et plus. Toutes ces opérations durent plusieurs heures et sont effectuées avec des machines assez simples.


Suit le dégrossissage à l’aide de marteaux mécaniques, les apprêts, le brunissage et le battage.

La dernière opération est manuelle et s’appelle le vidage. Après des milliers de coups de marteaux et des heures de travail, la feuille ne mesure plus que quelques microns et est placée dans un petit carnet de 25 feuilles. Nous avons été très frappés par cette salle de travail dans laquelle six femmes penchées sur leur petite table, travaillent avec précision : elles vérifient attentivement chaque feuille, en découpent régulièrement un bord et les ajustent avec une petite pince en bois dans le carnet. Elles s’aident de leur souffle pour plaquer les feuilles et c’est très beau à voir.

Tous les déchets, à chaque étape, sont récupérés pour être refondus et réutilisés.

J’ai (enfin) compris que l’or 24 carats est pur à 100 %. Pour qu’il soit plus ferme et aussi pour en varier les tonalités, on le mélange avec une petite proportion de cuivre (pour une tonalité plus rouge), d’argent (tonalités plus blanches), parfois de palladium. Ainsi, une feuille qui contient 98% d’or (c’est l’or « supérieur » que nous utilisons le plus souvent) fait 23,52 carats !OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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